La consommation de protoxyde d’azote fait partie des sujets que toutes les municipalités suivent avec attention. Le maire de Clermont vient de signer un arrêté municipal qui sera en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2026, et qui sera sans doute reconduit en 2027. “C’est un phénomène qui est totalement exponentiel. On le voit, la consommation ne cesse de progresser”, explique Julien Bony. “Les chiffres illustrent bien le phénomène. Plus de 7 400 bonbonnes ont été ramassées sur l’espace public en 2025. On est déjà à plus de 3 000 rien que sur l’année 2026. On voit bien que le phénomène n’est pas en train de stagner, bien au contraire. C’est un enjeu de santé, c’est un enjeu environnemental puisque ça se retrouve sur l’espace public. C’est un enjeu aussi de sécurité, sécurité routière, et c’est un enjeu de tranquillité publique. Donc il est nécessaire, pour nous, d’intervenir pour réguler au maximum et l’objectif, c’est bien de faire en sorte que cette consommation, cette détention et cette vente en amont, soient limitées au maximum avec l’objectif de l’éradiquer au niveau de la ville”.
“Cet arrêté offre un cadre juridique”
Évidemment, l’enjeu autour de cette question est national, mais face à la question de santé publique, la municipalité ne souhaite pas rester les bras ballants, prenant toutes les précautions et toutes les mesures de prévention et de répression. Avec cet arrêté, la police municipale va pouvoir procéder à des contrôles sur la détention, la consommation et sur la vente, même si le plus gros fournisseur reste le e-commerce, difficile à contrôler. “Cet arrêté offre un cadre juridique de manière à pouvoir prononcer des sanctions, y compris devant la justice. J’avoue qu’aujourd’hui la municipalité n’est pas forcément la plus armée pour lutter contre ces phénomènes, mais ce n’est pas parce qu’elle n’est pas armée pour lutter contre la vente sur internet qu’elle doit rester inactive sur la vente qui se fait en physique. Nous prenons nos responsabilités puisque nous pouvons agir sur cette vente en physique”, reprend le maire, qui annonce un renforcement des contrôles sur les consommateurs mais aussi au niveau des épiceries de nuit qui constituent des réseaux de distribution “prolifiques”.
Que risquent les consommateurs de protoxyde d’azote ?
“Ce n’est pas une amende forfaitaire de 150 €, c’est un procès-verbal de constatation qui est rédigé par les agents de police judiciaire adjoints ou les agents de police judiciaire de la police nationale”, explique Gérald Sertelet, premier adjoint au maire en charge de la sécurité. “Suite à ça, pour les mineurs, les responsables seront auditionnés par un officier de police judiciaire, et prendront connaissance des actes de leurs enfants. Ensuite, majeur ou mineur, tout ça se termine devant un juge. Le juge a la possibilité soit de citer en justice, soit de prendre une ordonnance pénale qui va jusqu’à 150 €, et à ça s’ajoute encore 37 € de frais de justice. Donc, au bas mot, 187 €”. Pour Gérald Sertelet, cette action en justice est la “première marche d’un processus de prévention”. “Toucher les parents est quelque chose d’hyper important parce que, finalement, vous mettez une amende à un mineur, il peut très bien la dissimuler, la mettre dans la boîte aux lettres ou l’intercepter. Là, l’idée est quand même, dans le cadre des devoirs et des droits de la famille, de toucher un maximum de parents, puis soit de les orienter, de les aider ou d’aller vers des rappels à l’ordre du maire”.
La police municipale renforce les contrôles
Sur la feuille de route des agents de la police municipale, en particulier ceux de la brigade de nuit, la chasse au protoxyde d’azote figure en bonne place. Si les consommateurs sont dans le viseur, les marchands le sont aussi, et pas seulement les épiceries de nuit. Lors d’un récent contrôle dans les rues de Clermont, un stock de bonbonnes a été trouvé dans le coffre d’une voiture, illustrant une distribution dont la promotion se fait en particulier sur les réseaux sociaux. Pour les agents, les flagrants délits sont indispensables puisque, pour l’instant, il n’existe pas de moyens de détection comme c’est le cas pour l’alcool ou la drogue.











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