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Rue de l'Oradou rendue aux voitures Photo 7 Jours à Clermont
Rue de l'Oradou rendue aux voitures Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

Mobilité : la justice saisie par deux associations contestant la “réouverture” de la rue de l’Oradou

La décision du maire de Clermont de rouvrir la rue de l'Oradou à la circulation de transit passe mal au sein des associations Vélo-Cité 63 et l'AUT Auvergne. Elles ont lancé une action en justice, estimant la mesure illégale et préjudiciable pour les mobilités douces et la sécurité des cyclistes.

Les associations Vélo-Cité 63 et l’AUT Auvergne, Association des Usagers des Transports d’Auvergne*, étaient restées discrètes ces derniers mois à propos des évolutions voulues par le nouveau maire de Clermont en matière de circulation automobile.
Elles n’avaient pas réagi officiellement lors de la réouverture de l’avenue Bergougnan, mais cette fois-ci, elles sortent de leur réserve après l’épisode de la rue de l’Oradou et annoncent une action en justice. Des requêtes pour annuler les arrêtés de la rue de l’Oradou et un référé ont été déposés auprès du tribunal administratif par Vélo-Cité 63 avec le soutien de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) et l’AUT Auvergne, aux motifs de l’incompétence de la mairie pour les arrêtés mais aussi du non-respect de la loi.

Affaire de compétence

Pour les deux associations, le maire de Clermont n’est pas compétent pour revenir sur le projet InspiRe, porté par la métropole, expliquant dans leur communiqué que « ce que la Métropole a construit, le maire de Clermont ne peut le détruire, d’autant plus que la Métropole bénéficie d’une compétence de plein droit en ce qui concerne l’organisation des mobilités ». Elles rappellent que la création de la ligne C, qui circule sur la rue de l’Oradou, a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique au profit de la Métropole et du SMTC au terme d’une procédure administrative, avec notamment une enquête publique. Selon les deux associations, le maire de Clermont ne pouvait pas décider de rouvrir la rue de l’Oradou à une circulation de transit en écartant une procédure similaire. La justice devra donc statuer sur ce point.

Sémantique

Les membres des deux associations avancent également que, depuis la mise en service du réseau InspiRe en décembre 2025, plusieurs milliers de personnes circulaient rue de l’Oradou, que ce soient les usagers des transports en commun de plus en plus nombreux sur la ligne C, piétons, cyclistes ou automobilistes.
En dehors de la portion entre la rue de la Pradelle et le boulevard Fleury, la rue était restée accessible en grande partie aux véhicules motorisés. Vélo-Cité 63 et l’AUT expliquent que le terme de « réouverture » n’est donc pas approprié, s’agissant en réalité « du rétablissement d’une circulation de transit motorisée sur une rue aménagée pour donner la priorité aux bus et aux vélos tout en permettant la desserte des riverains ».
Derrière cette mise au point linguistique, mais qui a sans doute du poids juridiquement, les deux associations pointent que sur environ les deux tiers de la rue, les cyclistes se retrouvent désormais sans aucun aménagement cyclable, alors que la loi d’orientation des mobilités (LOM) impose la création de tels aménagements à l’occasion de la réalisation ou de la rénovation d’une voie urbaine. Sur l’axe Oradou, le partage de la voie entre bus et vélos permettait, par dérogation, de satisfaire l’obligation, ce qui n’est plus le cas, et le retour de la circulation de transit sur une voie qui n’est pas adaptée remet en cause la sécurité des cyclistes, faute d’aménagements spécifiques ou d’itinéraires alternatifs.

Politique

Lors de la séquence de « réouverture » de la rue, le maire avait expliqué que la décision avait été prise à la suite de deux réunions de concertation et que son objectif restait un meilleur partage des mobilités. Si l’on en croit les représentants des associations, seuls des ajustements avaient été évoqués, mais pas la réintroduction d’un trafic motorisé de transit, ajoutant qu’une majorité de riverains et de participants souhaitait le maintien du dispositif qui avait permis l’apaisement du quartier.
Au-delà de cet aspect apparaît nettement un volet plus politique. Les deux associations, très favorables aux transports doux favorisant l’apaisement de la ville tout en répondant à l’urgence climatique et sociale, avaient été consultées lors de l’élaboration du projet. Elles rejettent évidemment ce retour en arrière sur le projet InspiRe avec des conséquences induites sur la dégradation des performances des trambus de la ligne C.

Le référé sera examiné par le tribunal administratif de Clermont le 1er octobre prochain. Une seconde action judiciaire sur le fond, quant à elle, est également menée.

* L’AUT Auvergne est affiliée à la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports), qui défend et représente les voyageurs sur le territoire auvergnat.
**+76 % sur les 6 premiers mois de l’année selon les chiffres du SMTC.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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