Ouvert depuis 3 mois, le PIC, le plus grand espace de coworking de France installé sur l’ancien site historique clermontois de Cataroux vient d’être officiellement inauguré en présence des partenaires financiers et du président du groupe Michelin.
Cet événement illustre parfaitement l’ère post industrielle dans laquelle se situe aujourd’hui la métropole clermontoise résolument tournée vers l’innovation.
Le PIC, (Pôle Innovant Collaboratif) propose 18.000 m2 d’espaces de coworking avec de nombreux services, 95 studios de coliving et un food-court, pour un éco-système qui n’existe nul part ailleurs dans le monde comme se plaît à le dire Florent Menegaux, à la tête de la “manufacture clermontoise” depuis 7 ans.
Tristan Colombet, cofondateur et gérant du PIC affiche déjà sa satisfaction après 3 mois d’exploitation :
Aboutissement d’un projet mûri de longue date
7 Jours à Clermont : Inauguration officielle du PIC aujourd’hui avec les partenaires et les décideurs : on imagine que ce moment est important pour vous ?
Tristan Colombet : Oui, enfin l’ouverture du PIC. C’est un moment symbolique, après deux ans de travaux, cinq ans de préparation, de pouvoir vraiment être là, aujourd’hui, pour cette inauguration, c’est une vraie fierté.
7JàC : Un peu de pression, quand même ?
Tristan Colombet : Pas de pression, non… plutôt vraiment de l’excitation, du plaisir avec ce côté reconnaissance et aboutissement d’un projet mûri de longue date.

Déjà 95 entreprises accueillies
7 Jours à Clermont : Le PIC est ouvert depuis 3 mois maintenant, quels sont les premiers chiffres ?
Tristan Colombet : Alors en trois mois, nous avons déjà 95 entreprises, 1 000 personnes qui travaillent au PIC, déjà plus de 170 événements qui se sont organisés, des séminaires, des réunions. C’est un vrai et beau démarrage. On est extrêmement contents de ces premiers résultats.
7JàC : 1 000 coworkers, c’est 60 % de taux de remplissage. Quels sont les objectifs et sur quel calendrier ?
T. C : Alors, on continue d’être sur un projet qui a une vraie capacité à pouvoir s’auto-équilibrer. Aujourd’hui, notre objectif de remplissage est d’atteindre les 75 % pour cette fin d’année, sachant que le seuil de rentabilité, lui, tourne entre 60 et 70 %. C’est vraiment toujours notre objectif et on est vraiment aujourd’hui bien en phase pour l’atteindre.
7JàC : Et cela pourrait monter davantage ?
Tristan Colombet : On a 2 000 postes de travail ici. Donc on peut vraiment avoir jusqu’à 2 000 passages par jour entre les gens qui travaillent, les invités, les gens au food court. Une vraie ruche.
Des grands groupes déjà utilisateurs
7JàC : Vous êtes confiant pour la montée en puissance malgré un contexte économique difficile ?
Tristan Colombet : Dans un contexte comme celui-ci, les entreprises ont plus que jamais besoin de flexibilité. C’est vraiment un moment où ce n’est pas du tout un luxe, c’est au contraire une nécessité, et c’est précisément là que le PIC est fort. Nous n’avons que des offres qui sont sans aucun engagement. Pas de bail, pas de caution, aucun investissement. Une entreprise arrive ici et à partir de 190 € par mois, elle a un poste de travail tout compris, tous services, toutes charges, et elle peut se désengager du jour au lendemain. C’est ça aujourd’hui qui est particulièrement recherché dans ce contexte.
7JàC : Quels types d’entreprises sont venues travailler au PIC ?
T. C : Alors on a vraiment des entreprises de toutes les tailles, ça va du solopreneur, de la startup, jusqu’aux grands groupes. On a des équipes qui viennent de Capgemini, de Michelin, du Crédit Agricole, Euromaster qui nous rejoint. C’est très, très varié et c’est ça qui fait la richesse, justement, du PIC, de pouvoir croiser à la machine à café des gens de tous horizons.
7JàC : Les gens qui viennent travailler ici viennent pour une journée, pour trois mois, pour six mois ?
