Dans le monde politique, on aime bien les rendez-vous symboliques et celui des 100 jours en est un. Trois mois après avoir battu Olivier Bianchi, Julien Bony et sa garde rapprochée ont réuni la presse à la mairie de Clermont pour évoquer un premier trimestre ponctué de quelques décisions fortes et indispensables pour honorer les engagements électoraux. Sur la forme, le discours a assez peu évolué, le maire utilisant encore le vocabulaire de campagne, évoquant le pragmatisme et le bon sens face au dogmatisme. Sur le fond, ces 100 jours ont manifestement été bien remplis avec un certain nombre d’actions, certaines très visibles, d’autres moins spectaculaires et annoncées comme étant basées sur le dialogue.
Priorité à la sécurité
Ce premier bilan porte évidemment et prioritairement sur la sécurité. La première grande mesure a été de rallumer l’éclairage public nocturne, puis d’annoncer un « bouclier de sécurité » avec un coup de main de la Région. 1,5 million d’euros, promis par le « conseiller spécial » Wauquiez, permettront d’armer la police municipale dès 2027, d’embaucher des policiers supplémentaires (16 recrutements en 2026 puis un rythme annuel de 20), de développer le parc de caméras de vidéoprotection, de faire fonctionner le Centre de Supervision Urbaine 24h/24 et de lancer le projet d’un nouvel Hôtel de Police. Parallèlement, différents arrêtés municipaux forts ont été pris.
Sans surprise, les premiers ajustements sur le dossier InspiRe ont débuté sur 3 axes en attendant la rue de l’Oradou et l’accès au parking Vercingétorix. Pour dynamiser le commerce de centre-ville, les automobilistes disposent désormais de 30 minutes gratuites de stationnement.
Ces 100 premiers jours ont également montré une nouvelle municipalité sensible à l’inclusion. L’écriture inclusive qui ne facilite pas la lecture a disparu des documents municipaux, Mon été à Clermont s’est enrichi de plusieurs rendez-vous, et un accès équitable aux équipements sportifs a été décidé.
Rigueur, exemplarité et Chambre Régionale des Comptes
Julien Bony souhaite être le maire de la maîtrise des dépenses. Il a déjà amorcé la réduction du train de vie de la mairie en renonçant, pour l’exemplarité, à sa voiture avec chauffeur. Il annonce aussi un plan de maîtrise des dépenses qui devrait déboucher sur 500 000 euros d’économies sur le mandat, soit 70 000 euros annuels pour un mandat de 7 ans, une somme qui peut paraître symbolique au regard du budget primitif de la ville, proche de 250 millions. En revanche, l’édile a décidé de saisir la Chambre Régionale des Comptes pour obtenir un contrôle objectif et indépendant de la gestion de la municipalité précédente et ainsi obtenir une « photographie précise ». Julien Bony se dit inquiet vis-à-vis d’une succession de rapports dont le dernier concerne spécifiquement la gestion de l’association Clermont-Ferrand Massif central 2028. Il se dit en alerte sur l’état des finances municipales et évoque des « caisses laissées vides ».
Canicule et découvertes
Le dernier épisode de canicule a mis en exergue, selon Julien Bony, un patrimoine municipal dégradé. La tournée des écoles a révélé des bâtiments très mal équipés pour la lutte contre la chaleur, en dehors de la végétalisation des cours qui va d’ailleurs se poursuivre. « Les bâtiments ne sont pas adaptés pour supporter les fortes chaleurs, la rénovation thermique de ces bâtiments est estimée à 100 millions d’euros. On n’aura pas l’assise financière durant le mandat mais notre responsabilité c’est d’amorcer », explique-t-il, alors qu’un plan de mesures d’urgence avec installation de stores aux fenêtres est en cours. Le maire dit avoir également découvert des bureaux bouilloires au sein même de l’Hôtel de ville et une loge de gardien de nuit indigne. Ces révélations interrogent. Si l’équipe municipale a laissé s’installer ces situations, comment se fait-il que l’opposition de l’époque ne se soit pas emparée de ces sujets ?














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