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Gwen Rouger dans sa caravane - Photo Eléa Boënnec
Gwen Rouger dans sa caravane - Photo Eléa Boënnec
Culture

Un concert en tête à tête avec la pianiste Gwen Rouger

Jusqu’à samedi soir, dans le cadre du festival Musiques Démesurées, la pianiste Gwen Rouger invite, un à un, les Clermontois à s’asseoir à ses côtés pour partager un moment d’échange musical dans l’intimité de sa caravane.

Eléa Boënnec : D’où vous est venue cette idée de concert dans une caravane ?
Gwen Rouger : La caravane fait partie de mon enfance. L’idée m’est venue naturellement, je voulais faire quelque chose dans l’espace public, tout en symbolisant l’intimité. La pièce que je joue repose véritablement sur l’intimité du piano et du son. Il fallait que je trouve un endroit mobile, qui puisse aussi être un véritable lieu de vie.

E.B : Vous vous déplacez partout en France ?
G.R : Oui, même en Europe ! C’est une caravane des années 70, pliable et facilement remorquable. Je mets mon piano dans ma voiture, j’attache la caravane derrière, et je voyage comme ça.

Gwen Rouger : « Ce concert, c’est avant tout une expérience humaine »

E.B : Quel est l’avantage, selon vous, de ne recevoir qu’une seule personne à la fois ?
G.R : C’est une façon d’inviter le spectateur à s’engager pleinement dans la performance. La personne est à côté de moi, dans une expérience totalement immersive. On pourrait presque dire qu’il n’y a pas de « spectateur » au sens classique : personne n’observe, tout le monde participe. Dès qu’il y a plus d’une personne, des complicités peuvent se former au détriment de l’autre. Ici, comme on est à deux, il n’y a pas de groupe. Cela permet de bouleverser la norme et de dépasser la vision traditionnelle du spectateur face à l’artiste. On est vraiment dans une relation humaine, dans un échange où chacun a son importance : personne ne donne tout pendant que l’autre ne fait que recevoir. Ce concept interroge nos habitudes, que ce soit celles de l’artiste ou du spectateur.

L’art pour tous

E.B : Pensez-vous que, de nos jours, les artistes n’accordent plus assez d’attention à leur public ?
G.R : Au contraire, je pense qu’ils en accordent plus maintenant qu’avant, mais cela peut varier selon les genres musicaux. Par exemple, la musique de création demande beaucoup de recherches et a fini par se détacher de la vraie vie, des gens et des questions de société. Ces œuvres sont devenues presque inaccessibles, et plus personne ne veut assister aux spectacles parce qu’ils pensent que ce n’est pas pour eux. Pourtant, l’art a toujours été là pour les gens. Le cantonner à des lieux clos, très codifiés et réservés à une élite, c’est, à mes yeux, la tristesse absolue.

E.B : Votre volonté est-elle de réhabiliter cet art ?
G.R : Oui, mais cela ne signifie pas qu’il doit être dénaturé ou vulgarisé. On peut créer des œuvres très travaillées et approfondies tout en y insufflant de l’émotion, de l’humain et du partage, pour que tout le monde puisse y accéder. Les personnes qui viennent m’écouter ne sont pas forcément celles qui vont habituellement aux concerts. Mon objectif est de toucher un public qui n’est pas familier avec ce type de représentation.

Un projet qui a du succès

E.B: Souhaitez-vous développer le projet ?
G.R : J’ai commencé ce projet en 2017. Depuis, j’ai déjà réalisé une tournée et j’en fais actuellement une nouvelle. Donc oui, je le développe. En parallèle, je propose d’autres formes de performances, pas dans une caravane, mais dans d’autres lieux mobiles, tout en conservant toujours cet esprit intimiste d’une personne à la fois.

E.B: Avez-vous de bons retours ?
G.R : Oui, absolument. Les gens sont avant tout curieux, et ça se passe bien parce qu’ils viennent pour découvrir quelque chose de nouveau, avec un véritable esprit d’aventure. Je reçois des emails, des messages et, parfois, même de petits cadeaux. C’est vraiment génial de pouvoir établir ce rapport privilégié avec chaque personne.

Jusqu’au 4 mai,Caravane, Festival Musique Démesurées. Place de la Bourse, Clermont. Payant, réserver par téléphone au 06 17 35 80 82 (de 9h à 18h) ou mail via info@musdem.fr.
Vendredi 3 mai : concerts toutes les demi-heures jusqu’à 22h
Samedi 4 mai : concerts toutes les demi-heures entre 10h et 19h.

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À propos de l'auteur

Elea Boennec

Née en Alsace, Eléa Boënnec a vécu la majeure partie de sa vie en Auvergne. Étudiante en information et communication à l’UCA, elle se destine depuis sa plus tendre enfance au journalisme. Passionnée par ce milieu, elle souhaite poursuivre son cursus universitaire au sein d’une école de journalisme.

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