Florent Menegaux a intégré Michelin en 1997 pour y exercer différents postes à responsabilité dans le monde entier. Depuis 2019, il préside le groupe en protégeant les liens qui unissent l’entreprise et la ville qui l’a vu naître, défendant cette spécificité d’être la seule société du CAC40 à avoir son siège en province.
À chaque grande étape de la transformation du site historique de Cataroux, le « patron des Bibs » est présent, toujours discret, mais jamais avare d’explications sur les idées qui guident le passage à l’ère post-industrielle d’un site qui, il y a bien longtemps, a réuni Clermont et Montferrand.
Florent Menegaux était bien entendu présent pour l’inauguration officielle du PIC, aux côtés des investisseurs.
Un écosystème à proximité du siège de Michelin
L’inauguration du PIC est une étape importante pour la grande requalification de Cataroux ?
Oui, c’est une étape importante. Il y aura quatre pôles dans ce Michelin Innovation Park. Vous avez la Manufacture des Talents, vous avez le Centre des Matériaux Durables qu’on a inauguré l’année dernière, vous avez le pôle d’innovation collaborative, qui est celui dans lequel on a fait le plus de modifications dans des bâtiments pour avoir quelque chose de très moderne et de très fonctionnel pour tous les habitants. Et puis le dernier pôle qui est en démarrage, qui est ce qu’on appelle le Centre de Cataroux, le quartier des pistes, qui lui est en cours de développement.
Quelle est la place du PIC dans cet écosystème ?
C’est un des quatre pôles, et donc c’est intéressant pour les entreprises. Ce qui intéresse Michelin, c’est d’avoir à proximité de toutes nos activités de siège, d’avoir un écosystème vivant de start-ups et tout un écosystème de recherche à proximité qui ne soit pas directement fait par Michelin.
Le PIC a la volonté de faire venir les entreprises internationales. Vous pensez pouvoir y arriver ?
Bien sûr. Le PIC démarre, il faut que ça s’installe, que ça se connaisse. Et puis une entreprise ne vient pas du jour au lendemain comme ça, donc il faut prendre un peu le temps. Moi j’étais intéressé de savoir, je ne le savais pas d’ailleurs avant cet après-midi, qu’il y avait une entreprise canadienne qui commençait déjà à réfléchir à venir ici. Et ça, c’est le bouche-à-oreille qui va faire que le PIC va prendre de l’ampleur à l’international. Le pôle d’innovation pour toutes les nouvelles technologies, pour toutes les questions de développement économique, les écosystèmes sont indispensables. Et ici, en fait, dans le Michelin Innovation Park, on a fabriqué un écosystème qui va permettre d’attirer les entreprises structurellement, mais qui ne seront pas forcément toutes dans le PIC ; certaines seront au Centre des Matériaux Durables, d’autres seront à d’autres endroits.
Comment s’inscrit le PIC dans la stratégie globale de Michelin ? Vous auriez pu simplement vendre le foncier de Cataroux…
En fait au départ, quand j’ai regardé comment se redéployaient nos activités du parc Cataroux, là où est installée la Caisse d’Assurance Maladie, c’était en fait le site industriel de Cataroux, je me suis dit : « Mais en fait une ville qui n’est que dortoir, ça ne marche pas ». Donc faire un projet simplement immobilier, ce n’est pas ce qu’il faut pour une ville. C’est cela l’idée de base, c’est de se dire OK, comment on crée un pôle économique au centre, dans le centre-ville, qui permette d’assurer le futur de ce site, et c’est comme ça qu’est née cette idée.
C’est une manière pour l’entreprise de renvoyer l’ascenseur à la ville de Clermont ?
Oui, ce que j’ai dit toujours, c’est que Michelin a beaucoup été aidé, a beaucoup reçu de la ville, de la région, et donc c’est aussi logique, au moment où on redéploie un site, de pouvoir rendre d’une autre manière tout ce qu’on a reçu.
“J’espère qu’on est au fond du trou et qu’on va en sortir”
On est tous d’accord pour dire que c’est extraordinaire, mais qu’il y a des soucis de transports
Oui, mais il faut prendre les choses de manière dynamique. J’espère qu’on est au fond du trou et qu’on va en sortir. Donc j’étais très intéressé par ce qui nous a été dit cet après-midi, que ça y est, le train sera là dès l’année prochaine. On a déjà un train, il devient un peu vieux et il ne va pas à la bonne vitesse, mais on nous a promis que les réfections des voies étaient en cours. Ça je peux le voir puisque le train est souvent arrêté pour des questions de réfection de la voie. Et les nouvelles rames de train, je pense qu’on en aura une l’année prochaine pour voir ce que ça fait, mais je pense qu’ensuite on aura ce qu’il faut.
Et l’avion ?
Et l’avion… alors l’avion c’est une question, je pense que c’est qu’une question de potentiel de développement économique. Donc plus la région sera un pôle d’économie en développement, plus on aura besoin de liaisons aériennes, et les compagnies aériennes s’installeront naturellement parce qu’en fait il y aura du business.
Est-ce que ce n’est pas un frein pour ce projet ?
Si. Mais avec Michelin, on a décidé de se dire qu’on allait le faire quand même.
Et vous pourriez relancer la Micheline ? Comme ça, vous seriez sûr qu’elle marche !
(Rires) Oui alors ça c’était une innovation il y a 100 ans. Non, on n’y a pas encore pensé, mais avec votre idée peut-être qu’on va y songer.
Mais le manque de liaisons internationales reste un problème…
Chaque semaine, il y a des dizaines, voire plus d’une centaine de personnes, qui partent de Clermont-Ferrand pour le monde entier. Je retrouve tout le monde revenant de Chine le samedi matin ou le dimanche soir qui repart vers la Hongrie, la Tchéquie, etc. Donc Michelin est déjà par son activité très international. On a déjà des dizaines de personnes qui partent dans le monde entier depuis Clermont. Moi j’habite à Clermont depuis 20 ans, et ça va.











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