Le rassemblement va sans doute être plus discret que les manifestations d’agriculteurs ou de cheminots mais la finalité est tout aussi importante.
Ce vendredi 26 juin à 9h00, des psys, des professionnels de santé et des parents impliqués dans le Centre Thérapeutique et de Recherche de Nonette – AGCTRN – Hébergement et services adaptés aux handicaps, appellent à une mobilisation devant le Conseil départemental du Puy-de-Dôme, au motif de la mise en danger de leur institution, menacée pour son orientation de soin.
Un accompagnement singulier au Centre Thérapeutique de Nonette
Le Centre thérapeutique et de recherche de Nonette, au sud d’Issoire, a été créé dans les années 60. Très impliqué dans ce centre, Jean-Robert Rabanel, médecin psychiatre clermontois souhaitait créer un lieu d’accueil pour des sujets jugés hors circuits. “Le cadre est totalement baroque” explique-t-il “mais il permet d’accueillir les rebuts” comprenons par là, les cas les plus compliqués à traiter, qui ont besoin d’un accompagnement singulier. La méthode choisie dès 1973, suit les grands principes de Jacques Lacan, un des psychanalystes les plus importants après Freud, qui imposa notamment l’idée que « l’inconscient est structuré comme un langage ».
À Nonette la méthode fait ses preuves depuis plus d’un demi-siècle comme en témoignent les parents d’enfants qui y séjournent. Une maman explique que son fils dit être à Nonette “comme à la maison” et que lorsqu’il est avec elle, en cas de crise, elle peut compter sur l’aide d’une équipe disponible à tout moment. Aujourd’hui géré par une association à but non lucratif, il est dirigé par le psychanalyste clermontois Clément Marmoz, aux côtés duquel œuvrent 70 personnes spécialisées. Le centre qui fonctionne avec un budget annuel de 5 millions d’euros est composé de trois unités. Il accueille 52 personnes, dont 30 dans un foyer occupationnel, 10 dans un foyer d’accueil médicalisé et 12 dans un IME, institut médico-éducatif.
Remise en cause des orientations de recherches
Tout le travail accompli est observé par l’ARS et soutenu par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme, dans le cadre de ses attributions sociales. Depuis 18 mois, Clément Marmoz documente une procédure de contrôle destinée à évaluer la conformité du travail réalisé dans l’établissement et à une remise à niveau des pratiques. Le 8 juin dernier, il a reçu un rapport dans lequel apparaissent des griefs sur la méthode qui ne correspond pas à celle préconisée par les instances officielles pour le traitement de l’autisme. Ce rapport qui montre une incompréhension manifeste puisque les sujets traités ne sont pas diagnostiqués autistes, inquiète l’ensemble de l’équipe qui redoute de se retrouver avec l’obligation d’intégrer un administrateur dont les visions seraient divergentes et dont la présence déstabiliserait l’équilibre trouvé depuis tant d’années. Valentine Dechambre, présidente de l’association se montre très en colère contre le rapport qu’elle juge diffamatoire et brutal et pour lequel une petite période contradictoire de seulement deux semaines a été accordée. Pour elle, il est clair que l’ARS veut détruire les pratiques basées sur la psychanalyse au profit de normes et de traitements beaucoup plus simples à mettre en œuvre puisque davantage chimiques. “On est traités comme des pions” peste le docteur Rabanel qui voit là une remise en cause des orientations de recherches sur la population qui est confiée à la structure, précisément pour sa spécificité. Pour l’ensemble de l’équipe, médecins et personnels, ce qui est attaqué c’est directement la pratique des médecins, une pratique basée avant tout sur l’humain.
La période contradictoire prend fin le 26 juin, et c’est pour cela que l’équipe du Centre Thérapeutique et de Recherche de Nonette sera rassemblée devant la porte du Conseil départemental, avec l’espoir d’un moratoire. Pour se faire entendre, elle a saisi deux parlementaires pour un relais auprès de la ministre de la santé et une pétition sur change.org a déjà recueilli plus de 4000 signatures.













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