La SNCF a annoncé son intention d’ouvrir une liaison TGV Ouigo lowcoast entre Lyon et Bordeaux en 2027. Belle affaire pour les Lyonnais et pour les Bordelais, mais pour les Clermontois l’histoire est tout autre. Cette ligne doit, en effet, passer par Massy au sud de Paris et redescendre vers Bordeaux en passant par Tour. Décidément à la SNCF, on maîtrise parfaitement le Nord-Sud mais pas l’Est-Ouest…
Cette annonce n’a pas manqué de faire réagir la classe politique régionale à commencer par Frédéric Aguilera, maire de Vichy mais aussi élu en charge des mobilités au sein de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Je ne comprends pas cette obsession de contourner le Massif central. Il faut au contraire rouvrir la liaison Lyon – Bordeaux via Montluçon. Nous portons cette demande depuis des mois auprès de l’État dans le cadre des trains d’équilibre du territoire. Le centre de la France doit retrouver sa place sur la carte ferroviaire » a-t-il publié sur le réseau social X.
À son tour, Olivier Bianchi, président de Clermont Auvergne Métropole à commenté cette annonce dans un communiqué officiel. « Comme beaucoup d’Auvergnats, je vis cette annonce comme un mépris de notre région et de ses habitants. Une fois encore, une occasion de mieux desservir le Massif central est évitée. Ce déclassement n’est plus tolérable (…) Nous ne pouvons plus accepter une étoile ferroviaire uniquement tournée vers Paris. Il faut construire le maillage que les Français attendent, en témoigne le succès de la seule liaison ferroviaire de l’Est à l’Ouest Nantes-Lyon dont la fréquentation ne cesse d’augmenter ».
Le TET Lyon-Bordeaux supprimé en 2014, malgré le fort potentiel
Dans ce même communiqué, Olivier Bianchi évoque un potentiel de 5 millions d’habitant en cumulant les aires urbaines de Bordeaux, Limoges, Clermont, Saint-Étienne et Lyon de quoi justifier des dessertes ferroviaires type TET, Trains d’Équilibre du Territoire. Pourtant en 2014, la liaison Intercités Lyon-Bordeaux a été supprimée, privant de fait les Auvergnats de toute possibilité de relier directement Bordeaux, Limoges ou Saint-Étienne.
Inutile de rêver d’un TGV Lyon-Clermont-Bordeaux, cela n’aurait aucun sens sur le plan économique et encore moins écologique, mais faire circuler des trains « normaux » utilisant des lignes existantes, construites depuis longtemps, mais abandonnées par la SNCF, aurait plus de sens. Le président de la métropole demande à ce que « l’État joue à nouveau son rôle planificateur », rappelant que le train est bénéfique à l’attraction des territoires et au climat.
Les élus régionaux seront-ils entendus sur cette question ? rien n’est moins sur. Au regard de la difficulté à obtenir une liaison digne de ce nom entre Clermont et Paris, on imagine l’énergie à déployer pour obtenir une ligne transversale qui aujourd’hui ressemble à véritable un chemin de croix. Tous les contributeurs qui ont cru dans le projet Railcoop peuvent en témoigner…















Commenter