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Fils de nylon Photo Nguyendesigner Pexels
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Innovation

Syntetica s’installe à Cataroux pour développer sa technologie de recyclage des textiles complexes.

L'implantation d'une unité pilote de la start-up Syntetica au cœur du Centre des Matériaux Durables de Michelin sur le site cataroux, marque un tournant imortant pour la filière textile. Grâce à un procédé chimique à basse température ce projet ambitionne de traiter à grande échelle les textiles complexes jusqu'ici impossibles à recycler.

Le constat mondial est alarmant : à peine 1 % des articles textiles usagés intègrent aujourd’hui un circuit de recyclage alors que la fast fashion continue d’inonder  la planète de vêtement dont on ne sait plus quoi faire. La cause majeure de l’incapacité à recycler est technique. Elle réside dans la composition même des vêtements modernes. Les équipements techniques, de sport ou de protection, sont faits de matières dans lesquelles des fibres synthétiques hétérogènes sont superposées et entrelacées. Ces mélanges de matières forment des verrous technologiques que les infrastructures traditionnelles de traitement mécanique ne peuvent pas briser sans détruire la qualité de la matière.
Face à l’accumulation des déchets et au durcissement des réglementations mondiales, la recherche de solutions est devenue une urgence absolue pour l’industrie.

Une technologie de rupture chimique

C’est précisément sur ce segment critique que se positionne Syntetica, une start-up de Reims dans la Marne spécialisée dans le recyclage chimique des textiles riches en nylon. L’entreprise a développé et breveté un procédé de recyclage chimique innovant, conçu spécifiquement pour extraire la matière première des textiles complexes. Sa technique repose sur un traitement à basse température capable de dissoudre et d’isoler les composants sans nécessiter aucun tri préalable de la part des filières de collecte.
La technologie développée par Syntetica, permet d’extraire directement du Nylon 6 et du Nylon 6,6 d’un niveau de pureté identique à la matière vierge. Le produit sortant du processus offrant des propriétés techniques strictement équivalentes à celles du nylon d’origine fossile pour un coût de production identique. Cette pureté permet d’envisager des débouchés au-delà du simple secteur vestimentaire, notamment dans l’ingénierie automobile et les applications industrielle.

Le tremplin industriel clermontois

Pour transposer cette innovation du stade de laboratoire à une viabilité commerciale, Syntetica s’installe dans le Centre des Matériaux Durables du Michelin Innovation Park – Cataroux. L’entreprise intègre, une structure spécifiquement configurée par Michelin pour propulser le déploiement opérationnel des technologies environnementales émergentes.
Pour la jeune entreprise, cette alliance met à disposition des infrastructures techniques lourdes, des protocoles de sécurité avancés et un encadrement technique éprouvé par plus d’un siècle d’expertise en science des matériaux développé chez le manufacturier. L’objectif immédiat est de valider la reproductibilité du procédé sur des volumes significatifs, en visant le traitement de plusieurs tonnes de textiles dès la première phase d’exploitation.
“L’expertise industrielle et la rigueur opérationnelle mises à disposition par Michelin constituent un levier clé pour faire passer notre technologie à l’industrialisation. » explique  Marco Bertone, cofondateur et PDG de Syntetica bien conscient que sa structure atteint une étape décisive

L’horizon réglementaire de 2027

Le calendrier industriel s’aligne donc sur un agenda législatif européen très contraignant. Alors que l’obligation de tri et de collecte séparée des textiles est désormais en vigueur en Europe, les marchés anticipent déjà l’échéance de 2027, qui imposera des seuils minimaux de matières recyclées dans de nombreux produits manufacturés.
Ainsi, la feuille de route clermontoise prévoit une montée en puissance progressive du site de Cataroux. Les données collectées grâce à cette unité pilote vont servir à concevoir et paramétrer un démonstrateur de taille industrielle majeure programmé pour l’horizon 2027. À terme, l’ambition est également d’étendre cette plateforme de chimie verte à d’autres familles de polymères synthétiques, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’économie circulaire des plastiques.
Patrice Kéfalas, directeur du Centre des Matériaux Durables rappelle que l’ambition de Michelin est de mettre son expérience industrielle au service de solutions concrètes pour accélérer la circularité des matériaux. La collaboration avec Syntetica illustre exactement ce pourquoi le centre a été créé.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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