Accueil » Vie publique » Une rentrée sous tension pour les transports en commun clermontois
Trambus Hess Photo 7 Jours à Clermont
Trambus Hess / Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

Une rentrée sous tension pour les transports en commun clermontois

Alors que le nouveau réseau InspiRe enregistre une hausse de 22 % de la fréquentation des bus sur le premier semestre, le SMTC et la T2C abordent une rentrée sous tension. Un préavis de grève reconductible a été déposé pour le 1er septembre et les réouvertures d'axes majeurs clermontois impactent les temps de parcours et possiblement les finances

Le SMTC, syndicat mixte de transports en commun, l’autorité politique qui organise les mobilités dans la métropole clermontoise, s’apprête à vivre une rentrée sous tension malgré les bons chiffres de fréquentation enregistrés sur le réseau InspiRe, depuis sa mise en service fin 2025. L’intersyndicale de T2C a en effet déposé un préavis de grève reconductible pour le 1er septembre, qui entraînera de très fortes perturbations.

Une fréquentation en hausse de plus de 20 % depuis janvier

Depuis la mise en service du nouveau réseau InspiRe, le 20 décembre, la fréquentation enregistrée dans les bus, sur les six premiers mois de l’année, a progressé de 22 % en comparaison de l’année 2025. Sur les seules lignes B et C, à haut niveau de service, la hausse s’élève à +76 % sur cette même période, un chiffre qu’il convient de replacer dans son contexte, puisque les deux lignes ont été fortement rallongées et qu’elles ont fonctionné de nombreux mois sur des itinéraires déviés durant les travaux. Globalement, les habitants de la métropole se sont donc approprié le nouveau réseau InspiRe et utilisent davantage les transports en commun, ce qui était le but recherché. En dehors des lignes principales, quelques adaptations ont eu lieu pour mieux répondre aux besoins des utilisateurs.

Les trambus électriques des lignes B et C commandés au constructeur suisse Hess sont tous arrivés en Auvergne, à l’exception du 40e, attendu en septembre.
33 sont déjà en service commercial, mais il reste un travail de configuration pour que la flotte entière puisse assurer le service nominal attendu, sachant que le réseau est calibré pour fonctionner en hiver avec 36 véhicules, et 4 en réserve ou en maintenance.
Les « vieux bus » Iveco thermiques devraient donc disparaître du paysage quotidien d’ici la fin d’année. Quant au constructeur Hess, il devra mettre la main à la poche pour les importantes pénalités de retard applicables.

Quand la politique s’en mêle

Le nouveau plan de circulation avec des voies réservées aux bus pour InspiRe a fait couler beaucoup d’encre durant la campagne électorale. Le candidat Julien Bony avait promis de rouvrir certaines rues aux automobiles et, depuis son arrivée dans le fauteuil de maire, il tient parole. Les axes Bergougnan, Carnot et plus récemment Oradou ont été en grande partie rendus aux voitures. Cela contente les riverains et de nombreux « pendulaires », mais ces actions risquent d’avoir des conséquences sur les performances du nouveau réseau, en particulier sur la ligne C qui relie Durtol à Cournon.
Nouveau président du SMTC, Éric Égli (maire de Ceyrat) explique que Julien Bony a eu en main des études précises sur les répercussions sur le réseau. Fabienne Thouly, nouvelle présidente de T2C (élue à Lempdes), aurait souhaité davantage de concertation, comme à Cournon par exemple, même si elle comprend l’idée du respect des engagements de campagne.

Selon le SMTC, la décision de Julien Bony sur la rue de l’Oradou va avoir un impact significatif sur la performance : entre 5 et 10 min d’augmentation estimée du temps de parcours en heures de pointe. Avec les autres tronçons réouverts, la ligne C pourrait mettre 15 minutes de plus, en heure de pointe, pour rejoindre Cournon au départ de Durtol. Il s’agira maintenant d’analyser finement les nouvelles donnes afin de fournir aux passagers les informations les plus fiables et de connaître l’impact sur la fréquentation, sachant que la ponctualité et la rapidité des lignes BHNS garantissent leur succès.
Autre impact, financier celui-là, estimé entre 900 000 et un million d’euros. Pour maintenir le service initial, qui était la promesse d’InspiRe, il faudra davantage de bus, donc de conducteurs, et plusieurs semaines pour requalibrer les cadencements. Ce surcoût n’est évidemment pas intégré dans un budget annuel déjà tendu.

La grève reconductible à partir du 1er septembre

La raison majeure qui a conduit au dépôt du préavis est budgétaire. L’intersyndicale craint que des déficits importants à plus ou moins long terme conduisent à une restructuration de T2C à la demande du SMTC. Selon la CGT, les réouvertures des axes Bergougnan, Carnot, Libération et désormais Oradou mettent un peu plus le budget sous pression. Toujours selon le syndicat, les réouvertures d’axes fermés « ressemblent de plus en plus à un sabotage du réseau InspiRe avec des méthodes de communication très contestables ».

La rentrée s’annonce donc difficile à la fois pour les usagers, le jour du retour à l’école, mais aussi pour les deux nouveaux présidents et pour le maire de la ville principale de la métropole, qui vont devoir composer avec leur premier mouvement social d’envergure.
Le SMTC présente des excuses anticipées aux usagers pour les perturbations potentielles à venir, tout en rappelant que le site web de T2C et les applis sont toujours utiles pour suivre l’évolution du trafic.

Partager :

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé