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Tram-Bus Hess / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Innovation Vie publique

Le Tram-Bus des lignes B et C InspiRe, un concentré de technologie

Hormis une hauteur inhabituelle, le Tram-Bus qui circulera sur les futurs lignes B et C du réseau métropolitain exploité par T2C, ressemble à un bus presque ordinaire, en plus long et plus spacieux. Ce qui ne se voit pas en revanche, c'est sa technologie électrique embarquée qui en font une machine extraordinaire.

On l’a d’abord nommé BHNS comme Bus à Haut Niveau de Service. Aujourd’hui, on l’appelle provisoirement Tram-Bus en attendant un nom commercial qui devrait-être choisi par les habitants de la métropole ; c’est en tout cas ce que souhaite Olivier Bianchi président de Clermont Auvergne Métropole. Il l’a d’ailleurs annoncé lors du discours qui a accompagné le dévoilement de la « tête de série », le premier véhicule issu de la quarantaine d’exemplaires qui circuleront fin 2025 sur les lignes B et C du projet InspiRe.
Le choix de ce type de véhicule « cross over » qui mixe la performance d’un tramway à la souplesse d’un bus électrique va permettre d’assurer un service performant sans émettre le moindre gramme de carbone, ni utiliser d’énergie nucléaire puisqu’il sera chargé à l’énergie solaire produite dans le nouveau centre de maintenance déjà sorti de terre à la « pointe » de Cournon. Les lignes B et C étant en site propre, elle pourront fonctionner avec une fréquence de passage élevée de 6 à 8 minutes aux heures de pointe et une amplitude horaire large de 5h à 1h, du lundi au dimanche.

Un matériel aux nombreux avantages

Les Tram-Bus sont construits par l’expérimentée société suisse Hess. « La société Hess a toujours construit des véhicules électriques, des trolleybus essentiellement et plus récemment des bus électriques à rechargement par opportunité comme celui dévoilé aujourd’hui » explique Arnaud Tisserrand, responsable commercial de la série Lighttram® choisie par le SMTC. « C’est un grand bus avec 4 portes, il est lumineux, agréable, silencieux pour les voyageurs mais aussi pour les riverains, facile à maintenir cela ne se voit pas beaucoup mais c’est important pour les collaborateurs qui s’en occupent au quotidien. Par exemple, tous les équipements électriques sont situés en toiture d’où la hauteur, qui paraît peut-être un peu importante, mais cela facilite la maintenance »

Intérieur Tram-Bus Hess / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont

La technologie électrique est un engagement à long terme

Ce matériel a déjà fait ses preuve puisqu’il roule à Nancy depuis 2019 et plus récemment à Nantes. Les métropoles en « redemandent » selon les représentants de Hess. « Ce bus est parti pour 20 ans et plus si affinité » reprend Arnaud Tisserrand « Pour une collectivité cette technologie est plus coûteuse qu’une technologie thermique mais c’est un engagement sur le long terme, puisque 20 ans, c’est plusieurs mandats. Mais l’investissement en énergie et en temps, en vaut la peine compte tenu du rendu pour tout le monde ». Il est impossible, aujourd’hui, pour une collectivité locale de ne pas tenir compte de l’aspect développement durable au moment de sélectionner l’équipement. Le matériel acquis pour circuler sur les ligne B et C répond aux critères visés, confirme le responsable commercial. « Le châssis est en acier, la carrosserie est en aluminium, tout est recyclable et au quotidien, on roule à l’électricité. Ce véhicule est un outil de travail, de transport, une fois qu’il a fait sa vie, on le déconstruit, on le démantèle et on le remplace par son successeur ».

