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Tournage de "Une décision, une vie" film des Cadets de la Gendarmerie / Photo Kevin le Gouguec
Tournage de "Une décision, une vie" film des Cadets de la Gendarmerie / Photo Kevin le Gouguec
Vie publique

“Une décision, une vie” : un film de sensibilisation imaginé par les Cadets de la Gendarmerie

Créée en 2019, l’Association des Cadets de la Gendarmerie 63 innove en matière de prévention routière avec le court-métrage « Une décision, une vie ». Écrit et incarné par des jeunes à destination de leurs pairs, ce film choc aborde sans détour les dangers de la conduite sous l'emprise d'alcool, de stupéfiants et de protoxyde d'azote. Présente lors de la présentation du film, la préfète Anne Frackoviak-Jacobs revient sur la portée d'un tel message et sur les actions de l'État pour responsabiliser les plus jeunes.

Créée en 2019, l’Association des Cadets de la Gendarmerie du Puy-de-Dôme accompagne des jeunes volontaires de 16 à 19 ans dans un parcours d’engagement citoyen en lien avec la Gendarmerie nationale. L’association a déjà formé 167 cadets (88 filles, 79 garçons), et près de 25 % d’entre eux se sont orientés vers la filière gendarmerie, dans l’active ou en réserve opérationnelle.

Les Cadets de la Gendarmerie lancent des actions concrètes de sensibilisation

Le groupe des Cadets déploie des actions concrètes de sensibilisation sur le territoire. Il a par exemple conçu un escape game dédié au harcèlement et au cyberharcèlement, qui a permis de sensibiliser près de 2 500 jeunes dans le département. Cette année, le thème retenu est le danger de la conduite automobile sous l’emprise d’alcool, de stupéfiants et de protoxyde d’azote.

Ils ont fait appel à la société de production clermontoise Inside Audiovisuelle et au réalisateur Paul Sepchat pour le tournage d’un film de 3 minutes 30 nommé « Une décision, une vie », qui met en scène des jeunes sortant de soirée et montant à bord d’une voiture dont le conducteur a consommé du protoxyde. Ils ont évidemment un accident grave qui mobilise les pompiers ainsi que les forces de gendarmerie et de police. Les images volontairement brutales, pour créer un électrochoc ont ouvert le débat sur l’efficacité d’un message trop violent. Interrogés sur cet aspect, les cadets qui ont participé au tournage valident cette violence des images qui, selon eux, est nécessaire pour capter efficacement l’attention, de jeunes de plus en plus habitués à scroller au détriment de l’attention.

Dans l’assistance lors de la soirée de présentation du film, la préfète du Puy-de-Dôme, Anne Frackoviak-Jacobs, a salué l’initiative de ce film à destination des jeunes fait par des jeunes.

« Il faut qu’émotionnellement ils ressentent quelque chose, sinon le message sera oublié »

7 Jours à Clermont : En matière de prévention, est-ce que la consommation d’alcool, de stupéfiants et de protoxyde reste une cible prioritaire ?
Anne Frackoviak-Jacobs : Oui, bien sûr, toutes les conduites addictives qui conduisent, hélas, à des drames sur la route. Cette année a été particulièrement meurtrière dans notre département et elle n’est pas terminée. Nous avons des mesures de prévention, mais aussi des mesures coercitives sur ces sujets qui sont importants, et de nouvelles mesures que j’ai prises récemment.

7JàC : Est-il indispensable de toucher les populations les plus jeunes ?
A. F.-J. : Je pense que ce message de prévention est essentiel parce qu’il a été réalisé par des jeunes pour des jeunes. Les questions qui se posaient justement dans le débat étaient de savoir si ce film n’était pas trop inquiétant ou anxiogène pour les jeunes. Et la réponse qui était faite justement par ces jeunes, c’est que non, il faut justement frapper les esprits. Ils sont tous confrontés en permanence à des images, à des messages vidéos sur tous les réseaux sociaux, et donc pour vraiment frapper leurs esprits, il faut quelque chose qui les marque et ils l’ont dit : il faut qu’émotionnellement ils ressentent quelque chose, sinon le message sera oublié aussi rapidement qu’il aura été vu. Moi, je souligne la qualité de ce travail qui a été fait en partenariat avec les sapeurs-pompiers, les forces de sécurité et par les cadets de la gendarmerie parce que je crois que c’est vraiment un message qui va porter auprès des jeunes.

