
‘’Je revois la ville en fête et en délire…Et j’entends dans la musique les cris, les rires…’’chantait Piaf. En avril, l’enceinte de l’avenue de la République a su se découvrir d’un fil, et même de plusieurs, en profitant de l’aubaine d’une météo complaisante. Et quand les rebonds de la balle ovale éclairent le jeu de celles et ceux que les supporters sont venus encourager, les cœurs sont en joie.
Les filles à la fête

Le France-Irlande du tournoi féminin des six nations fera date dans l’histoire du Michelin tant la ferveur affichée avant, pendant et au terme de la victoire des bleues par une foule autant actrice que spectatrice fut emballante. Ambiance de feu partagée par les 2,5 millions de téléspectateurs de France2. Dommage simplement qu’au-delà des grandes intentions de donner au rugby féminin la place qu’il mérite, le calendrier du Top14 n’ait pas su éviter la programmation d’un UBB-Montpellier au même horaire que ce séduisant rendez-vous.

En marge de l’affrontement Bleues-Vertes ponctué des refrains de la Marseillaise et des ‘’ici, ici c’est Montferrand’’ lorsque nos filles renversaient celles de la Verte Erin, les allées du stade respiraient un air de jeunesse. Ainsi les ‘’Abeilles de Miel’’ joyeuses rugbywomen venues soutenir le XV tricolore mais aussi en campagne de recrutement pour leur club de Corrèze…où ‘’il fait bon vivre’’ si l’on en croit les abeilles. Avec, en prime, un slogan militant :’’L’alcool détruit, le rugby construit’’. Ce qui n’empêche pas de se désaltérer avec une petite bière irlandaise.
Si l’ASM n’était que loueur de son stade à la Fédération Française de Rugby qui assurait l’organisation, et que Guiness avait mobilisé les alentours des comptoirs à mousse pour cause de sponsoring, le club Jaune et Bleu y trouvait son compte question bizness.

Spring party

Huit jours plus tôt, la Spring Party organisée par le club en partenariat avec la Coopérative de Mai avait animé trois soirées précédant et encadrant le match contre Lyon. Entrées gratuites et succès populaire pour ce festival de musique live assorti de casse-croûtes animé par Boulevard des Airs, Skip the Use puis Wazoo en clôture pour mettre le feu après que la troupe d’Urios ait fini par dévorer le LOU en empochant le bonus au terme d’une victoire synonyme de réintégration dans le TOP6.
Une fête éclairée par la présence féminine de miss Hollie Davidson, venue diriger le vrai-faux derby dans un esprit ‘’libéral’’ très anglo-saxon. Une première dans l’histoire du Top14 que l’écossaise avait visiblement très apprécié, soulignant l’ambiance fantastique dès son arrivée au stade et tout au long du match. Hollie, revenez quand vous voulez !

Sans savoir que la fête serait aussi belle en ce week-end de soleil, Christophe Urios avait choisi cette mi-avril pour mettre fin à la ‘’cure médiatique’’ entreprise un mois et demi plus tôt suite à une colère mal contenue consécutive à la vilaine défaite de ses hommes sur la pelouse du Castres Olympique.
Un temps orphelin de sa tête de gondole médiatique, le club se redonnait donc des couleurs en même temps que l’entraîneur principal retrouvait micros et caméras dans la bonne humeur. Réfutant toute assimilation au ‘’coup de blues’’ qui avait amené son collègue toulonnais Pierre Mignoni en phase de ‘’décompensation’’, le vigneron du Minervois reprenait ferme les rênes de la com.
Retour gagnant
L’ASM sans Urios, c’était comme la Piste aux étoiles sans Roger Lanzac (pour les anciens), le Grand Cabaret sans Sébastien, Taratata sans Nagui ou, pourquoi pas, CNews sans Pascal Praud (mais là, c’est une autre histoire).

Il est vrai que si l’homme semble parfois un brin bougon, la communication fait partie intégrante du personnage. Y compris dans les rencontres qu’il anime au sein de son domaine viticole. Le travail sur la cohésion d’équipe et la vision du management qui lui sont chers, la convivialité du brasero et les dégustations occupent le programme des séminaires proposés du côté de Château Pépusque lorsque le rugby est en pause.

Il pouvait paraître un tantinet faraud le père Urios en annonçant que ses hommes iraient à Toulouse prendre leurs chances et, pourquoi pas, rapporter des points en cette fin avril. Mais pouvait-il tenir un autre discours même s’il ne faisait guère de doutes dans les esprits que les Bleus d’Auvergne ne feraient pas le poids face à la grosse machine rouge et noire ?
Au bout du compte, la victoire ‘’à réaction’ ’aussi historique qu’inattendue de la troupe montferrandaise devant 31 000 supporters toulousains ébahis et quelques centaines de mordus en jaune et bleu délirant de plaisir, venait à point déposer une jolie cerise sur le savoureux gâteau de huit jours de fête.

‘’Pourvu que ça dure’’ disait la mère de Napoléon, Sébastien le Coujou concluant ‘’…C’est déjà beaucoup mieux, que si c’était moins bien’’ !













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