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L'Essentiel
Cette nouvelle cité inclura des espaces de médiation, un centre de documentation, et un plateau de tournage, tout en préservant l'esprit du festival et en étant ouverte à tous, afin de favoriser l'accès à la culture.
Éric Roux, président de l'association Sauve qui peut le court métrage, souligne que l'objectif est de faire de Clermont un point central de l'émergence cinématographique et d'attirer encore plus de public, comme en témoigne le record de 173 000 entrées lors de la dernière édition du festival.
En 2029, le Festival international du court métrage de Clermont célébrera ses 50 ans. L’association Sauve qui peut le court métrage, recevra, pour son demi-siècle, le joli cadeau de la Cité du court, dont l’avant projet vient d’être dévoilé.
Cette future cité va être bâtie en plein centre de Clermont sur un îlot situé entre la place Michel de l’Hospital et le Cours Sablon. Elle reprendra une partie de l’actuelle Jetée que les architectes clermontois Fabre & Speller avaient livré, il y a déjà 25 ans. L’actuel bâtiment va être surélevé d’un étage et une extension sera bâtie sur l’arrière, en lieu et place d’un ancienne imprimerie contiguë, cachée par un bâtiment bourgeois. Ainsi la Jetée passera de 900 m² à plus de 2 000 m² pour une opération globale estimée à 12 millions d’euros apportés par La Métropole en tant que maître d’ouvrage, le département, l’État et la Ville. La Région reste aux abonnés absents sur ce dossier, puisqu’elle a annulé sa participation au projet après avoir coupé de 50% de son aide au Festival international et cofinancé l’étude préalable.
Documentation, médiation et tournages
« Les programmes qui existent actuellement à la Jetée vont être complété par deux nouveaux pôles » explique Grégoire Dubreux, architecte associé du cabinet parisien MU architecture qui a emporté le projet. « On conserve le bâtiment de la Jetée tel qu’il est avec la salle de projection, l’espace de formation-réunion et les bureaux de l’association qui resteront quasiment au même endroit avec un étage en plus, une surélévation qui regarde la ville ». Les 1 000 mètres carrés supplémentaires arbitreront le nouveau centre de documentation, des espaces de médiations et de travail conçus pour l’éducation à l’image, un grand plateau de tournage pour la pédagogie et l’expérimentation et un café car la cité sera ouverte à tous dans l’esprit du festival qui prône le partage et l’accès à la culture au plus grand nombre.
Faire évoluer la Jetée en gardant son esprit
« C’est toujours plus complexe de travailler sur une réhabilitation, quel que soit l’époque du projet et de l’architecture préalable, mais cela le rend justement très intéressant. La Jetée est un beau projet emblématique, qui marche dans la ville, c’est un repère et il est important pour nous d’apporter notre contribution, d’ajouter une strate, tout en préservant ce qu’apporte le festival » reprend Grégoire Dubreux. L’extension va s’élever à la place de l’ancienne imprimerie De Bussac, bâtiment industriel typique du XIXe siècle avec ses pans coupés, qui aurait en son temps, abrité un atelier de confection Conchon-Quinette avant d’être dévolu à l’encre et au papier. La question de la conservation de ce bâtiment emblématique s’est évidemment posé mais il n’est pas possible de le conserver pour une nouvelle utilisation. « L’espace est très beau et il fait partie de l’histoire de l’îlot mais avec des problèmes structurel et la densité du programme on ne pouvait pas garder cette imprimerie. Notre première intention était de savoir comment la conserver mais ce n’est pas possible, notamment car il y a le plateau de tournage qui occupe une grande partie de la parcelle. On ne pouvait que garder des petites parties mais cela n’avait pas de sens dans le projet. Tout ce qui va être déposé de cette imprimerie va suivre un protocole pour être réemployé pour les aménagements intérieurs de la cité. On est d’ailleurs accompagné sur ce projet par un spécialiste du réemploi ». La surélévation de l’actuelle Jetée va fatalement conduire à la dépose du cheminement sur le faîtage de la toiture, élément symbolique qui a donnée son nom au bâtiment en hommage au film de Chris Marker mais l’architecte se dit prêt à travailler sur la création d’un cheminement, pour « créer un train d’union entre le projet de la jetée et le projet de la cité et entre les époques »

Avec la Cité du court » Clermont sera sur la carte mondiale du cinéma encore plus qu’aujourd’hui »
« Avec cette nouvelle cité du court, on a quelque chose qui est inscrit dans l’histoire mais qui est encore plus ouvert sur la ville*. C’était un de nos désirs à Sauve qui peut le court métrage » explique le président Éric Roux. « On avait deux idées essentielles : que la cité du court soit le plus possible ouverte sur la ville, qu’elle soit un espace où l’on peut juste boire un café et que les différentes actions menées au sein de la cité, médiathèque, vie de l’association qui prépare le festival, création… soient imbriquées les unes dans les autres, sans être trop compartimenté. »
La dernière édition du festival a battu son record de fréquentation avec 173 000 entrées, apportant la preuve qu’il est ancré dans l’industrie du cinéma en mettant la lumière sur un format qui permet l’expérimentation et l’émergence, deux aspects qui se retrouvent aujourd’hui au cœur du projet de la cité. « L’idée est de faire de Clermont et du territoire régional, l’endroit de référence de cette émergence cinématographique. On est déjà repéré par les professionnels comme un maillon essentiel dans le développement de l’industrie du cinéma. Que les Clermontois s’approprient cela encore plus, ce sera formidable et que cette cité du court soit la porte d’entrée à cette dynamique autour de l’émergence et de la création, ce sera génial. Clermont sera sur la carte mondiale du cinéma encore plus qu’aujourd’hui » conclut Éric Roux.
* La bibliothèque du cinéma à Paris comptabilise 10 000 entrées par an, la jetée entre 6 et 7 000. Tous les courts métrages reçus depuis 47 ans par le festival y sont archivés.












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