L’information avait déjà “fuité”, mais cette fois-ci, c’est officiel. Profitant de la présentation en Conseil métropolitain du rapport d’observations définitives de la CRC (Chambre régionale des comptes) sur la gestion de l’association Clermont Massif Central 2028 (qui portait la candidature à la Capitale européenne de la culture de 2021 à 2024, présidée par l’écrivaine Cécile Coulon), Julien Bony, maire de Clermont et premier vice-président de Clermont Auvergne Métropole, a informé les élus métropolitains qu’il allait saisir le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.
Des irrégularités révélées par le rapport de la CRC
Le rapport fait état d’irrégularités. Julien Bony évoque “des faits d’une extrême gravité qui demandent que la lumière soit faite sur les responsabilités de chacun”. En fonction des retours du procureur de la République à la fin de son enquête, le maire de Clermont se réserve le droit de déposer plainte au nom de la Ville de Clermont.
Au cœur du dossier capitale-europeenne-de-la-culture, on retrouve Patrice Chazottes, directeur de Clermont Massif Central 2028, épinglé par la CRC pour avoir trop fait “chauffer” la carte bancaire de l’association pour des frais de représentation, y compris après l’annonce de l‘attribution du titre à la ville de Bourges. Il est question de 140 000 euros de frais professionnels imputés à Patrice Chazottes entre 2021 et 2024.Plus largement, le rapport évoque une gestion financière « peu précautionneuse », une gouvernance « fragile » et « très dépendante » de la commune et de la métropole.
Julien Bony souhaite comprendre comment a été dépensé cet argent public, commentant : « J’irai chercher à l’euro près le remboursement des sommes car ce n’est pas aux Clermontois de payer la note des errances de gestion et d’abus révélés par la Chambre. »
Olivier Bianchi surpris par les conclusions
Dans une interview à La Montagne, Olivier Bianchi, ancien maire de Clermont et président de la métropole qui avait lancé le projet de capitale europeenne de la culture dès 2012, précise qu’il avait reçu une première version du rapport à l’automne 2025, à laquelle, conformément aux règles de droit, des réponses ont été apportées. Le rapport final lui est parvenu après les élections municipales avec une réponse qui est aujourd’hui annexée au document. Il se dit à la fois surpris par les conclusions et par ce qu’il a appris, en particulier le mélange des genres dans l’utilisation de l’argent public par Patrice Chazottes, tout en balayant l’idée de malversations.
















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