Il y a un an Philippe Tabarot, avait promis qu’il reviendrait à Clermont pour faire le point sur la situation de la ligne ferroviaire Paris-Clermont. Le ministre en charge des transports a tenu parole. Il est revenu pour le Comité de suivi des dessertes ferroviaires de la ligne Paris – Clermont-Ferrand (CSDF), en présence des PDG de SNCF Réseau et de SNCF Voyageurs, ainsi que de la directrice générale France du constructeur CAF. Dans une séquence “Vis ma vie”, le ministre a pris l’Intercités pour venir en Auvergne, il est arrivé avec 20 minutes de retard….
“Cette ligne n’a pas été modernisée et régénérée comme elle l’aurait dû pendant de très nombreuses années. Cette dette grise est en train de pouvoir peu à peu se résorber, mais ça a pris du temps. C’est un investissement de pratiquement 1 milliard depuis 2017” a -t-il rappelé à l’issue du Comité.
450 millions d’euros annoncés
“Je suis venu annoncer aujourd’hui des investissements à hauteur de 450 millions d’euros sur la période qui n’était pas couverte jusqu’à présent, entre 2028 et 2031, pour travailler encore sur la robustesse, sur la fiabilité, le cas échéant sur un gain de temps, parce que je sais que c’est également une demande du territoire. Nous avons commandé des études sur ce sujet qui nous seront rendues dans les jours qui viennent, et nous prendrons, en concertation avec les élus du territoire, avec les associations, les bonnes décisions pour que les travaux à venir puissent permettre de répondre à ces objectifs”.
Qui va prendre en charge les 450 millions d’euros ?
En grande partie SNCF Réseau à travers un contrat dit de performance signé entre l’État et Réseau. Cela doit permettre de faire des investissements conséquents, jusqu’à 4 milliards et demi dont plus de la moitié sera récupérée sur les péages autoroutiers dont les concessions vont être redéfinies.
“Oui, l’objectif bien sûr est de gagner du temps”
Comment seront investis ces 450 millions ? “Ce sera le traitement probablement de passages à niveau qui ralentissent aussi. C’est la question des grillages également pour pouvoir éviter l’intrusion de certains animaux, qui sont la cause de retards quelquefois” explique le ministre qui a bien intégré la demande récurrente des usagers de racccourcir le temps de trajet entre les deux capitales. “Oui, l’objectif bien sûr est de gagner du temps. Après, je ne vais pas vendre du rêve aujourd’hui. Certains ont encore l’idée d’une ligne à grande vitesse. Ce n’est pas les choix qui ont été réalisés il y a 20-30 ans, il est difficile de revenir en arrière. Par contre, si demain on a plus de fiabilité, s’il y a un gain certain de temps, si les correspondances sont assurées parce qu’il n’y a pas eu de retard, ce sera un progrès évident et puis surtout des conditions de voyage qui soient bien meilleures que celles qu’on vit aujourd’hui”.
Des rames Oxygène CAF en test sur la ligne dès cet été
Philippe Tabarot était attendu sur la question du calendrier de mise en service des rames construites par le constructeur espagnol CAF, qui vont prendre le relais des vieux trains Corail. Le premier semestre 2027 reste l’objectif mais on parle désormais plutôt de la fin du semestre. “Vous allez très probablement les voir cet été. Je parle de l’été 2026. Par contre, vous ne pourrez pas monter dedans parce que ce seront des tests. Vous pourrez monter dedans à l’été 2027, où là, ils viendront et arriveront progressivement pour être totalement disponibles sur ce qu’on appelle le service 28. Donc, en tant que passager, voyageur, usager, vous pourrez utiliser les nouvelles rames Oxygène dès l’été 27, comme s’y est engagée la nouvelle présidente de CAF” rassure philippe Tabarot. Cela veut dire néanmoins que le ligne va encore fonctionner deux étés avec du vieux matériel qui a montré l’an passé qu’il ne supporte pas les températures caniculaires. La météo prendra donc sa part dans la robustesse des liaisons.
CAF sous surveillance
“Je peux vous dire que j’ai dans mon cabinet quelqu’un qui est dédié uniquement à la qualité de service des usagers. Et voilà, une fois par semaine, il y a un contact avec CAF. Pratiquement une fois par semaine, il y a aussi un contact avec les responsables des usagers sur cette ligne — je pense à Monsieur Wolff*, je pense à Madame Picard. On suit ce dossier, je dirais comme tous les autres dossiers, mais bien sûr, par rapport à l’histoire de cette ligne, par rapport à l’abandon que vous avez subi pendant un certain nombre d’années, il était de notre devoir de mettre les bouchées doubles pour qu’il y ait une attention toute particulière sur cette ligne”.
Et après Philippe Tabarot ?
On le sait la durée de vie d’un ministre en poste peut être assez brève et parfois les promesses s’évaporent au grès des remaniements. “Mon objectif est de pouvoir partir de ce ministère, parce qu’on part toujours d’un ministère, on est plus souvent et plus longtemps dans sa vie non-ministre que ministre, et je sais que le temps m’est compté. Il devait m’être compté de mois en mois, j’y suis depuis 17 mois” explique Philippe Tabarot qui se veut rassurant : “Mais en dehors de ma personne, ce qui est important, c’est que les projets puissent continuer et que le transport ne soit pas une variable d’ajustement, chaque année au moment des discussions des projets de loi de finances. Il faut qu’on puisse avoir une programmation et une pérennité de ces investissements pour pouvoir continuer sereinement et dire que ce qu’on n’investit pas aujourd’hui dans les transports, il faudra l’investir demain ou après-demain, mais ça coûtera le double, le triple. C’est ça la dette grise sur laquelle on lutte, à la fois une dette financière et puis une dette environnementale”.
*Claude Wolff pour l’association Objectif Capitales
**Stéphanie Picard pour Les Usagers du train Clermont-Paris











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