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Corail / Photo Martin Colognoli
Photo Martin Colognoli
Culture

Plongée dans les récifs coralliens d’Indonésie au Muséum Henri-Lecoq

Entre art et engagement scientifique, le Muséum Henri-Lecoq invite à une immersion au cœur des récifs indonésiens. À travers l’objectif de Martin Colognoli, l’exposition Corail Renaissance dévoile la fragilité d'un écosystème vital et l'action salvatrice des communautés locales pour restaurer la vie sous-marine.

La photographie est un excellent moyen d’appuyer un discours scientifique au cœur d’un muséum. Elle permet également de toucher un public plus large et de montrer que le chemin vers l’histoire naturelle ne passe pas obligatoirement devant des vitrines fermées ou des animaux auxquels les taxidermistes ont donné une vie éternelle.
Après + 2 degrés / contre-feux, exposition des photos de Maryvonne Arnaud sur le thème des méga feux et du réchauffement climatique, voici Corail Renaissance, une exposition tout aussi poétique que documentaire imaginée par Martin Colognoli qui alerte sur la fragilité des récifs coralliens.

Cap sur les îles de Seraya Besar et Hatamin

Sans recourir à la photo, le Muséum Henri-Lecoq n’aurait évidemment pas pu proposer cette immersion dans les récifs d’Indonésie. Le cap est mis en direction des îles de Seraya Besar et Hatamin, où des pêcheurs traditionnels et leurs familles, sont au chevet des coraux en danger d’extinction. Avec leurs actions quotidiennes, ils sont devenus les meilleurs défenseurs d’un écosystème fragile qu’ils ont entrepris de restaurer et de protéger.
À travers les photographies, le projet explore la beauté du corail, la vie de celles et ceux qui en dépendent, et les liens profonds qui unissent l’humain au vivant. Plus qu’un récit sur le corail, Corail Renaissance est une invitation à ressentir la vulnérabilité commune, mais aussi la force de la solidarité, de l’engagement et de la renaissance.

Merveilles et désastres

Martin Colognoli se déclare photographe du corail & biologiste marin. Depuis plus de quinze ans, il explore le corail, nageant à la frontière de l’art, de la science et du terrain dans le but de transmettre et transformer les regards à travers l’émotion. Et de l’émotion, il y a en a à revendre sur les murs du muséum. Face aux photos grand format où explosent les couleurs, on ne peut être qu’admiratif de la beauté de la nature, mais on peut aussi être terrifié lorsque le photographe montre les ravages dont l’homme est responsable. Les clichés témoignent de l’état de dévastation après les campagnes de pêche à la dynamite, technique certes efficace en termes de rendement mais totalement destructrice de l’environnement. Mais cette exposition montre aussi le chemin parcourable entre le désespoir du constat et l’espoir suscité par des actions humaines comme celle de Seraya Besar et Hatamin, qui prennent en compte l’idée que la mer nourricière doit être protégée pour qu’elle puisse continuer à l’être.

Zone détruite par la pêche à la dynamite Photo Corail Photo Martin Colognoli
Zone détruite par la pêche à la dynamite / Photo Corail Photo Martin Colognoli

La moitié des coraux ont déjà disparu

Les récifs coraliens ne couvrent que 0,1% de la surface des océans, mais abritent 25% de la biodiversité marine mondiale. À eux seuls, ils fournissent, pour 500 millions de personnes, de la nourriture et assurent la protection côtière. Malgré ce rôle fondamental, la pêche non raisonnée et le dérèglement climatique ont fait disparaître la moitié des coraux de la planète. Heureusement les familles de pêcheurs que Martin Colognoli a suivies durant six années, prouvent que tout n’est pas perdu car ils ont mis au point une technique qui permet la renaissance et le développement rapide des coraux.
Il convient de rappeler que les coraux sont des colonies de polypes qui vivent regroupées et forment des superorganismes et partagent un squelette calcaire. Les coraux durs, ont formé par accumulation de ces squelettes minéraux des récifs dont certains sont devenus les plus grandes structures complexes connues créées par des organismes vivants et qui abritent d’autres espèces vivantes.

La photo un moyen alternatif de rendre visible ce dépasse l’homme

Martin Colognoli explique qu’il a abordé le vivant par la science et l’action. En 2012, il a fondé  l’ONG Coral Guardian pour “contribuer concrètement à la préservation des récifs coralliens aux côtés des communautés locales”. Cette expérience de terrain a définitivement bouleversé sa vison des choses et il s’est rendu compte que la photographie s’est imposée comme une manière alternative d’agir, offrant la faculté de rendre visible ce dépasse l’homme, tout en laissant une empreinte durable dans les regards.
Aujourd’hui, le photographe-biologiste développe des projets nourris par l’art, la science et la narration. Il collabore désormais avec des Musées, des ONG, des institutions, des entreprises, des lieux culturels et des événements internationaux en organisant en présentant son œuvre photographique, sur des expositions, des  conférences, des ateliers, reconnus pour offrir une approche “à la fois exigeante et accessible”.

Corail Renaissance, photos de Martin Colognoli au Muséum Henri-Lecoq, 15 rue Bardoux à Clermont, ouvert du mardi au samedi (jours fériés compris) de 10h00 à 18h00 (dimanche : 13h00 à 18h00) jusqu’au 11 octobre 2026. Fermé les lundis et le 1er mai. 

Corail et poissons Photo Martin Colognoli
Corail et poissons / Photo Martin Colognoli

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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