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Le parc Bargoin de Chamalières est parfois méconnu des Clermontois.
Edito

Un peu de vert malgré tout

Les villes sont brutales comme l’homme l’est avec la nature. Les parcs constituent de précieux interstices.

Déambuler dans les rues de la ville peut vous amener à fréquenter les parcs, digression végétale à un environnement essentiellement minéral, halte verte au beau milieu du béton. Bref quitter un moment les rues, les avenues, les trottoirs, la circulation chaotique pour emprunter les allées bordées d’arbres, longer les haies ou les parterres de fleurs, voire les pièces d’eau, version plus « relax » de l’urbanité et de la modernité. C’est justement la fonction des parcs et jardins urbains que d’apporter un espace de détente toute provisoire, d’évasion très partielle et de répit éphémère. Un besoin d’ordre originel, en fait, puisque l’être humain demeure une émanation de la nature même s’il cherche en permanence à la soumettre et à lui échapper.

Le sillage des canards

Je conserve des souvenirs diffus du « Jardin Lecoq » de mon enfance. Il me paraissait vaste, étendu, presque labyrinthique … J’aimais y observer les otaries jouant dans le grand bassin, les canards et les cygnes sillonnant calmement les eaux et je souffrais à la vision des renards enfermés dans des cages exiguës… Ils couraient, couraient indéfiniment dans les quelques mètres carré de leur prison, privés de liberté à en devenir fous. Cette vision ne m’a pas donné une haute idée de l’humanité.

Sous les frondaisons

Chaque parc a ainsi son caractère, ses spécificités… et son public. Lecoq et sa roseraie, sa brasserie aussi qui a accueilli des générations de promeneurs et d’étudiants. Le parc Montjuzet, situé aux confins de la ville, est comme une porte vers l’extérieur. Il accueille quelques essences méditerranéennes (cyprès, oliviers, pins parasols) et abrite des aires de jeux prisées des enfants … Les volcans n’y sont pas très loin. Pour ma part, je garde une préférence pour le discret parc Bargoin sur les premières hauteurs de l’agglomération. J’en apprécie le calme, les reliefs, tout autant que les grands arbres. Et parfois, je pousse jusqu’à la « Tour des deux Frères » que j’ai longtemps imaginée comme un rendez-vous secret pour les amoureux. L’ancienne propriété du pharmacien et inventeur du « Gland doux », aujourd’hui sous le giron du Conseil départemental, exhale un charme qui a trait à la mélancolie.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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