La recharge par opportunité, une véritable évolution

Les tram-bus embarqueront toutes les nouvelles technologies comme les caméras pour remplacer les rétroviseurs ou des prises USB pour les voyageurs mais le plus « spectaculaire » est sans doute le système de recharge par opportunité. « L’idée est de conserver le même nombre de bus qu’une ligne diesel, de ne pas en rajouter parce que l’on passe à l’électrique, ni de diminuer le nombre de passagers » explique Wilfried Camus d’Hitachi Energy, spécialiste des mobilités électriques « L’idée est la suivante : vous prenez la table horaire des bus diesel et aux arrêts vous avez généralement 5 minutes. En 5 minutes vous n’êtes pas capable de recharger complètement les batteries, c’est ce qui se passera sur la ligne C qui est la plus longue. Vous ajoutez donc des points intermédiaires, 2 par direction, non pas pour des questions d’autonomie mais juste pour gagner du temps. On peut recharger 30 secondes lors d’un arrêt, et ces 30 secondes seront gagnées à l’arrivée au terminal ». Les électro-sceptiques peuvent être rassurés, les tram-bus sont capables de faire un aller-retour sans recharge et avec la recharge par opportunité ils seraient en capacité de rouler 24h/24h puisque les batteries restent toujours chargées. Le système est même conçu pour ne pas interrompre le service même en cas de défaillance des points intermédiaires.

Un véhicule de 30 tonnes avec la même batterie que celle d’une voiture

Les batteries embarquées dans les bus Hess sont des petites batteries qui se rechargent très vite. « Ici vous avez à peu près 120 kilowatts/heure, c’est la même batterie qu’une voiture Tesla mais avec un véhicule de 30 tonnes. L’idée c’est de mettre de petites batteries sur le toit et dégager la place pour les passagers ». Les petites batteries sont aussi plus facile à recycler et aujourd’hui les entreprises spécialisées sont capables de les recycler à 90%. Autrement dit, la question du Lithium ne sera à terme plus vraiment une question. « Avant de parler recyclage, il faut parler de l’utilisation » reprend Wilfried Camus. » À Genève, on a un bus de la même taille qui fait juste 72 kilowatts/heure, qui roule 50 000 km par an et qui fait une moyenne de 20 passagers, ce qui est très peu mais comme cela à Genève. 20 multiplié par 50 000, multiplié par 10 ans durée de vie de la batterie divisé par 72 kWh. Avec 1 kilowatt/heure, on arrive a transporter 140 000 passagers au kilomètre. On a comparé avec une Tesla en faisant le même calcul, on arrive à 2 500 passagers pour un kilowatt/heure de batterie. Là on voit que le transport en commun a des avantages. Avec cette technologie on a une grande durée de vie de la batterie, on l’imagine jusqu’à 15 ans. Au bout de 15 ans elle sera recyclée. 72 kWh, moins qu’une voiture pour une grande utilisation. C’est là que l’écologie prend tout son sens. »

Le Tram-Bus en chiffres :

18,7 m de long /  2,5m de large / 3,5m de haut.
4 portes pour l’accès passagers
Poids à vide 20T, en charge 30 T
140 passagers / 32 places assises
Moteurs 100% élctrique sur les essieux 2 et 3
Alimentation par deux batteries Lithium Titanate Oxyde de 57 kWh chacune
Système de recharge unique au monde fourni par Hitachy Energy  permettant 45 kWh en 5 minutes, soit 39%

Le Tram-Bus sera exposé et ouvert à la visite,  jusqu’à la fin de l’année place de Jaude, devant l’église des Minimes : le 15 décembre de 7h à 20 / les 18, 19 ,20 ,23 ,26, 27 et 30 décembre de 14h à 20h /  les 21, 22, 28 ,29 décembre de 10h à 20h.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

2 Commentaires

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  • Voici encore une initiative intelligente… Un tram-bus pour rouler sur les lignes B et C qui sont déjà desservies par les bus… Et lorsqu’on est ni à proximité d’une voie de tram, ni desservi par un bus C ou B, mais par un bus qui ne passe que toutes le 1/2 heures et ne va pas en centre ville, on fait comment ? Encore de la politique de communication. Décidemment, on va de déceptionen déception avec Inspire.

  • Spacieux sans doute, confortable pas sûr.
    Ce sont les personnes âgées et celles de petites tailles qui vont être les plus pénalisées. Après la visite effectuée sur la place de Jaude, j’ai pu constater que d’accéder aux places assises n’était pas aussi facile que cela.
    Quant à l’absence de rembourage sur les sièges pour mettre en évidence l’utilisation de matières recyclables, je pense que pour ma part, les trajets se feront systématiquement debout.

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