« Les retraites coûtent énormément à la France ». Drôle de façon de voir les choses. On pourrait tout autant calculer ce que les cotisations de ceux qui ont travaillé ont rapporté au pays durant plusieurs décennies. Devant le déficit-record de l’État, et l’incapacité ou la non-volonté de lui faire subir une cure d’amaigrissement salutaire, le niveau des retraites constitue une variable d’ajustement toute trouvée. D’abord parce que l’enveloppe est conséquente. D’autre part et surtout, il y a peu de chance de voir les « moins jeunes » dresser des barricades, porter des cagoules et des masques, enflammer des poubelles, brûler des voitures, arracher des drapeaux, lancer des pavés et se heurter de plein fouet aux forces de l’ordre.
Un discours qui se veut apaisant
Sauf que le « troisième âge » représente une part importante des électeurs et, qui plus est, une « clientèle » qui se rend massivement aux urnes. À quelques mois des présidentielles, ce potentiel de citoyens majoritairement modérés est à manier malgré tout avec des pincettes. Ce qui explique les circonlocutions employés par les membres du gouvernement au moment d’annoncer les grandes lignes du prochain budget dont on sait qu’il sera discuté à l’Assemblée Nationale (où quelques « amendements » pourraient être concédés).
Tensions
« Chacun devra faire des efforts » ont ainsi expliqué les différents ministres, sans que l’on sache si ces demandes exprimées les concernent. On peut d’ailleurs en douter, il vaut toujours mieux prendre dans la poche du voisin que dans la sienne… Mais certaines catégories déjà frappées de plein fouet par la hausse vertigineuse des prix sont-elles vraiment en mesure de faire face à ce nouveau coup de rabot… Ne serait-ce que pour se nourrir, se chauffer et vivre décemment ?
Par ailleurs, il est frappant de constater combien notre époque exhale de tensions et d’incompréhensions entre les différentes générations qui font pourtant la richesse d’une société.
Marc François









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