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L'Essentiel
Hunou a donné l’avantage juste avant la pause et Mendy a manqué un penalty contestable.
Montpellier a dominé les chiffres (10 occasions à 4 et 64 % de possession) mais Clermont a été efficace au moment clé et a remporté le match.
Un déplacement compliqué
Avant le coup d’envoi, Clermont se présentait dans l’Hérault avec cette sensation bien connue des équipes en fin de parcours nerveuse : celle de jouer pour enfin sortir de l’étau, mais aussi celle de pouvoir encore glisser dans le mauvais sens.
En face, Montpellier arrivait lancé, sans défaite depuis 8 matchs, là où le CF63 ne gagnait plus depuis 7 rencontres et n’avait plus battu cet adversaire depuis 7 confrontations également, avec 5 nuls et 2 défaites sur la série.
Le décor était donc loin d’être favorable. D’autant que le MHSC s’appuyait sur la meilleure défense du championnat, pendant que Clermont continuait de traîner ses problèmes de finition, avec déjà 15 montants touchés, soit 2 de plus que n’importe quelle autre équipe.
L’idée pouvait alors sembler simple : espérer la fin de la fameuse loi des séries longues et contraires mais surtout profiter de la petite faille montpelliéraine, puisque les Héraultais étaient aussi ceux qui avaient commis le plus d’erreurs menant directement à un but, avec 3.
Mais encore fallait-il survivre à leur puissance sur coups de pied arrêtés, eux qui avaient déjà inscrit 13 buts dans cet exercice, alors que Clermont figurait paradoxalement parmi les meilleurs du championnat dans la défense de ces situations, avec seulement 5 buts encaissés sur phase arrêtée.
Montpellier – Clermont : Un adversaire taillé pour faire mal
Parmi les hommes à surveiller, Alexandre Mendy concentrait une partie du danger montpelliérain. Son volume offensif parlait pour lui : 11 buts, 13,7 xG, 16 grosses occasions manquées, 76 tirs, 31 cadrés, et aussi un total de 46 hors-jeu, très largement le plus élevé du championnat.
En d’autres termes, un avant-centre très présent, très menaçant, mais parfois imprécis.
Derrière lui, le gardien Simon Ngapandouetnbu apportait une autre garantie, avec 81,2 % d’arrêts, 5 buts évités, 95 arrêts et 41,4 % de clean sheets.
Clermont savait donc qu’il aurait besoin d’être très propre pour marquer, et surtout très solide pour ne pas laisser Montpellier dérouler son jeu offensif.
Ce plan a rapidement vacillé.
Une entame difficile mais bien rattrapée
Et donc comme attendu, Montpellier est parti fort.
Dans le premier quart d’heure, les locaux auraient déjà pu ouvrir le score à trois reprises, dès la 1re, puis à la 11e et à la 14e minute. Guivarch a tenu, mais Clermont donnait déjà le sentiment de subir.
L’ouverture du score arrive logiquement à la 22e : Tchato centre, Mendy coupe de la tête, 1-0. À ce moment-là, on pouvait craindre un nouveau match qui glisse du mauvais côté.
Et pourtant, Clermont a réagi vite, de la meilleure manière possible pour une équipe sous pression : par un but qui casse l’élan adverse. Quelques secondes après une première alerte sur corner et un ballon de Diedhiou sur la barre, Salmier surgit et égalise à la 26e.
Ce but ne change pas tout dans le contenu, mais il change le climat de la soirée. Il redonne de l’air à Clermont, et surtout il rappelle que, même dans un match mal engagé, cette équipe est encore capable de rester en vie.
Le tournant avant la mi-temps
Le moment clé n’est pas forcément le carton rouge montpelliérain, qui objectivement n’a pas fait pousser des ailes aux clermontois, mais plutôt ce que Clermont réussit à faire sans ce coup de pouce avant cela.
Alors que le match semblait se diriger vers la pause sur un score de parité, Ibrahim Coulibaly réalise un vrai geste de joueur de couloir : accélération, grand pont, centre précis, et Hunou, titularisé de manière plutôt inattendue, coupe de la tête pour donner l’avantage aux siens à 45e+2.
Ce but est essentiel, parce qu’il tombe pile au bon moment et évite aussi de s’épuiser à courir après le score. Mais Clermont a toujours du mal dans ce genre de situation positive…
À la reprise, Fayad est donc exclu à la 51e après un deuxième avertissement. Sur le papier, Clermont se retrouve dans une position idéale.
En réalité, on a vu ce que l’on voit souvent depuis des mois : une équipe qui n’aime pas vraiment gérer, qui recule, qui s’abaisse, et qui subit même lorsqu’elle est en supériorité numérique.
