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Signature du Pacte de la Nuit Photo 7 Jours à Clermont
Signature du Pacte de la Nuit Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

À Clermont un pacte pour des nuits plus calmes vient d’être scellé

En signant le « Pacte de la nuit », les acteurs clermontois de la vie nocturne et les institutions locales s’accordent pour allier sécurité, tranquillité publique et soutien à la profession. Rencontre avec Grégory Faverdin, président de l'UMIH 63, pour faire le point sur les enjeux et la portée de cette démarche collective.

La sécurité et la tranquilité de la vie quotidienne jalonnent la vie politique clermontoise depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité en mars dernier.
Deux jours après l’obligation très controversée du “pied à terre” dans les rues piétonnes du centre-ville, le maire Julien Bony a réuni symboliquement dans une boîte de nuit proche de Jaude, la préfète, le procureur, la vice-présidente de l’université et le président de l’UMIH 63 pour signer le Pacte de la nuit.
L’idée est que les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie s’engagent à respecter la loi et les règlementations qui encadrent les établissements de nuit et garantissent, en principe, la tranquilité des Clermontois.
Ce pacte n’arrive pas avec une cohorte de nouveaux arrêtés mais la préfecture en a profité pour faire une mise à jour de celui encadrant le fonctionnement des débits de boissons qui datait de 2022 et y ajoutant la vente de boissons alcoolisées à emporter et le protoxyde d’azote.
Pour l’élaboration de ce Pacte de la nuit, l’UMIH 63 présidée par Grégory Faverdin, a joué un rôle capital pour faire le lien entre les professionnels et les institutions.

” On est très à l’aise collectivement”

7 Jours à Clermont : Pouvez vous nous rappeler l’origine de ce pacte ?
Grégory Faverdin : Quelle a été la génèse de ce pacte de la nuit ? Il part d’un constat, établi de manière un peu hâtive par le préfet précédent qui disait que l’insécurité dans les rues de Clermont était la continuité des établissements de nuit, ce à quoi nous nous sommes opposés dans cette terminologie et nous avons pris la trajectoire d’une coconstruction pour aboutir à ce qui est mis en relief aujourd’hui. Maintenant, qu’est ce qui est constitutif de ce Pacte de la nuit ? ce n’est ni plus ni moins des règles qui sont pour la majorité et madame la préfète l’a rappelé 90% des établissements de l’univers de la nuit sont en conformité par rapport à tous ces enjeux. On est très à l’aise collectivement au niveau professionnel pour continuer nos exploitations et aujourd’hui on est sur ce qui pourrait être demain un continuum d’accompagnement pour la sécurité collective.

7JàC : Vous pensez qu’il y a eu amalgame sans la différenciation boîte de nuit – débit de boissons ?
G.F : Oui et c’est exactement ce que l’État essaie de mettre en lumière en déterminant ce qui est un établissement de nuit type piste de danse et d’un bar à ambiance musicale où il est interdit de danser puisque cela ne correspond pas à la catégorie de l’établissement. Il y a eu des commissions de sécurité inopinées parce que l’État avait besoin d’éclairage pour déterminer que chacun soit dans sa partie et dans son rôle.

7JàC : Y compris pour les épiceries de nuit ?
G.F : Les épiceries de nuit, c’est un métier totalement différent, exclu de notre périmètre évidemment mais qui viennent clairement créer une concurrence parfaitement déloyale au regard de la distribution d’alcool, qui est faite souvent de manière très sauvage. Aujourd’hui, on ne découvre pas le sujet… ce sont ce qu’on appelle des flashs, des bouteilles en plastique avec de l’alcool déjà mélangé et pour lesquelles aucune règle n’est observée. La mairie s’est clairement saisie de ce sujet avec la préfecture et on s’en félicite.

“Changer l’état d’esprit”

7 Jours à Clermont : Vous insistez beaucoup sur la notion du collectif…
Grégory Faverdin : Oui, je trouve que c’est important et notre volonté à l’UMIH 63 c’est de dédiaboliser la notion de contrôle, ce qui permet aussi d’induire la notion d’accompagnement. Dans cette terminologie, c’est aussi Il faut se dire que la municipalité de Clermont et l’État, avec ce pacte, créent un vecteur de communication et d’accompagnement. Voilà ce sur quoi je souhaite que l’on mette l’accent : la responsabilité entrepreneuriale qui est dans son ensemble accompagnée par les services de l’État et la municipalité.

7JàC : Ce pacte va être aussi l’occasion d’ouvrir des dialogues ?
G. F : Oui, le questionnement est le point que nous souhaitons avoir. Qu’est ce que je peux faire ? Qu’est que je n’ai pas le droit de faire ? et avec tout cela coconstruire l’éclairage de l’exploitation du quotidien. Il n’y a rien de nouveau, le point de départ de ce travail c’est 2024… mais certains le découvrent, aujourd’hui… il n’y a pas de changements drastiques.
Ce qu’il faut bien matérialiser c’est qu’on a les services de l’État à nos côtés, à notre écoute, dans notre quotidien d’exploitants de la nuit qui est un métier qui peut être dangereux dans une certaine mesure avec une accélération de la violence, avec le protoxyde d’azote qui est aujourd’hui dans le quotidien.

7JàC : Ce dialogue au fond c’est ce qui manquait ?
G. F : C’est ce qui pouvait nous manquer. Il faut se dire que le métier aujourd’hui est en déperdition. Il y a une petite année il y avait encore 1 000 établissements de type P*, aujourd’hui 850, j’ai fait le point avec l’UMIH nationale. On a une dégradation de ce modèle économique.

7JàC :Ce pacte est obligatoire pour les adhérents de l’UMIH, mais nul n’est obligé d’adhérer à l’UMIH…
G. F : Exactement, c’est la particularité de cela. L’accompagnement sera fait en priorité pour les adhérents, avec la volonté d’accompagner tout le monde. On a 1800 entreprises actives CHR, cafés-hôtels-restaurants-bars-discothèque et nous avons 450 adhérents dans le Puy-de-Dôme.

7JàC : L’adhésion à l’UMIH n’est pas gratuite ?
G. F : Oui mais elle est modique car les adhérents ont des avantages. L’avantage premier pour les établissements de nuit et les bars, c’est 28% de réduction sur les droits SACEM, dont la cotisation moyenne qui est à 315 euros par établissement est parfaitement gommée avec cette réduction et l’adhérent bénéficie de tout l’accompagnement qui va autour : avocats, tickets restaurants pour les hôteliers-restaurateurs, un schéma partenarial des tarifs avec des thématiques métiers de chacun… on souhaite que les non adhérents nous rejoignent.

Pour le suivi du Pacte, le Conseil de la nuit est l’instance de pilotage chargé de la stratégie. Présidé par le maire de Clermont il est constitué de membres signataires et se réunit une fois par an pour évaluer les bilans et envisager les adaptations nécessaires.
Le CSEN, comité de suivi des établissements de nuit se réunit quant à lui une fois tous les deux mois. Il analyse et cherche les solutions suite aux réclamations des riverains et suit également les commerces faisant l’objet d’un signalement de non respect de la charte.

*Les établissements de type P regroupent les salles de danse – discothèques, bals, dancings, bars dansants – et les salles de jeux – billards, jeux électroniques ou vidéo, flippers, escape games.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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