7JàC : Selon vous, quel est le plus par rapport à d’autres vidéos qui ont pu être faites par la Sécurité routière ou par le Gouvernement ? Le fait que les jeunes soient directement impliqués est plus marquant ?
A. F.-J. : Moi j’ai le sentiment, en tout cas c’est ce qu’ils nous ont dit, que ceux qui voyaient ce message allaient le retenir et en tirer les conséquences. Et c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses dans ce film qui est court, 3 minutes 30. Il y a notamment la maman qui arrive, à qui on a appris que son fils était grièvement blessé ou peut-être même mort sur la route. Je pense que ça peut faire aussi réfléchir les jeunes par rapport à la douleur que ça pourrait causer à leurs parents, à leurs proches, à leurs amis avec ces comportements qui conduiraient à des accidents très graves voire mortels. Et donc tout ça, je pense que ça participe à cette prévention qui est notre cheval de bataille quotidien.

Soirée de présentation du film des cadets de la Gendarmerie Photo 7 Jours à Clermont (1)
Soirée de présentation du film des cadets de la Gendarmerie. Photo 7 Jours à Clermont

270 actions par an

7 Jours à Clermont : Les Cadets de la Gendarmerie le disent eux-mêmes, ils ne se rappellent pas des campagnes gouvernementales. Avez-vous le sentiment que l’État n’est pas audible sur le sujet face à des jeunes dont il est difficile de capter l’attention ?
Anne Frackoviak-Jacobs : C’est important effectivement qu’on les consulte pour savoir ce qui les frappe. Aujourd’hui, ça a été particulièrement clair. Quand on les entend, il faut des choses qui émotionnellement provoquent un choc, une attention particulière dont ils vont se souvenir. Mais évidemment la prévention dans ce domaine ne se cantonne pas aux messages vidéos. Nous avons aussi des messages de prévention routière, des actions, à peu près 270 actions par an de sécurité routière, notamment auprès des jeunes dans les universités, dans les lycées, avec des messages et des actions très interactives qui leur permettent de participer et de se rendre compte des effets de la consommation d’alcool ou de la consommation de stupéfiants sans qu’on les culpabilise, mais pour leur montrer quelle est leur responsabilité. Ça, je pense que c’est vraiment important, c’est de leur montrer à travers toutes nos actions qu’ils sont responsables de ce qu’ils font, qu’ils sont responsables s’ils prennent le volant après avoir bu de l’alcool ou consommé de la drogue ou du protoxyde d’azote, car leur responsabilité peut entraîner le décès d’autres jeunes, le décès d’autres personnes sur la route, des parents, des enfants, des personnes plus âgées. Et donc ça, je pense que c’est important vraiment qu’on leur fasse toucher du doigt cette responsabilité.

7JàC : N’avez-vous pas l’impression qu’on est un peu trop timoré dans la communication et les messages ?
A. F.-J. : Cela ne fait pas partie de nos habitudes, la manière dont on conçoit nos campagnes, qui sont, je vous l’accorde, parfois un peu timorées. Les Anglo-Saxons ont une vision complètement différente des choses. Je ne suis pas sûre que cela puisse aujourd’hui être complètement accepté dans notre société. En revanche, ce type de film, je pense, est tout à fait adapté puisqu’on l’a vu, les jeunes nous le disent eux-mêmes. Mais on a aussi d’autres moments de prévention qui consistent à emmener des jeunes dans des hôpitaux, à faire intervenir des jeunes en fauteuil roulant. Moi je me souviens d’avoir emmené justement un jeune d’une vingtaine d’années en fauteuil roulant dans une opération de prévention de sécurité routière, où là ça les frappe énormément parce qu’à 17 ans, la mort, ça ne veut rien dire. On ne se projette pas et puis on est sur des vidéos ou des jeux dans lesquels on meurt et on ressuscite, voilà. Donc ça ne veut pas dire grand-chose. En revanche, quelqu’un de leur âge qui est en fauteuil roulant et qui sera toute sa vie en fauteuil roulant parce qu’il a conduit en ayant bu, ça les frappe, et ça c’est vraiment le genre d’action qu’on mène au quotidien avec mes services.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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