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Rachat du Clermont Foot : les rumeurs passées au crible

L’avenir du Clermont Foot 63 ne se résume plus à une simple rumeur de rachat. Plusieurs noms et pistes ont été évoqués dans la presse : Stéphane Tessier, Jacques D’Arrigo, V Sports/Aston Villa, sans oublier les remarques de Romain Molina sur la solidité réelle des candidats et la fin du lien capitalistique entre Core Sports Capital et le SC Austria Lustenau. Derrière ces éléments, trois modèles se dessinent…

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L'Essentiel

Trois modèles se dessinent pour Clermont Foot : une reprise ou entrée au capital par un investisseur français, un consortium sport-business, ou une intégration dans un réseau international multi-clubs.

Stéphane Tessier est le dossier le plus avancé; ABL Finance affiche 16 M€ de capital social et 46,8 M€ de fonds propres en 2024, avec 26,1 M€ de trésorerie.

La rupture avec le SC Austria Lustenau et la restitution des parts par Core Sports Capital signent la fin d’un pilier du modèle multi-clubs et impulse une réorganisation.

Ces modèles ? Une reprise ou entrée au capital portée par un investisseur français, un projet de consortium autour d’un profil sport-business, ou une intégration dans un réseau multi-clubs international. 

Aucun dossier n’est officiellement finalisé, d’autres, inconnus, sont peut-être plus avancés, mais les informations disponibles permettent déjà de comprendre les enjeux financiers, sportifs et stratégiques pour le CF63.

Un club à un moment charnière

Le Clermont Foot traverse une période où la question de l’actionnariat devient centrale. 

Après la relégation en Ligue 2, dans un contexte économique fragilisé par la baisse des droits TV, le club peine non seulement à rester compétitif sportivement, mais aussi à présenter des garanties solides à la DNCG.

Le sujet n’est donc pas seulement de savoir qui peut acheter le club. Il faut surtout comprendre qui peut le financer dans la durée et le guider vers une mer plus calme que celle des 3 dernières saisons. 

Un repreneur ou investisseur devra être capable de payer une éventuelle acquisition, mais aussi et surtout d’absorber les pertes, de financer le mercato, de garantir le budget et de soutenir le club si la saison ne se déroule pas comme prévu.

Et dans ce cadre, les discours publics comptent beaucoup moins que les fonds réellement disponibles.

Tessier, officiellement le dossier le plus concret

Le dossier Stéphane Tessier est aujourd’hui celui qui paraît le plus avancé publiquement. Selon les éléments parus dans L’Équipe, l’ancien dirigeant de l’OM aurait transmis une lettre d’intention à Ahmet Schaefer et aurait eu accès à la data room du club.

Ces deux éléments ne valent pas signature. Loin de là ! Une lettre d’intention formalise un intérêt, mais ne conclut pas une vente. L’accès à la data room permet, lui, d’examiner les documents financiers confidentiels du club : comptes, dettes, contrats, engagements, budget prévisionnel et besoins de financement.

Cela signifie que le dossier Tessier a franchi une étape sérieuse. Mais sans exclusivité, accord signé ou validation par les instances, il reste impossible de parler de reprise actée.

ABL Finance, une surface financière réelle mais pas illimitée

Le projet Tessier semble s’appuyer sur une base patrimoniale familiale, notamment via ABL Finance, une holding liée à Stéphane Tessier et à son frère. Une holding sert à détenir des participations, organiser des actifs et porter des investissements.

Les données publiques donnent à ce dossier une consistance réelle. 

ABL Finance affiche un capital social de 16 M€, ainsi que des comptes faisant apparaître 46,8 M€ de fonds propres en 2024 et 26,1 M€ de trésorerie sur le même exercice. En 2025, les fonds propres ressortent à 44,9 M€, avec 26,9 M€ de trésorerie.

Ces montants montrent qu’il existe une surface financière réelle et identifiable. Mais ils ne signifient pas que l’intégralité de cette trésorerie peut être injectée dans le Clermont Foot. 