Il a fallu, en plus, qu’Alexandre Mendy manque un penalty accordé sur une décision très contestable, pour que le scénario reste favorable au CF63.
Hold-up statistique
Si l’on regarde les chiffres sans contexte, on peut parler d’un vrai braquage.
Montpellier a eu 10 occasions contre seulement 4 pour Clermont, et a passé énormément de temps dans la surface adverse avec 27 touches, quand le CF63 n’en comptait que 13.
La possession est tout aussi parlante : 64% pour le MHSC, 36 % pour Clermont. Et pourtant, au tableau d’affichage, c’est bien Clermont qui repart avec la victoire. Incroyablement faible avec presque une mi-temps à 10 contre 11 pour faire mieux…
L’écart en xG n’est pas énorme, 1.68 contre 1.62, ce qui dit aussi que Montpellier a surtout poussé en quantité plus qu’en qualité pure. Et c’est d’autant plus notable si l’on exclut le penalty généreux obtenu par Montpellier avec un npXg de 0.89 pour Montpellier contre 1.62 pour Clermont. Un CF63 qui n’a donc pas eu beaucoup d’occasions mais ces occasions ont toutes été franche s!
Sur les duels, l’équilibre est proche avec 51 % pour Montpellier contre 49% pour les auvergnats. Cela résume assez bien le match clermontois : pas une domination, pas même une grande maîtrise, mais assez de répondant pour rester debout au bon moment.
Et surtout une efficacité retrouvée quand cela fait le plus mal à l’adversaire : juste avant la mi-temps.
Montpellier – Clermont : Des hommes de combat
Parmi les Clermontois, Diedhiou n’a pas marqué, mais il a pesé comme un capitaine qui comprend ce qu’est un match de maintien. Il termine avec 21 duels disputés et 13 gagnés, les meilleurs totaux de la rencontre. Il n’a pas toujours été juste, mais il a mis son corps au service de l’équipe.
Camblan, lui, a beaucoup donné dans son couloir et s’est retrouvé impliqué dans plusieurs situations dangereuses, même si son manque de confiance reste visible, notamment dans les duels où il en perd 11 sur 15.
Salmier, avec 11 interventions défensives, a livré une prestation importante, ponctuée par son but égalisateur.
Fakili a lui aussi pesé en volume, avec 5 touches dans la surface, 2 tirs et 3 occasions créées, même si la qualité finale n’a pas toujours suivi.
Quant à Coulibaly, il a connu un match globalement moyen, mais son dribble suivi de son centre sur le but de Hunou suffit presque à justifier sa soirée.
À l’inverse, Koné a vécu une première période très difficile et sa sortie à la pause n’a surpris personne.
Baallal est apparu moins tranchant que d’habitude, et Sow a davantage souffert dans l’impact, ne gagnant que 4 duels sur 9.
Maintien acquis, chantier massif
Ce succès valide l’essentiel : Clermont jouera encore en Ligue 2 la saison prochaine. C’est le vrai fait marquant de la soirée. Et après ce que le club vient de traverser depuis trois ans, personne ne fera semblant de banaliser ce soulagement. Mais il serait malhonnête de dire que ce match rassure ou satisfait pleinement.
Collectivement, le CF63 a encore donné l’impression d’un bloc trop bas, d’une équipe qui refuse le ballon dès qu’elle mène, et qui ne sait pas encore transformer un avantage en vraie maîtrise.
Même à onze contre dix, Clermont n’a pas vraiment repris le contrôle. Il a surtout résisté, serré les dents, compté sur un peu de réussite, et attendu le coup de sifflet final.
Dans l’absolu, ce n’est pas grave : à ce stade de la saison, il fallait prendre les points, pas écrire “Le manifeste tactique sur le football du XXIe siècle”. Mais pour la suite du projet, ce match rappelle tout de même qu’il y aura énormément de choses à reconstruire.
Quoi qu’il en soit, le Clermont Foot peut enfin souffler.
Ce 2-1 à Montpellier vaut d’abord parce qu’il met un terme officiel à la peur du maintien.
Il ne dit pas que le CF63 va bien, ni qu’il a trouvé une formule durable, ni même qu’il a véritablement maîtrisé ce match. Il dit simplement que, cette fois, au moment où la pression était maximale, le club a su prendre les points qu’il fallait.
Et dans une saison comme celle-ci, c’est presque tout ce qu’on demandait. Maintenant que le maintien est acquis, il restera à ne pas oublier trop vite pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour en arriver là au moment de la refonte du club et du groupe…
Voir la réaction de Grégory Proment
Montpellier – Clermont : Le résumé vidéo
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