Centre France, éditeur de La Montagne, vient d’annoncer une « cure d’austérité » assez brutale lors d’un comité social et économique extraordinaire. Francis Gaunand, arrivé en novembre 2025 dans le groupe de presse et promu directeur général mi-décembre, a officialisé un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) d’envergure. Au total, 152 postes vont être supprimés à l’échelle du groupe, dont le rayonnement s’étend sur 14 départements et quatre régions via ses huit quotidiens et huit hebdomadaires.
Sont prévus 122 départs effectifs et 30 non-remplacements. Le titre phare, La Montagne, se retrouve en première ligne, puisque 65 salariés sont concernés, dont 22 journalistes sur les 165 que compte la rédaction.
L’annonce intervient dans un contexte tendu. Le groupe a perdu plusieurs millions d’euros en 2025 alors que les ventes du journal papier baissent régulièrement et que l’endettement a progressé avec la construction d’un bâtiment à Cébazat pour abriter l’imprimerie. Ce nouveau PSE est annoncé pendant qu’un précédent plan de départs volontaires, lancé en 2024, est en cours de finalisation.
Le seuil d’alerte atteint pour Centre France, selon le personnel
Pour les représentants du personnel, le seuil d’alerte vient d’être franchi. L’intersyndicale (SNJ, SNJ-CGT, FO) ne cache pas son désarroi face à cette réduction drastique de la masse salariale qui impacte particulièrement la corporation des journalistes. Élue au SNJ, Laurence Couperier s’inquiète de la manière dont le groupe va pouvoir mener sa mission de couverture de l’actualité locale avec des effectifs dégradés, d’autant que la direction affirme vouloir renforcer la couverture de proximité, ce qui nécessite des journalistes sur le terrain.
Au-delà de l’aspect économique et de la « casse sociale », cette annonce pose naturellement la question d’une presse de proximité fragilisée alors que son rôle reste crucial pour la démocratie. Centre France n’est hélas pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, l’ensemble de la presse écrite papier est à la peine avec un format qui a vieilli et une population toujours plus tournée vers les usages numériques qui, eux, n’ont pas favorisé l’émergence d’un modèle économique.







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