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L'Essentiel
Olivier Bianchi, maire de Clermont, a exprimé ses inquiétudes sur le manque d'investissements pour ces lignes, soulignant l'importance d'améliorer le temps de trajet pour le développement de la métropole.
Charline Pouzet, co-dirigeante d'Arachnée Concerts, a partagé son expérience négative, évoquant les difficultés rencontrées par les artistes pour se rendre à Clermont en raison de la mauvaise qualité de la desserte ferroviaire.
À 8h29 précise, ce mardi 15 avril, l’Intercités, déjà surnommé « Le train de la colère » a pris le départ de la gare de Clermont en direction de Paris avec à son bord de nombreux décideurs locaux. « Tous d’une même voie ! « , tel est le mot d’ordre de cette mobilisation transpartisane et multisectorielle. Dans la foule rassemblée sur le parvis avant l’embarquement, on pouvait croiser Patrick Wolff, le président d’Objectif Capitales, Stéphanie Picard, porte-parole des usagers, Claude Barbin, président de la CCI, Éric Roux président de Sauve qui peut le court-métrage, Delphine Lingemann députée, des maires (ou leurs directeurs de cabinet) de communes de la métropole clermontoise et bien d’autres représentants du monde économique. Le train, que la SNCF avait bien pris soin de passer sous les portiques de lavage pour l’occasion, allait bien entendu, accueillir d’autres participants au fil des arrêts vers la capitale.
Même ambiance plus à l’ouest, avec un dispositif identique sur la POLT la ligne Toulouse-Limoges-Paris, elle aussi victime de la politique tout TGV et des sous-investissements. Réunis à Paris, les deux groupes s’étaient donnés comme mission de déposer un livre blanc évoquant le présent, le futur et l’évolution de ces deux lignes classées, Train d’Équilibre du Territoire, donc dépendantes de l’État via son opérateur SNCF.
Olivier Bianchi : Je ne me satisfais pas de l’idée que le Massif central est un territoire totalement oublié
« J’ai l’impression que l’on est au bout des mesures annoncées, on recycle un petit peu » commente Olivier Bianchi à propos du récent passage clermontois de Philippe Tabarot. « La grande annonce pour moi était la question des tarifs. Ce qui a été annoncé est un petit geste commercial pas une mesure de ministre… la question qui reste posée, c’est l’après 2027. On disait qu’il fallait 3 milliards pour cette ligne, on est à 760 millions. L’interrogation est combien il faut et quand aurons nous le reste de la somme dans un contexte budgétaire difficile. Si on ne se met pas à l’ordre du jour, si on ne se fait pas entendre, on risque voir passer les plats. L’objectif est d’être mobilisés pour rester à l’agenda ». Pour le maire, président de la métropole, il est indispensable de faire des choses après l’arrivée des rames Oxygène « Le débat est comment être en dessous de 3 heures de trajet pour relier Paris. Pour une métropole comme la notre, c’est absolument indispensable pour continuer son développement. Pour moi l’enjeu est de parler de l’aménagement ferroviaire national du territoire. On ne peut pas louper une nouvelle fois l’organisation du transports publiques pour le Centre de la France et le Massif central. Je ne me satisfais pas de l’idée que le Massif est un territoire totalement oublié des aménageurs du territoire au niveau national. »
Charline Pouzet, Arachnée Concerts : « en tant qu’organisateur, on tremble souvent en se disant que les artistes n’arriveront jamais »
« On se rend compte que la destination est parfois effacée de la carte » commente Charline Pouzet, co-dirigeante de la société organisatrice de spectacles Arachnée Concerts dont l’activité pâtit de la mauvaise qualité de la desserte. « Il y a des humoristes qui viennent une fois et qui jurent qu’on ne le reverra plus… parce que c’est d’une part laborieux et d’autre part incertain. En tant qu’organisateur, on tremble souvent en se disant que les artistes n’arriveront jamais. Au départ on en souriait, cela donnait lieu à des ouvertures de spectacle assez drôles et cela commence à ne plus être drôle du tout ». Face au fameux manque de robustesse de la ligne l’équipe d’Arachnée Concerts doit parfois changer sa logistique pour plus de sécurité. « On a eu la cas récemment d’un artiste qui venait de Paris à Clermont pour un événement privé. On a du le faire venir en voiture par sécurité ». Charline Pouzet cite un autre exemple, celui d’un humoriste qui venait à la Maison de la Culture pour la première fois et qui avait décidé de venir en train. Son entourage professionnel lui disait qu’il n’arriverait jamais. Lorsqu’il a vu comment se déroulait le trajet, il a compris et a décidé d’exclure Clermont de ses prochaines tournées.
Lionel Chauvin, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme n’est pas monté à bord du « train de la colère »
Lionel Chauvin, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme ne souhaitait pas monter à bord du « Train de la colère ». Dans un communiqué, il a expliqué que « Dans un esprit républicain de dialogue et de responsabilité, il est nécessaire de laisser une chance au travail engagé, tout en restant extrêmement vigilant quant à la mise en œuvre réelle des engagements annoncés ». Il justifie sa décision par respect pour le Ministre des Transports, qui s’est récemment déplacé à Clermont, prenant le temps d’échanger longuement avec les élus locaux, les acteurs du territoire et les représentants des usagers et apporter des mesures concrètes immédiates. Précisons que Philippe Tabarot et Lionel Chauvin sont adhérents du même parti politique.












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