Une partie peut déjà être placée, engagée dans d’autres projets ou utilisée comme garantie. C’est toute la différence entre une richesse comptable et de l’argent immédiatement mobilisable.

Dossier Tessier : Les réserves soulevées par Romain Molina

Comme souvent dans le foot business, le très bien renseigné Romain Molina apporte une nuance importante. Le journaliste a expliqué qu’un candidat très présent dans la presse n’est pas forcément celui qui dispose le plus facilement des fonds demandés. 

Dans le cas Tessier, il s’interrogeait notamment sur la communication autour du projet alors qu’il n’y aurait pas encore de négociations exclusives.

Il évoquait aussi une personne derrière Tessier susceptible de disposer de l’argent, mais pour qui l’opération resterait risquée, notamment via une holding familiale contrôlée avec son frère. 

Cette lecture correspond assez bien à ce que montrent les données disponibles des frères Tessier : le dossier paraît crédible, mais il n’a pas la puissance financière évidente d’un fonds international ou d’un milliardaire capable d’absorber sans difficulté le prix d’achat, les pertes et les besoins DNCG.

C’est pourquoi l’hypothèse d’une prise de participation doit être envisagée au même titre qu’un rachat complet.

Clermont Foot : Rachat total ou entrée progressive au capital ?

Un rachat complet imposerait au camp Tessier de financer plusieurs choses en même temps : le prix demandé par Ahmet Schaefer, les besoins de trésorerie du club, les garanties DNCG et le fonctionnement sportif de la saison suivante.

Une prise de participation serait un scénario moins brutal. Tessier pourrait entrer au capital, apporter de l’argent frais, obtenir un rôle dans la gouvernance et préparer éventuellement une montée progressive. 

Ce montage réduirait le risque immédiat, mais poserait une autre question : qui décide réellement ?

Un actionnaire minoritaire peut aider financièrement sans contrôler la stratégie. Dans le football, il est souvent le dindon de la farce. Un actionnaire majoritaire doit, lui, assumer pleinement le financement et la responsabilité du projet.

Karim Fradin, une expérience à double lecture

Le nom de Karim Fradin, associé au dossier Tessier dans la presse, donne une dimension plus sportive au projet. Ancien dirigeant des Chamois Niortais et de l’Aviron Bayonnais, il connaît le fonctionnement des clubs français et leurs contraintes budgétaires.

Son profil peut apporter de l’expérience opérationnelle. Mais son bilan doit être lu avec prudence. 

À Niort, il serait injuste de lui imputer directement la crise finale du club, survenue après son départ. En revanche, son passage ne laisse pas non plus l’image d’une réussite indiscutable. Loin de là !

À Bayonne, son projet avait une ambition de structuration, mais les données publiques ne permettent pas de conclure à un modèle financier particulièrement solide.

Fradin peut donc être un atout d’expérience, mais pas une garantie à lui seul.

D’Arrigo, un projet de consortium plus qu’un achat solo

Le deuxième nom évoqué est celui de Jacques D’Arrigo. Il a été présenté comme porteur d’un projet concurrent, adossé à des associés français et américains, avec l’idée – encore un peu floue – d’un club professionnel “à mission”.

Son profil est différent de celui de Tessier. 

D’Arrigo apparaît davantage comme un homme de sport-business que comme un investisseur patrimonial. Il est passé par Pernod Ricard, Nike, les Girondins de Bordeaux, l’Union Bordeaux Bègles et plusieurs structures liées à la sport-tech.

Ses sociétés visibles ne démontrent pas, à elles seules, une capacité financière suffisante pour reprendre le CF63.

Sport Connect People a déposé ses comptes sous confidentialité. Footbar, autre société de son parcours, évolue sur une échelle beaucoup plus modeste, avec 195 K€ de chiffre d’affaires en 2021, -385 K€ de résultat net, 308 K€ de trésorerie et 222 K€ de fonds propres.

Le projet D’Arrigo ne peut donc être crédible que s’il repose réellement sur un tour de table solide. 

Son intérêt serait probablement ailleurs : marketing, développement commercial, innovation, ancrage territorial et repositionnement du club.