T. C : Pour certains à la journée, avec un pass journée, pour d’autres au contraire de manière pérenne. On a plus aujourd’hui de recul avec Turing 22, notre premier site, et on a pu voir qu’on a finalement une durée moyenne de séjour qui ne cesse de se prolonger. Elle avait dépassé l’année et demie l’année dernière. On a des gens qui sont là, qui étaient déjà là il y a cinq ans maintenant. On voit qu’on a des entreprises qui restent et qui sont bien, qui sont pérennes, et d’autres qui ont besoin de grandir, évoluent, ou prennent ensuite leurs propres locaux pour s’installer de manière définitive. C’est tout ce qu’on leur souhaite : de pouvoir grandir et croître dans un lieu comme celui-ci.
7JàC : Justement, Turing 22 va devenir quoi ? Est-ce que cet espace est appelé à disparaître ?
T. C : Turing 22 continue… On a aujourd’hui beaucoup de gens qui préfèrent aussi la localisation plutôt sud et surtout, c’est une offre complémentaire. Toute personne, toute entreprise qui a un abonnement au PIC a aussi accès de manière gratuite à Turing 22 et inversement. Et ça, ça permet de faciliter là encore les transitions, les déplacements et même le télétravail.
7JàC : Quels sont les atouts du PIC par rapport à un espace de coworking classique ?
T. C : Le PIC, c’est aujourd’hui le plus grand espace de coworking de France et, en fait, au-delà de ce chiffre, ça a plusieurs gros avantages. Un premier, c’est que ça permet de mutualiser les coûts. Ça nous permet d’avoir des postes de travail à un coût inférieur à ce qu’on peut trouver dans d’autres espaces partagés. Ensuite, ça permet de multiplier les occasions de rencontre, les occasions de croiser des gens dans notre sphère professionnelle et donc de multiplier le réseau et les opportunités commerciales. Et enfin, avec tous les services qu’on propose ici, c’est un vrai atout pour les entreprises en termes de marque employeur pour recruter et fidéliser des collaborateurs.
“Des premiers utilisateurs qui deviennent déjà des prescripteurs”
7 Jours à Clermont : Que disent les premiers utilisateurs ? Est-ce que l’environnement leur convient ?
Tristan Colombet : Alors on est très contents, on a effectivement d’excellents retours des premiers utilisateurs qui deviennent déjà des prescripteurs, puisque eux-mêmes, du coup, font venir d’autres entreprises. Ça fait chaud au cœur de voir des gens apprécier et de se dire : “Ok, après tout ce travail de conception et de préparation, ouf, on ne s’est pas trompés, ça répond vraiment aux besoins.”
7JàC : On parlait d’un village au départ du projet… le risque du PIC n’est-il pas de devenir une bulle au milieu de Clermont, d’être dans l’entre-soi ?
Tristan Colombet : En fait, la grande chance de ce projet, c’est tous les co-fondateurs. Le fait d’être sur un projet qui a rassemblé autant d’acteurs privés et publics, autant de soutiens, fait que finalement ça a élargi énormément l’assiette de ses utilisateurs. En plus, en ayant choisi d’avoir un lieu qui est ouvert au grand public, avec le food court, avec la partie spectacle, bien-être, qui eux sont complètement ouverts au grand public, on évite de tomber dans un effet de bulle ou dans un effet d’entre-soi. Au contraire, on brasse, on ouvre et on mutualise les énergies.
7JàC : L’enjeu est donc d’en faire un lieu populaire ?
T. C : Oui, l’idée c’est vraiment d’en faire un lieu ouvert à tous. C’est vraiment l’esprit, d’où le slogan : “Vivez l’expérience”.
7JàC : On sent ici une ambition nationale et même internationale. Comment allez-vous faire connaître le PIC ?
T. C : Alors on pense que le rayonnement du PIC va moins passer par une communication directe que par, avant tout, la logique de rayonnement. On a déjà commencé à voir à quel point les entreprises ici font venir des clients, partenaires, fournisseurs, investisseurs. Et c’est plutôt ça qu’on va chercher à aider : à créer du rayonnement par la visite, par la découverte du lieu et par une prescription positive.











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