C’était une première pour la 3e édition de La Montée Infernale, la course de côte vélo la plus courte du monde : l’antenne locale de l’association Valentin Haüy avait été invitée à participer à l’événement par Fluide Glacière. Entre champions du chrono et champions du déguisement, trois tandems se sont alignés sur l’aire de lancement. Trois personnes malvoyantes, derrière trois pilotes, se sont lancées à l’assaut de la montée… et sont arrivées sans encombre au bout des 200 mètres de côte avec la fameuse rampe finale à plus de 20 % de dénivelé.
Pascal, pilote de tandem
« Je viens de la course à pied, mais bon, avec l’âge on est bien obligé de ménager un peu sa monture », explique Pascal, jeune retraité et pilote de Philippe sur la MI#3. « Je trouve qu’aider les autres, c’est un peu s’aider soi-même. J’ai fait la montée parce que j’aime bien le vélo et ce qui est intéressant, en fait, c’est que les personnes qui sont derrière ont quand même un petit niveau sportif. Philippe appuie sur les pédales… Et puis on sent la satisfaction du copilote quand on arrive en haut. Enfin, c’est une joie et on en prend aussi un petit peu pour soi. Tout ce qui est challenge pour eux (les malvoyants), c’est toujours un step dans leur vie. Finalement, je suis peut-être égoïste parce que moi, je prends autant de plaisir qu’eux et c’est toujours bien de voir leur fierté, c’est même impressionnant quoi. Moi maintenant, comme je suis à la retraite, je fais pas mal de vélo, pas mal de sport. Ça a toujours été un peu mon kif dans la vie. Voilà, cette semaine j’ai fait VTT, gravel, route, course à pied. J’en fais un petit peu tous les jours. Je ne suis pas très performant mais je m’en fiche ! Aujourd’hui, La Montée Infernale, c’était chouette. Il y a des gens, ma famille… des petits plaisirs simples et moi je trouve qu’il n’y a pas besoin de plus. Je pensais que le fait d’être malvoyant ou non-voyant, ça bloquait plein de choses… Ben non ! Il suffit juste d’un peu de volonté. C’est pour ça, je trouve que c’est vachement bien ».
Rester positif, comme le dénivelé
« On est sur le village départ pour promouvoir l’association Valentin Haüy et montrer aussi que, finalement, même si on a un handicap, les choses se passent parfois bien dans la vie. C’est comme une petite vitrine, pour montrer ce côté positif », reprend Pascal. « Moi je suis juste pilote de tandem dans l’association Valentin Haüy qui, tout au long de l’année, propose des activités. On devient pilote après une petite période d’initiation quand même. Il y a des codes quand on accompagne quelqu’un qui ne voit pas bien, ou mal, ou pas du tout. Pour piloter le tandem, il y a des choses à acquérir avec cette petite formation. Après, on est partis sur la route, hein ! Il n’y a pas spécialement de niveau requis, c’est plutôt le pilote qui va s’adapter au niveau de l’accompagné. Si la personne derrière appuie un peu sur les pédales, on fait de beaux parcours dans le parc des Volcans par exemple. Et quand les personnes sont un peu moins performantes physiquement, on va plutôt faire les bords de l’Allier. On adapte en fonction des gens qu’on accompagne. »
Le comité du Puy-de-Dôme possède 5 tandems dont 2 à assistance électrique. Les sorties sont hebdomadaires, toute l’année.
Pluridisciplinaire
Une activité sportive ou non sportive est une fenêtre supplémentaire pour des personnes qui sont en situation de handicap. L’accompagnement est aussi une manière de relativiser pour les bénévoles. « Dans la vie, quand on est à peu près normal et que tout va bien, c’est compliqué des fois… alors on peut bien imaginer pour une personne qui a un petit handicap. En fait, avec un petit peu de bénévolat, tout est possible. Juste un petit coup de pouce et puis les choses deviennent réalisables », reprend Pascal. « On apprend beaucoup. Ça permet de relativiser un peu. Parfois on se tracasse pour des choses qui n’en valent pas la peine finalement ».
En dehors du vélo, l’association Valentin Haüy propose diverses activités qui sont, habituellement, peu ou pas du tout ouvertes aux malvoyants : gymnastique, sorties culturelles, jeux de société, sorties conviviales… Le comité du Puy-de-Dôme est installé au 24 rue des Paulines à Clermont et possède une boutique pour la vente de matériel spécialisé.

À propos de Valentin Haüy
Valentin Haüy, né en Picardie en 1745, était un pédagogue. Il fut l’un des premiers à s’intéresser au devenir socioculturel des aveugles et fonda la première école pour aveugles à Paris, qui est devenue l’Institut national des jeunes aveugles. Il mit également au point du matériel de lecture, s’attachant à promouvoir l’insertion des aveugles et malvoyants par le travail.
L’association Valentin Haüy est un acteur historique de l’aide aux personnes déficientes visuelles. Elle a été créée en 1889 par Maurice de La Sizeranne et reconnue d’utilité publique en 1891. Présente un peu partout en France grâce à ses comités départementaux, elle œuvre sur cinq grands thèmes : défendre les droits des déficients visuels, assurer leur formation et l’accès à l’emploi, restaurer et développer leur autonomie, promouvoir l’accès à l’écrit et proposer des activités culturelles, sportives et de loisirs accessibles.












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