7 Jours à Clermont : 50 ans après la magnifique épopée des Verts de Robert Herbin et Roger Rocher, la passion est toujours là. Quels sont vos ressentis ?
Flavien Neuvy : Ce 12 mai 1976 reste dans nos mémoires collectives, même si, à l’époque, j’étais très jeune. Cette date reste gravée chez tous les supporters stéphanois de l’ASSE, mais également chez tous les amoureux du football en France. Saint-Étienne a lancé le foot français, puis l’équipe de France par la suite. Je suis très heureux de pouvoir célébrer cet anniversaire, même si nous avons perdu parce que les poteaux étaient carrés.
7JàC : : Jean-Michel Larqué, le capitaine de cette équipe, a dit que les Verts avaient fait un bon match, alors qu’il aurait fallu faire un “grand” match contre le Bayern ?
F. N : Les Verts ont fait un bon début de match, puis ont su relever la tête après l’ouverture du score des Allemands. Mais il a manqué ce brin de réussite pour bousculer le Bayern de Munich, déjà champion d’Europe et composé d’excellents joueurs. Cette équipe avait toute l’expérience pour gérer ses temps faibles. Ils ont su résister, certes avec un peu de chance, mais c’est vrai qu’il a manqué un petit quelque chose pour faire basculer le match en faveur des Verts et remporter cette Coupe d’Europe.
« Des joueurs qui mouillent le maillot »
7 Jours à Clermont : Durant cette épopée de 76, y a-t-il un match qui vous a marqué plus qu’un autre ?
Flavien Neuvy : Je retiens la finale, car c’est l’aboutissement d’une épopée extraordinaire, mais aussi le commencement d’une ère moins réjouissante pour le club, malgré l’arrivée de Michel Platini, le titre de 1981 et la Coupe de la Ligue en 2013. Nous voyons bien qu’il y a un avant et un après le 12 mai 1976. Côté joueurs, j’aimais beaucoup Christian Lopez, défenseur de grande classe, et à la pointe de l’attaque, Dominique Rocheteau, qui a marqué le club de son empreinte en tant que joueur, puis dirigeant. Mais de cette équipe, c’était surtout le collectif qui ressortait, mené de main de maître par Robert Herbin, entraîneur en avance sur son temps, et par le président Roger Rocher.
7JàC : L’ASSE de l’époque dégageait de superbes valeurs. Faut-il s’en inspirer aujourd’hui ?
F. N : C’est vrai qu’à Saint-Étienne, la culture footballistique s’appuie sur la culture de la ville. C’est une ville ouvrière, avec des mines, des usines. Les mineurs qui allaient au stade voulaient voir des joueurs qui mouillent le maillot. On n’a pas le droit de tricher quand on porte le maillot et les couleurs de l’AS Saint-Étienne. Ces valeurs d’humilité et de travail sont totalement essentielles. Malgré les années qui passent, c’est toujours ce qu’attendent les supporters qui vont au stade, y compris la jeune génération. Cela n’a donc pas changé, et c’est extrêmement lié à l’histoire de la ville ; une histoire très particulière qui marque la différence avec certaines autres villes, non loin de chez nous, qui ont une autre culture.
L’ASSE avait les moyens de monter directement
7 Jours à Clermont : Y a-t-il une certaine nostalgie de cette grande époque aujourd’hui ?
Flavien Neuvy : De mon côté, je faisais partie des premiers groupes d’ultras. J’étais au Stade de France en 2013 lors de la victoire en Coupe de la Ligue. Il n’y a pas forcément de nostalgie, nous voulons plutôt les victoires de demain, avec une possible remontée en Ligue 1, et pourquoi pas retrouver le goût des aventures européennes par la suite. Il faut savoir capitaliser sur l’histoire du club et la transmettre de génération en génération. Il n’y a pas beaucoup de clubs qui peuvent s’asseoir à notre table en termes d’ambiance. Cela chante de la première à la dernière minute de la rencontre. C’est la particularité de ce stade, Geoffroy-Guichard.
7JàC: Les Verts de l’ASSE sont de nouveau en position de monter en Ligue 1. Quel est votre pronostic pour les barrages ?
F.N : Cette année, vu la qualité de notre effectif, nous aurions dû monter directement. Cela ne s’est pas fait pour plein de raisons. Sur ce match de barrage, je suis assez optimiste car nous jouerons à domicile dans un stade plein à craquer, même s’il faut rester prudent car tout va très vite en football. Par la suite, cela dépendra de l’adversaire de Ligue 1. Nous rentrons dans une période assez incertaine, mais quand on voit que pour le dernier match, il y a eu une demande de 100 000 billets, on se doute que la ferveur va être décuplée pour le sprint final.












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