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CRESUS: les copains d’abord

En se lançant sur la grand mare ils savaient bien qu’ils ne navigueraient pas toujours en pères peinards. Faire du vin n’est pas un long fleuve tranquille. Depuis dix ans, les aventuriers de CRESUS n’ont pas manqué d’essuyer les morsures du gel, les assauts de la grêle, les brûlures de la canicule et la sécheresse. Mais les Arvernes et leurs copains de Bordeaux et d’ailleurs savent mettre la main à la pâte pour traverser les tempêtes…fluctuat nec mergitur ! 

« Le nez est fleuri…beaucoup de fruité en bouche…il s’accordera aussi bien avec une volaille fermière d’Auvergne qu’une viande rouge…facile à boire…un vin de convivialité ! » Echange de vues au sommet entre Stéphane Ranieri et Fabien Allezard. Du haut de leur perchoir, qui domine la pelouse du stade Michelin, le chef et le sommelier de L’En-But s’accordent sur les qualités d’un 100% Merlot millésime 2016. Voilà plusieurs années que la carte du restaurant clermontois affiche fidélité à ce Bordeaux très auvergnat. 

Une gabare nommée CRESUS  

Dégustation.

L’histoire est née il y a dix ans du côté du Médoc. Pas le Médoc des Margaux, Saint-Julien ou Pauillac, blotti contre l’estuaire de la Gironde mais celui des pins du Médoc sylvestre, adossé à la Côte d’argent.

Au temps des vacances, entre deux trempettes dans l’Atlantique, des passionnés venus d’Auvergne et d’un peu ailleurs, réunis autour de quelques bouteilles et d’un copain homme de l’art, se prirent à rêver de faire du vin, leur vin. L’homme de l’art avait pour nom Patrick Moulinet, tout juste retraité après avoir dirigé un Grand Cru de Saint-Emilion.

Tous en chœur : « Patrick, tu vas t’ennuyer loin des vignes…trouve nous donc quelque chose, ça t’occupera et on essaiera de se faire plaisir à défaut de faire de l’argent ! ». Larguez les amarres !

Automne à CRESUS.

Le temps de dénicher les arpents de vigne nécessaires, de monter une structure en forme de SAS, de réunir une vingtaine de matelots et voilà bientôt le capitaine Patrick et son équipage qui débarquent à Sainte-Terre découvrir le fruit de leur imagination. Sainte-Terre ! Quel beau nom pour ce village calé entre la plaine de Saint-Emilion et les eaux de cette Dordogne qui, comme une bonne demi-douzaine des fondateurs de Crésus, descend tout droit de l’Auvergne. A l’image des gabares d’antan. 

Le Merlot figure de proue

Un peu partout dans la région, Merlot et Cabernet se partagent le territoire viticole. Mais jugeant « pas suffisamment belles » les parcelles de Cabernet, le vigneron Patrick propose et décide « qu’il faut les virer !»   

Un Merlot prometteur.

Sur ce terroir alluvial gravelo-sableux de 5,5 hectares, place exclusive est donc faite au Merlot, cépage précoce aux arômes de fruits rouges, plus doux que son cousin Cabernet, donnant un vin souple… qui doit plaire aussi aux dames.

Entre la rénovation d’un chai délabré daté de 1728, les investissements en matériels, les plantations de Merlot en lieu et place du Cabernet et la restructuration d’une partie du domaine, les besoins en capitaux appellent à embarquer de nouveaux ‘’copains de copains’’. Ils viennent conforter le fort noyau clermontois de l’équipage pour tenir la barre de l’entreprise.

Dés le début de l’aventure CRESUS, la convivialité était de mise. Elle était l’essence même du projet et entend bien le rester. Chaque année, l’assemblée générale du printemps et le rendez-vous des vendanges sont prétextes à retrouvailles pour déguster les nouveaux millésimes autour des côtes de bœuf et de l’incontournable Saint-Nectaire à l’ombre des grands arbres de la propriété. Girondins et Montagnards ne font qu’un.

Sur le terrain et au chai, un Girondin a pris le relais d’un autre. Depuis fin 2015 c’est Pierre Bettes qui mène à bien la conduite de la vigne et le travail de vinification pour une production moyenne de 30 000 bouteilles et magnums dont 90% en rouge et 10% en rosé.

Déjà converti au bio sur son exploitation personnelle, le vigneron oriente alors CRESUS vers une démarche éco-responsable via une pratique respectueuse de l’environnement et du consommateur : Le Glyphosate et les CMR (1) sont donc interdits de séjour ! 

Dans le chai.

L’amitié prend toujours le quart

Pour que dure le plaisir des copains, il faut assurer, quand-même, un peu de commerce. Faire du vin c’est bien, le vendre c’est encore mieux ! Chacun des associés use donc de ses relations et connaissances amicales afin de faire connaitre et diffuser CRESUS.

Si les exportations vers l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse, la Côte d’Ivoire, Singapour, le Mexique ou la Polynésie sont le reflet du panel cosmopolite des associés, l’essentiel du « bisness » est réalisé dans l’hexagone…en Auvergne en particulier.

La région clermontoise, où plusieurs cavistes et restaurateurs proposent le Merlot de Sainte-Terre, assure pratiquement à elle seule la moitié des ventes annuelles grâce au dynamisme de ses ‘’Crésuciens’’. Ils se font un plaisir d’entretenir le contact direct avec la clientèle et de faire partager leur passion sur quelques salons et marchés (2), notamment à Vinidôme où CRESUS sera présent pour la 7ème fois début 2020 (3)

CRESUS, subtilement boisé.

Pierre le vigneron n’hésitera pas à prendre la Dordogne à contre-courant pour venir à la rencontre des montagnards et trinquer avec François Groslière, artiste clermontois du pinceau devenu l’illustrateur attitré et gourmand de ce CRESUS à l’accent décidément très Auvergnat. 

Ah, au fait, pourquoi CRESUS ? Réponse convenue : « Eh bien…il y avait déjà PETRUS et l’ANGELUS, alors on s’est dit qu’avec CRESUS cela ferait sûrement une belle triplette ! Riche idée non ? »

 

  • (1)  CMR : Substances Cancérogènes, Mutagènes et toxiques pour la Reproduction
  • (2) Marché de Noël à Orcines les 7 et 8 décembre prochains
  • (3) Vinidôme 2020 du 31 janvier au 3 février, Grande Halle.

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

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