Peter Blier apparaît deux fois, ce mois-ci, dans l’agenda de la librairie Les Volcans. Il sera présent pour deux rendez-vous qui, malgré les apparences, possèdent une trame commune. Cette trame, c’est l’âme de Ghylaine de Femenias, plus connue par de nombreux Clermontois sous son nom d’artiste : Yoko. Les routes de Peter et Ghylaine se sont croisées à un moment clé de leurs existences, un instant intense mais trop bref, interrompu par ce qu’Hippocrate comparait jadis à un crabe.
Guidé par sa chamane
Ghylaine de Femenias était artiste, mais elle était aussi chamane. C’est elle qui a guidé Peter Blier vers l’épanouissement alors qu’il tâtonnait encore en musique, inspiré par quelques incontournables comme le Hallelujah de Leonard Cohen. Formé à la très codifiée musique classique, il a fini par prendre de l’assurance et se lancer dans la composition pour créer un univers propre, où des mots comme sensoriel, émotionnel ou sensibilité prennent tout leur sens. Peter Blier est longtemps resté discret sur ses créations, réservant à ses intimes la joie de les découvrir lors de showcases quasi privés.
Il sort enfin aujourd’hui de sa réserve en publiant L’amour sur le toit du monde, un EP de 5 titres qui célèbre l’amour, celui que l’on devrait placer au-dessus de tout, tout le temps. Ces 25 minutes de musique sont aussi féministes car, selon l’artiste, seule la sensibilité féminine sera en capacité de sauver le monde. Peter Blier a choisi de chanter le plus souvent en anglais, cette langue étrangère qui agit comme un paravent protecteur, un filtre à émotions. Pourtant, sur les cinq chansons de l’EP, le titre éponyme est interprété en français. Chanter l’amour dans sa langue natale a tout de même « plus de gueule » ; c’est même un « acte politique ». C’est aussi une manière de faire tomber le masque et de se livrer davantage, un geste que la chamane Ghylaine aurait forcément apprécié.
Gardien de l’héritage
Peter Blier n’a peut-être pas guidé Ghylaine au sens propre du terme, mais il l’a accompagnée dans ce moment terrible où l’être humain ne se suffit plus à lui-même, où il a besoin de béquilles pour se diriger vers l’inéluctable. Elle a tenu à transmettre son expérience en laissant des écrits ; lui s’est senti moralement responsable de cet héritage numérique qui ne demandait qu’à reprendre du souffle. Ce récit intime est devenu un livre au nom évocateur : On devrait mourir plus souvent. Elle n’est plus là pour en parler, mais qu’importe : désormais, il s’en charge.
Peter Blier en show case intimiste autour de l’EP L’amour sur le toit du monde : samedi 11 avril à 11h00
Peter Blier en conversation autour du livre On devrait mourir plus souvent le mercredi 22 avril de 15h00 à 18h00
Librairie Les Volcans, boulevard Mitterrand à Clermont. Entrée libre et gratuite.














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