La 3e édition du festival Animade in France a pris fin sur une très belle rencontre avec Patrick Sobral, auteur des Légendaires et Guillaume Ivernel, le cinéaste qui a porté cette série sur grand écran.
Après la dernière séance, Eloïse Garrido, Sébastien Colasse, Philippe Scherding, 3 des 4 membres de l’équipe d’organisation du festival, ont tiré un premier bilan de cette édition dont 7 Jours à Clermont était partenaire.
Avoir la satisfaction du public et des invités, c’est total pour nous
Quelles sont vos premières impressions sur cette 3e édition d’Animade in France ?
S. C : Je crois qu’on a de la chance d’avoir toujours de chouettes invités, très bavards, très disponibles, avec plein d’anecdotes à raconter et qui sont ravis de venir rencontrer le public. Certains veulent déjà revenir et ça, c’est une récompense pour nous, organisateurs, qui avons à cœur que tout se passe bien pour les invités.
Le public était au rendez-vous de cette 3e édition d’Animade in France ?
S. C : Le public a été au rendez-vous cette année, moins que l’an passé car nous avions Michel Ocelot (ndlr : Michel Ocelot est le réalisateur du film Kirikou), mais on reste sur une troisième édition avec un public fidèle et de bons retours à chaque fois. Donc pour cette troisième édition, avoir la satisfaction du public et des invités, c’est total pour nous.
Ce public semble être pointu et très connaisseur du genre
E. G : Effectivement, il y a un terreau clermontois qui est dû aussi au fait que l’on a l’école de cinéma d’animation à Cournon-d’Auvergne, le DN MADE. Donc on a pas mal d’étudiants qui viennent au festival, mais aussi des gens avec qui on a pu discuter, qui travaillent dans l’animation et qui viennent spécialement au festival pour pouvoir participer aux rencontres. Sur les réseaux sociaux, on a repéré énormément de gens qui ne sont pas à Clermont mais qui suivent notre actu. On sent qu’ils aimeraient pouvoir venir. En tout cas, on note un vrai intérêt des étudiants et des connaisseurs du cinéma d’animation.
Vous travaillez aussi sur la Clermont Geek Convention. Y a-t-il des ponts entre les deux manifestations ?
E. G : Oui, je pense. Sur certaines séances comme celle consacrée au Studio Bobbypills ou celle sur la soirée Les Légendaires, on est sur des univers très différents mais très liés à la pop culture. Bobbypills fait énormément de références à des séries des années 80/90, alors que la BD culte Les Légendaires a bercé les enfants des années 90/2000 qui sont avides de pop culture. On le voit aussi avec les auteurs qui ont énormément de références comme Récré A2 et le Club Dorothée. Ces références parlent au public de la Clermont Geek Convention et le lien se fait facilement.
Un public mixte, qui s’intéresse à tout
Vous ne pouvez pas compter que sur les fans de ce genre. Vous arrivez à conquérir un public plus large au bout de 3 éditions ?
E. G : Je pense que l’on a un public mixte, qui s’intéresse à tout. L’animation n’est pas forcément son domaine de prédilection, mais nous n’avons pas de festivaliers enfermés dans un type particulier. Durant le festival, on a pu voir de la 2D, de la 3D, de la stop motion et certains sont venus à toutes les séances tout simplement parce qu’ils sont curieux, curieux de découvrir. On a plein de gens qui ne connaissaient pas, par exemple, les films de Jacques-Rémy Girerd mais qui s’y sont intéressés.
P. S : Ce que l’on peut rajouter, c’est que l’animation reste, malheureusement encore pour beaucoup, un univers de niche, surtout quand il s’agit d’animation un peu pointue, un peu complexe ou parfois un peu technique. Pour arriver à capter un public plus large, on a besoin parfois de locomotives comme Michel Ocelot ou, cette année, Jacques-Rémy Girerd dont le film La Prophétie des grenouilles a eu un retentissement extraordinaire.
Michel Ocelot, Jacques-Rémy Girerd… n’allez-vous pas épuiser rapidement la liste des invités potentiels ?
S. C : Il y a toute une nouvelle génération qui arrive, mais c’est vrai que la génération précédente de réalisateurs français ne se déplace plus forcément en festival ou en salon. Ça, on le sait depuis la première édition. Jean-François Laguionie a déjà décliné gentiment car il est trop âgé et trop loin. On avait aussi contacté Philippe Caza pour rendre hommage à René Laloux car il avait participé au film Gandahar… mais il nous poussait des noms à chaque fois. Lorsque tout se passe bien avec les invités que l’on a chaque année, ils veulent revenir, mais ils nous parlent aussi de leur cercle professionnel. Donc cela ouvre d’autres voies que l’on n’aurait pas imaginées il y a deux ans. Tout est possible et à nous d’être imaginatifs. On peut rebondir assez facilement, il y a de quoi faire.
Sur quoi pouvez-vous compter pour les prochaines éditions ?
P. S : Le festival, à mon avis, aura la possibilité de grandir avec les prochains succès qui vont venir. On entend, par exemple, parler d’Arco et Amélie et la Métaphysique des tubes de Maïlys Vallade, nommés aux Oscars. On peut imaginer que cela aide pour un retentissement plus important, imposant une bonne fois pour toutes l’idée que l’animation, et en particulier l’animation française, est une animation de qualité, tous publics, qui peut plaire à tout le monde. C’est un peu notre objectif au festival.

On réfléchit également sur des éditions thématiques
Animade in France va rester un festival de cinéma ?
P. S : Pour l’instant, on a beaucoup exploré la piste du cinéma parce que c’est la piste royale, mais l’animation française, cela peut être des séries TV, de la diffusion internet… Il y a beaucoup d’autres créations dans des cercles un peu différents, moins connus du grand public, mais qui peuvent aussi interagir pour toucher un public captif d’une autre manière, pas seulement au cinéma. On réfléchit également à des éditions thématiques car il y a beaucoup de liens qui peuvent se créer, par exemple avec France-Japon ou la BD.
E. G : On a eu des réalisateurs, mais on a aussi envie de pousser plein d’autres métiers liés à l’animation. Cela donne des idées. Cette année, pendant le festival, on a parlé de la musique, du doublage…
Est-ce que le festival Animade in France commence à faire autorité auprès du public mais aussi des professionnels ?
S. C : C’est l’avenir qui nous le dira… mais on est une belle équipe, on est des passionnés, on ne manque pas de temps et d’imagination.
E. G : J’ai envie de revenir sur le fait que l’on est suivis par beaucoup de gens qui travaillent dans ce milieu et ça, c’est une reconnaissance. Nos réseaux sociaux sont encore peu développés, mais ils sont suivis par beaucoup de gens du milieu qui nous connaissent et s’intéressent à ce que l’on fait. Jusqu’à présent, nous avons contacté nos invités, mais peut-être que des gens du milieu vont venir vers nous pour d’autres éditions.














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