Artiste designer, Émilie Lemardeley est l’invitée du musée Mandet de Riom pour sa grande exposition temporaire 2026-2027.
Intitulée Lumière sculptée, cette exposition réunit un ensemble inédit de pièces en verre soufflé et en bronze. Deux matières que l’artiste travaille à la manière des artisans d’art, en y insufflant une dimension onirique comme savent si bien le faire les conteurs. Cet alliage est ensuite rehaussé par la lumière, élément immatériel qu’Émilie Lemardeley utilise comme une véritable matière première. Ces pièces ne sont pas conçues comme de simples lampes — ce n’est pas leur fonction —, mais comme des objets vivants animés par la lumière qui en révèle les volumes. Reflets, formes et transparences évoluent au fil du regard, invitant à un voyage aussi singulier qu’intérieur. Lumière sculptée apporte ainsi une dimension poétique au design, dont les fondamentaux restent la forme et la fonction.
Visite immersive
L’exposition a imposé une scénographie particulière. Dans les salles du musée, le parcours est conçu comme une traversée où la lumière s’estompe progressivement. Plus le spectateur avance, plus il s’habitue à évoluer dans la obscurité, où les œuvres d’Émilie Lemardeley se révèlent telles des figures flottantes, animées par des « forces invisibles » transmises par le geste de l’artiste. La visite se transforme alors en expérience immersive, aux antipodes des expositions classiques d’objets exposés sur des socles ou sous les projecteurs de vitrines.
L’étonnant parcours d’Émilie Lemardeley
Émilie Lemardeley possède un parcours éclectique et riche. Elle débute par les lettres classiques, poursuit par l’École du Louvre, bifurque vers Sciences Po Aix-en-Provence et conclut son cursus à l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art (Olivier de Serres, Paris). Elle aborde ainsi le design nourrie d’une sensibilité façonnée par l’histoire de l’art, la littérature et le travail de la matière. Très tôt, elle se tourne vers le verre soufflé et le bronze, « trouvant dans ces matériaux une tension féconde entre fragilité et permanence ».
Depuis près de dix ans, l’artiste collabore étroitement avec des artisans verriers et avec la fonderie puydômoise Fusions, dont « elle connaît les gestes, les contraintes et la poésie ». Ce compagnonnage lui permet d’épouser l’évolution de la matière et les aléas de sa transformation.
Dans ses créations, Émilie Lemardeley convoque autant de références à la mythologie qu’à de grands créateurs comme Antoni Gaudí ou Émile Gallé.
Lumière sculptée, Émilie Lemardeley — Musée Mandet (rue de l’Hôtel-de-Ville, Riom), jusqu’au 3 janvier 2027. Gratuit tous les 1ers week-ends du mois.
Programmation culturelle et visites guidées à retrouver sur le site RLV













Commenter