L'Essentiel
Les élus dénoncent un abandon des territoires et un mépris de l'État, qui prône la décentralisation tout en prenant des décisions sans concertation.
La pétition demande la réactivation d'une ligne Intercités historique, fermée pour non rentabilité, afin de promouvoir une politique d'aménagement du territoire plus équitable et concertée.
L’annonce par la SNCF d’une nouvelle liaison TGV low-cost reliant Lyon à Bordeaux en passant par le sud de Paris a beaucoup fait réagir, en particulier les élus qui vivent assez mal cet abandon « de la terre du milieu ».
La stratégie de la SNCF est finalement assez simple. Elle consiste à faire rouler des TGV reconditionnés et rebadgés Ouigo sur des lignes existantes pour minimiser les coûts d’exploitation et tirer les prix des billets vers le bas. L’allongement de la distance ne semble pas déranger les clients, car avec la grande vitesse, le temps de trajet reste dans la limite du raisonnable et la solution permet de proposer des trajets à petit prix. Sur les territoires contournés, l’avis n’est en revanche, pas le même.
Pour les élus et plus généralement ceux que l’on nomme les décideurs, cette solution n’est pas admissible. Elle témoigne d’un mépris pour reprendre le terme employé par Olivier Bianchi, président de la métropole et illustre le double langage d’un État qui d’un côté parle décentralisation et de l’autre, laisse les décisions de ce type se prendre à Paris sans concertation.
Reprendre le tracé historique
Il n’est pas question de réclamer la construction d’un TGV Est-Ouest mais tout simplement de remettre en fonction une ligne Intercités dite d’équilibre du territoire, fermée il y a 10 ans pour cause de non rentabilité. Cela nécessite que l’État, qui a la compétence sur ce type de liaison, lance un programme d’entretien et de modernisation pour que la ligne abandonnée soit de nouveau opérationnelle.
Une pétition vient d’être créée afin de défendre une liaison entre Lyon et Bordeaux qui passe par le nord Massif central, sur un tracé historique qui remonte au XIXe siècle. Derrière cette demande ferroviaire, il est également question d’une politique d’aménagement du territoire cohérente, fondée sur l’équité entre les régions et construite en concertation avec les élus, les acteurs économiques et les habitants concernés.
Lancée le 28 novembre dernier, cette pétition a déjà recueilli plus de 13 600 signatures parmi lesquelles celles de Valérie Simonet, présidente du Département de la Creuse, Claude Riboulet, Président du Département de l’Allier, Frédéric Aguilera, Maire de Vichy et Vice-président de la région Auvergne-Rhone-Alpes en charge des transports, Marie-Françoise Fournier, Maire de Guéret, Frédéric Laporte, Maire de Montluçon, Véronique Pouzadoux, Maire de Gannat, Elisabeth Cuisset, Maire de St Germain des Fossés…
La pétition Promouvoir une liaison ferroviaire Bordeaux-Lyon via le Massif central a été mis en ligne sur le site www.change.org












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