Après Ovalie, vache de race Salers en 2024, c’est de nouveau une vache auvergnate qui sera l’égérie du Salon international de l’agriculture de Paris en 2027.
L’heureuse élue est de race Ferrandaise et elle fera le déplacement vers Paris depuis un élevage du Puy-de-Dôme, celui de Nicolas et Samuel Verdier, deux frères qui ont repris l’exploitation familiale dans un hameau proche de Bourg-Lastic. Les frères, qui exploitent un domaine d’environ 140 hectares, se définissent eux-mêmes comme des « paysans-bouchers » et élèvent un troupeau mixte composé de Limousines et de Ferrandaises, une race que leur père avait décidé de travailler au début des années 1990. Aujourd’hui, les frères Verdier transforment annuellement 12 vaches et 10 veaux de lait ferrandais, en agriculture biologique.
Ils ont fait le choix de proposer un produit haut de gamme, en circuit court, disponible dans les magasins de producteurs locaux.
La race Ferrandaise a failli disparaître
Si les premières descriptions datent du début du XIXe siècle, c’est seulement vers 1860 que le nom Ferrandaise trouve sa place dans le vocabulaire de l’élevage. À la fin du XIXe siècle, en 1889, la race est finalement reconnue comme étant « race pure », après moult débats en raison des robes « bigarrées » et de la diversité de couleur des pies constatée sur les bêtes.
La race Ferrandaise atteint son paroxysme entre les deux guerres mondiales, comptant jusqu’à 200 000 têtes. On la trouve essentiellement dans la chaîne des Puys, dans les monts Dore et dans le Livradois. Après le second conflit mondial, la race est déjà en perte de vitesse, mais les Ferrandaises se comptent encore par milliers. C’est réellement au début des années 1960 que l’on parle de déclin. La vache du Puy-de-Dôme fait les frais des services vétérinaires, mais surtout de la mécanisation et de l’abandon de la traction animale pour laquelle elle se révèle particulièrement efficace. Par la suite, alors que l’agriculture moderne s’impose, les programmes de sélection favorisent les seules races dotées d’effectifs importants.
Progressivement, la vache qui doit son nom à la ville de Clermont-Ferrand qu’elle alimentait en lait, disparaît des paysages. Alors qu’elle est menacée de disparition avec seulement 200 vaches répertoriées dans les années 1970, l’« Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise », qui vise principalement à augmenter les effectifs, est créée en 1977.
En 2024, 3 976 vaches ferrandaises sont recensées, dont 2 837 femelles de plus de deux ans et 31 taureaux disponibles pour l’insémination artificielle. Toujours en 2024, la France compte 748 propriétaires de Ferrandaises, des chiffres qui illustrent la mobilisation des éleveurs pour la sauvegarde de cette race, qui va donc bénéficier d’un sérieux coup de projecteur à l’occasion du Salon de l’agriculture de Paris.







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