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L'Essentiel
La défaite se joue sur une ouverture de Bourabaa sur Gueye qui reprend magnifiquement à la 57e; Le Mans totalise 12 occasions contre 5 pour Clermont, possession 58 % à 42 % et 0.85 xG contre 0.5.
Malgré de nombreux duels gagnés, peu de joueurs clermontois ressortent du lot, à l'exception, peut-être du gardien, Guivarch, qui a maintenu l'équipe en vie assez régulièrement (0.62 but empêché).
Un déplacement dont on n’attendait pas grand-chose
Avant le coup d’envoi, il était difficile d’imaginer Clermont faire un gros coup au Mans. Le contexte jouait plutôt contre les Auvergnats.
En face, il y avait l’une des sensations de la saison, dans un stade qui affiche la 3e meilleure affluence moyenne du championnat avec 11 128 spectateurs, et un adversaire capable d’imposer beaucoup de choses à ses visiteurs.
Le Mans arrivait avec des chiffres de haut de tableau : 45 buts marqués, 74 grosses occasions créées, 13 clean sheets, 168 corners obtenus, et 10 buts de la tête.
À l’inverse, Clermont traînait toujours ses vieux démons : l’équipe qui commet le plus d’erreurs menant directement à un but (6) et celle qui touche le plus souvent les montants (13).
Tout cela dessinait un match où la moindre faiblesse risquait d’être immédiatement sanctionnée.
Le Mans – Clermont : Survivre, au mieux…
Le début de rencontre laisse pourtant entrevoir quelque chose d’un peu plus encourageant.
Sur corner, Diedhiou place une tête qui passe juste à côté dès la 3e minute. Puis plus grand-chose, ou presque.
Le Mans prend progressivement l’ascendant, techniquement et territorialement.
Rabillard oblige Guivarch à une première parade à la 9e, avant que Fakili, lancé dans la profondeur après un long dégagement du gardien clermontois, ne bute lui aussi sur le portier adverse à la 13e.
Le sauvetage le plus marquant du premier acte arrive à la 18e, lorsque Caufriez repousse de la tête une reprise de Calodat alors que Guivarch semblait battu.
Le gardien clermontois s’illustre encore devant Rabillard à la 38e, puis détourne un coup franc de Buades qui prenait le chemin de la lucarne à la 41e.
À la pause, le 0-0 tient presque du petit miracle tant Clermont a passé son temps à défendre.
Une deuxième mi-temps moins douloureuse mais sans contrôle
Le retour des vestiaires est légèrement meilleur côté clermontois.
L’équipe parvient enfin à ressortir un peu plus proprement et à poser quelques séquences. Mais ce mieux reste très relatif :
Sur une perte de balle dans le camp adverse, Bourabaa traverse le milieu auvergnat avant de servir Gueye au second poteau. La reprise de volée finit dans la lucarne opposée à la 57e.
Cette ouverture du score a quelque chose d’assez logique au vu de la rencontre.
Clermont tente bien de répondre, notamment sur une transition où Fakili sert Bamba au second poteau, mais la reprise de ce dernier est contrée in extremis.
Douane aura aussi une opportunité en fin de match, sans cadrer.
Le problème, c’est que même en seconde période, le CF63 n’a jamais vraiment donné l’impression d’installer une pression durable.
Une domination mancelle presque sans partage
Le plus gênant pour Clermont, ce n’est pas tant de perdre au Mans que la manière dont les chiffres traduisent l’écart du soir.
Le Mans termine avec 0.85 xG (relativement faible vu les occasions), contre seulement 0.5 pour le CF63.
Les locaux se créent 12 occasions, là où Clermont n’en produit que 5. La présence dans la surface est elle aussi parlante, avec 24 touches pour Le Mans contre 12 pour Clermont.
Même la possession, sans être écrasante, reste du côté sarthois à 58 %, contre 42 % pour le CF63.
À l’arrivée, la défaite par un seul but peut presque donner l’illusion d’un match serré. Dans le jeu, il ne l’a pas vraiment été.
Vainqueurs des duels, contre toute attente !
La seule donnée qui surprend un peu, c’est celle des duels.
Clermont en remporte 65 %, contre 35 % pour Le Mans.
À première vue, cela pourrait laisser penser que le CF63 a répondu dans l’engagement. Mais cette statistique cadre mal avec l’impression visuelle générale, tant les Clermontois ont paru en retard dans beaucoup de zones, notamment au milieu et sur les seconds ballons.
Le ressenti dominant reste celui d’une équipe qui a surtout couru après la maîtrise sans jamais la retrouver.
Dans les buts, Guivarch termine avec 0.62 but empêché, pendant que le gardien manceau est à 0.18. Là encore, cela raconte une histoire simple : Clermont a eu besoin de son gardien pour rester dans le match, sans trop forcer celui d’en face à faire une soirée exceptionnelle.
Individuellement, trop peu de caractère
Dans ce type de rencontre, il faut au moins quelques performances individuelles fortes pour compenser les temps faibles.
Clermont n’en a pas eu assez lors de ce Le Mans – Clermont.
Guivarch est sans doute celui qui ressort le plus nettement, parce que ses arrêts ont empêché le match de basculer plus tôt.
Baallal a encore été l’un des plus solides dans l’entrejeu, avec 8 duels gagnés sur 13 et 3 dribbles réussis, soit les meilleurs totaux clermontois dans ces deux registres.
Caufriez a eu le mérite de sauver son équipe sur sa ligne, mais cela ne suffit pas à faire oublier les flottements défensifs plus larges.
Derrière eux, le tableau est plus terne : Diedhiou, Bamba, Fakili, Gastien, Coulibaly et Salmier n’ont pas suffisamment pesé pour changer le sens du match, et Koné confirme son net ralentissement depuis sa signature professionnelle.
Un sérieux avertissement avant Bastia
Ce qui inquiète le plus, ce n’est pas tant la défaite elle-même que la pauvreté générale du contenu.
Clermont a perdu pour la 15e fois cette saison, et si 13 de ces revers n’ont été concédés que par un but d’écart, cela dit autant la capacité du club à rester vaguement accroché que son incapacité à faire basculer un match de ce genre du bon côté.
Au Mans, on n’a pas seulement vu une équipe battue par plus forte qu’elle : on a aussi vu un groupe qui a semblé un peu vide, peu tranchant, presque usé.
Et dans ce contexte, la réception de Bastia, vainqueur de Saint-Etienne (2-0, rien que ça…) prend déjà une dimension très lourde. Parce que Clermont a souvent donné cette saison le sentiment de se liquéfier précisément quand le match comptait le plus.
Le Clermont Foot repart donc du Mans avec une défaite 1-0 dans sa musette qui ne change pas tout, mais qui ne rassure rien non plus.
Le statu quo du week-end limite les dégâts, et le club conserve encore une petite marge sur la zone rouge.
Mais à trois journées de la fin, il devient difficile de continuer à parler de simple gestion comptable. Clermont devra montrer bien plus que cela contre Bastia. Parce que cette fois, en cas de victoire de Laval ce lundi, attendre que les autres perdent ne suffira peut-être plus pour s’assurer une fin de saison sereine.
Voir la réaction de Grégory Proment
Le Mans – Clermont : Le résumé vidéo
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