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Blaise Pascal dans le cabinet des livres à Bien-Assis par P. Durin
Blaise Pascal dans le cabinet des livres à Bien-Assis par P. Durin
Culture Événement Lundi

Blaise Pascal était-il un business man ?

À la veille d'un colloque organisé à Clermont par la Ferdi et le CIBP sur le thème "Blaise Pascal économiste", explorons le côté entrepreneurial du génie clermontois.

Parler de Blaise Pascal, conduit prioritairement vers le mathématicien, le physicien, le philosophe, le moraliste et le théologien. En revanche, le génie clermontois est beaucoup plus rarement abordé par le côté « homme d’affaires », sans doute parce qu’au XVIIe siècle, cette notion n’était pas vraiment définie, ni conceptualisée. Pourtant Pascal, répond bien à la définition du business man. À 19 ans à peine, il avait conçu sa Pascaline avec l’idée de pouvoir la produire en série, via des sous-traitants, mais il comprit assez vite qu’elle ne serait pas rentable car trop onéreuse à fabriquer sur un marché que l’on qualifierai aujourd’hui de micro-niche. Malgré l’envoi, à des prospects, d’une lettre à caractère publicitaire, vantant les mérites de la machine dont il avait offert un exemplaire au chancelier Séguier, (second personnage du royaume), les affaires ne décolèrent pas. Il abandonna le projet, ouvrant finalement la voie du marketing qui vise la rentabilité en tenant compte des parts de marché, des coûts de production et de la promotion.

Pascal investisseur

Au XVIIe siècle, la monarchie qui souhaite faire progresser l’agriculture, lance une campagne d’assèchement de lacs et marais qui débutera d’ailleurs aux portes de Clermont avec le lac de Sarliève. En 1642, François Brisson, sénéchal de Fontenay-le-Comte, crée une société pour dessécher une large zone située le long de la rive nord de la Sèvre, soutenu par le Duc de Roannez, futur gouverneur du Poitou. Il sait que les travaux scientifiques dans le domaine de l’hydraulique de son ami Blaise Pascal peuvent être utiles dans cette entreprise de dessèchement et l’intègre comme associé. En prenant des parts dans l’entreprise, Pascal savait pertinemment que cela représentait une manière de valider ses recherches tout en faisant fructifier sa fortune.
Quelques années plus tard, on retrouve de nouveau le tandem Blaise Pascal – Duc de Roannez dans la création de l’entreprise de porte le génial projet des Carrosses à 5 sols. Là encore, ce projet, qui n’est ni plus, ni moins celui des transports en commun modernes, bute sur la questions des parts de marché et de la rentabilité. La société française n’est, alors, pas encore prête pour la mixité sociale que ce moyen de déplacement urbain impose et le parlement de Paris siffle la fin de l’aventure au bout de 15 ans d’exploitation. Il se dit que voyant venir la chose arriver, Pascal aurait vendu ses parts au bon moment. Au début du XIXe siècle, cette idée pascalienne de transports en commun ressurgira de manière pérenne avec les premiers omnibus à Nantes.

Pascal inventeur du buzz ?

Comment attirer l’attention et faire parler de soi ? On peut imaginer que Blaise Pascal avait des éléments de réponse à cette question primordiale dans le business. Les provinciales véritable best seller a été publié anonymement puis sous pseudo, créant un gros buzz, puisque la police cherchait partout qui avait bien pu rédiger ces écrits de vulgarisation religieuse penchant sérieusement du côté des Jansénistes. Autre exemple d’une communication bien menée, l’expérience des liquides menée sur le puy de Dôme, loin d’un laboratoire bien fermé, qui donna lieu à publication d’un petit opuscule intitulé judicieusement Le récit de la grande expérience de l’équilibre des liqueurs.
Il y a fort à parier que si Blaise Pascal avait connu Internet, il serait devenu le grand maître des influenceurs et que ses followers se compteraient en millions.

Colloque Pascal et l’économie du monde

Dans le cadre des commémorations du 400e anniversaire de la naissance de Pascal, La Ferdi, Fondation pour les études et recherches sur le développement international  et le CIBP, Centre international Blaise Pascal de l’Université Clermont Auvergne propose ce lundi 20 novembre un colloque consacré à Blaise Pascal « économiste ». Il s’articulera en quatre volets*, chacun portant sur une des grandes leçons pascaliennes d’économie.  Chaque session rassemblant un panel de personnalités, associant philosophes, littéraires, économistes académiques et grands acteurs économiques sensibles aux messages pascaliens. Un document sera présenté par l’une d’elles pour ouvrir la discussion, le dialogue de spécialistes venus de différents horizons représentant un intérêt majeur pour une telle rencontre.

Pascal et l’économie du monde. L’utilité espérée, l’entrepreneuriat social, la justice relative :
Lundi 20 novembre, Espace municipal Georges Conchon, 3 rue Leo Lagrange, 63000 Clermont
Programme complet : ici
Sur inscription  https://framaforms.org/colloque-pascal-et-leconomie-du-monde-1698158418

*Pascal, fondateur de la théorie de l’utilité espérée / Pascal, entrepreneur social : fondateur de l’investissement à impact / Pascal et la part ignorée de la justice aujourd’hui : les limites de l’universalisme /Pascal, le développement économique et le « sens de l’histoire » : opposer Pascal et Teilhard ? / Conclusion par Laurence Plazenet, professeur de Littérature française (XVIIe siècle) à l’UCA, Directrice du Centre international Blaise Pascal, IHRIM.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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