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Fouilles à Gergovie / Photo INRAP
Photo INRAP
Histoire

Plateau de Gergovie : fin de 4 campagnes de fouilles sur le “quartier des artisans”

Sur le plateau de Gergovie, L'INRAP et la MSH Clermont, viennent de clôturer un programme de 4 campagnes de fouilles archéologiques. le travail des archéologues a permis de mieux comprendre l'organisation du "quartier des artisan" mais aussi l'évolution du site qui n'était pas uniquement une fortification militaire.

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L'Essentiel

L'INRAP et la MSH Clermont ont terminé quatre campagnes de fouilles sur le plateau de Gergovie, révélant non seulement l'organisation du "quartier des artisans", mais aussi l'évolution d'un site qui allait au-delà d'une simple fortification militaire.

Les fouilles ont mis en évidence un espace rural gaulois bien développé et des vestiges d'une population privilégiée, avec des objets de consommation importés et des structures bien conservées datant de 70 avant J.-C. à la fin du règne d'Auguste.

Malgré ces avancées, seulement 1% des 70 hectares du plateau a été fouillé depuis le XIXe siècle, laissant entrevoir de nombreuses découvertes à venir grâce aux techniques archéologiques modernes.

Site historique majeur révélé par l’archéologie, Gergovie, terre natale de Vercingétorix, était une véritable forteresse au printemps de l’an -52. Les légions de César s’y sont d’ailleurs cassé les dents. La bataille de Gergovie est l’une des rares défaites subies par l’armée romaine en huit ans de conflit, du moins si l’on en croit le récit de César lui-même dans La Guerre des Gaules.
Depuis longtemps, d
es recherches archéologiques ont été menées permettant d’identifier les vestiges du siège avec la mise au jour des ouvrages militaires romains. Mais les fouilles ont aussi  révélé un espace rural gaulois exploité par un réseau d’établissements ruraux dense. Le territoire était alors dominé par trois grandes agglomérations Gergovie, Gondole et Corent, qui jouaient des rôles majeurs sur le plan de l’économie et de la politique.

Le « Quartier des artisans » : un témoignage de l’évolution des pratiques archéologiques

La localisation du site de Gergovie a été établie dès le XVIe siècle, mais l’exploration archéologique n’à débuté qu’à partir du XVIIIe siècle. En 1861, un « Quartier des artisans » a été identifié lors de fouilles menées parallèlement à celles réalisées à la demande de Napoléon III sur les ouvrages militaires romains situés en contrebas. Par la suite, dans les années 1930, ce site a fait l’objet, de recherches dans un contexte de remise en question de la localisation de Gergovie. Ces travaux ont ensuite été poursuivis durant le conflit 39/45 par la fameuse équipe des Gergoviotes, puis de nouveau, au début du XXIe siècle avec des techniques modernisées. Des études sur ces fouilles anciennes ont été menées en 2022 et 2023 dans le cadre d’un programme de recherche de l’INRAP et de la Maison des Sciences Hommaines de Clermont. Elles ont permis de comprendre la méthodologie et de retrouver les vestiges anciens
dans leur état de « fin de fouille ». De nombreux documents de travail, dont certains inédits, dispersés dans une quinzaine de fonds à travers l’Europe ont également été étudiés.
Les campagnes de 2024 et 2025 consacrées à l’étude des vestiges anciens, ont confirmé le potentiel du secteur de ce quartier de Gergovie. La dernière vient de prendre fin, mettant un terme à 4 ans de recherches.

Lieu de vie d’une population privilégiés

Le « Quartier des artisans » est situé au niveau du principal point d’accès de l’oppidum, en bordure sud du plateau de Gergovie, Il a été occupé à la fin la période gauloise et du début de la période romaine, entre 70 avant JC et la fin du règne de l’empereur Auguste. Les récents travaux archéologiques ont montré que les vestiges sont dans un très bon état de conservation avec des élévations en maçonnerie préservées. Des parties d’édifices en bois doivent leur conservation à des incendies.
Les fouilles ont révélés un abondant mobilier domestique témoignant de la présence d’une population privilégiée qui consommait du vin et de l’huile importés d’Italie, mais qui possédait aussi de la vaisselle, des instruments d’écriture et des pièces de jeu… Toutes ces vestiges ont été étalés lors de reconstructions fréquentes de bâtiments et de travaux de génie civil.

Seulement 1% des 70 hectares du plateau de Gergovie a fait l’objet de fouilles depuis le XIXe siècle

Parmi ces constructions monumentales récemment étudiées à Gergovie, on note la muraille qui assurait la protection de l’oppidum au moment de la guerre des Gaules. Cette fortification, n’était jusqu’alors pas connue dans le secteur. L’ouvrage en pierres sèches, est conservé sur plus d’un mètre de haut. Au changement d’ère, il a été volontairement détruit pour être remplacé par une vaste construction dite « à la romaine ». Cette muraille laisse imaginer que le rempart a été transformé pour créer un chemin d’accès à l’oppidum dotée d’une porte qui reste encore à découvrir.
Les spécialistes de l’INRAP rappellent que seulement 1% des 70 hectares du plateau de Gergovie a fait l’objet de fouilles depuis le milieu du XIXe siècle ; autrement dit, il reste encore de nombreuses découvertes à faire sur le plateau, lors de futurs chantiers qui bénéficieront de techniques toujours plus performantes.

Fouilles sur le plateau de Gergovie / Photo INRAP
Photo INRAP

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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