Aston Villa / V Sports, la puissance du modèle multi-clubs

La piste du tout frais champion d’Europe, Aston Villa via V Sports est d’une autre nature. 

V Sports est la holding liée aux propriétaires d’Aston Villa, déjà engagée dans une logique multi-clubs. 

Ce modèle consiste à créer un réseau de clubs permettant de développer des jeunes, organiser des prêts, mutualiser le recrutement, partager des méthodes et valoriser des joueurs. Exactement comme Core Sports Capital mais à une autre échelle. Celle d’un club satellite.

Pour Clermont, l’intérêt serait évident : accéder à des moyens, des outils et un réseau international. Le club pourrait devenir une plateforme française pour un groupe puissant, avec une exposition importante. Mais Clermont n’est pas le seul dans la ligne de mire des britanniques : Annecy est déjà dans un partenariat avancé, mais non finalisé d’un point de vue actionnarial.

Quoi qu’il en soit, ce modèle pose aussi une question d’autonomie. Dans un réseau multi-clubs, le club intégré n’est pas toujours le centre du projet. Il peut bénéficier de ressources importantes, mais aussi devenir un simple pion dans une stratégie plus large.

Après avoir été le financeur principal de la multipropriété Core Sports Capital, pas sûr que les supporters clermontois ne soient pas déjà échaudés par le concept…

La rupture avec le SC Austria Lustenau, un signal important

La mise en vente du club est évidemment un secret de Polichinel, Le communiqué du SC Austria Lustenau annonçant que Core Sports Capital restitue ses parts au club autrichien ajoute un élément de contexte majeur.

Pendant plusieurs années, Lustenau a été un club partenaire de l’écosystème Ahmet Schaefer, avec des prêts réguliers de joueurs du Clermont Foot et une implication sportive de CSC.

Cette sortie marque probablement la fin d’un des piliers du modèle multi-clubs construit autour du CF63. Elle ne prouve pas une vente complète ou imminente de Clermont (Ahmet Schaefer a longtemps dit chercher uniquement des actionnaires), mais elle suggère une réorganisation, un recentrage ou… un besoin de s’alléger rapidement de Core Sports Capital.

Pour le CF63, l’impact est déjà concret : moins de débouchés naturels pour prêter certains jeunes et une nécessité de trouver d’autres partenariats de développement. Mais aussi des bouches en moins à nourrir…

Rachat du Clermont Foot : Trois modèles, une même exigence

Trois visions se dessinent donc. 

Le modèle Tessier repose sur une base patrimoniale française crédible, mais dont la capacité à financer durablement le club reste à démontrer. 

Le modèle D’Arrigo repose davantage sur un consortium et une idée de transformation du club. 

Le modèle V Sports/Aston Villa offrirait une puissance supérieure, mais au prix d’une intégration dans une stratégie internationale.

Et peut-être d’autres intervenants plus discrets qui rafleront la mise !

Dans tous les cas, la DNCG sera le juge de paix. Pour ce que cela vaut, tant les trous dans la raquette de la DNCG sont importants, elle ne validera ni une intention ni un récit séduisant, mais des garanties, des fonds disponibles, une gouvernance claire et un budget soutenable. 

En définitive, le Clermont Foot ne cherche pas seulement un nouvel actionnaire potentiel. Le club se trouve face à un choix de modèle. 

Repreneur patrimonial, consortium sport-business ou réseau multi-clubs international : chaque piste présente des avantages, mais aussi des risques. 

La fin du lien capitalistique entre Core Sports Capital et Austria Lustenau renforce l’impression qu’un cycle se termine autour du projet Schaefer.

Le prochain enjeu pour le club sera donc simple : trouver non seulement de l’argent, mais une stratégie claire, durable et compatible avec l’identité du CF63. Dans le foot français actuel, autant dire que cela relève du vœu pieux.

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À propos de l'auteur

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CF63 Insights est un compte Twitter (X) dédié au Clermont Foot 63 qui propose des analyses statistiques, de l'actualité et des débats autour du club Auvergnat.

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