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L'Essentiel
L'association Agissons pour Charade a lancé plusieurs initiatives, dont la restauration du Mur BP et la refabrication de postes téléphoniques pour reconstituer le parcours d'origine, avec l'aide du lycée Pierre Caraminot, et prévoit la pose de plusieurs autres postes d'ici 2026.
Jean-Pierre Brenas souligne l'importance de transmettre l'héritage du circuit aux jeunes générations, afin qu'elles deviennent des ambassadrices de la culture automobile auvergnate, tout en envisageant un musée qui pourrait s'intégrer dans une boucle touristique régionale.
Chaque année fin juillet, des passionnés de l’histoire du circuit de Charade, rassemblés dans un groupe informel, se retrouvent devant le “Mur BP” pour l’anniversaire de la première course disputée sur le Circuit de Montagne d’Auvergne le 27 juillet 1958.
L’histoire du circuit, c’est bien entendu, celle de l’ancien tracé, long de 8.055 kilomètres dont la magnifique partie enroulée autour du puy de Gravenoire, a été sacrifiée à la fin des années 80, au profit d’un circuit fermé et d’une piste ramenée à 3,975 kilomètres plus simple à exploiter et à sécuriser, mais conservant une partie du tracé d’origine.
Valoriser le patrimoine
De l’âge d’or 1958/1974 (date du dernier GP moto), il ne reste plus grand chose. La route départementale régulièrement entretenue, a heureusement gardé ses courbes d’origine et surtout son “banking” au niveau de la carrière de Gravenoire. Le “raccordement” de Champeaux possède encore son asphalte des premiers jours et des glissières de sécurité. En bon état, il a d’ailleurs été ouvert pour permettre le passage du Tour de France lors de l’étape du 14 juillet.
Mais la pièce maîtresse, la plus visible de l’époque révolue, est le “Mur BP”, entre le hameau de Charade et le rond-point de Manson, qui a fait l’objet d’une campagne de restauration sous l’impulsion de ce groupe de passionnés et de l’association Agissons pour Charade dont le rôle est, aujourd’hui, de conserver la mémoire d’un des plus beaux circuits européens. La restauration de ce mur a ouvert une dynamique de préservation et de mise en valeur des quelques éléments patrimoniaux qui ont été conservés.
Dans cette logique, à partir d’un élément retrouvé et sorti des broussailles, l’association a lancé en collaboration avec le lycée Pierre Caraminot, d’Égletons en Corrèze, spécialisé dans la formation BTP, la refabrication en béton, d’une douzaine de postes téléphoniques pour reconstituer le parcours de la boucle qui permettait aux secours de communiquer tout le long du circuit. Un premier exemplaire a été posé sur le petit parking de Charade, en bordure de la route. Dans ce poste, pas de combiné, mais deux panneaux. L’un est explicatif, l’autre est une illustration d’époque. Jean-Paul Taillandier, vice président d’Agissons pour Charade, en charge de ce dossier, confirme que 5 autres postes ont été “livrés” et sont en attente de pose par le Conseil départemental et que 6 autres devraient sortir des ateliers du lycée en 2026, à condition toutefois que des mécènes passionnés par Charade financent le béton nécessaire à la fabrication. À bon entendeur…

Attractivité du territoire
Jean-Pierre Brenas, conseiller régional grand défenseur du circuit de Charade et membre du groupe, le répète à l’envi : ce devoir de mémoire est indispensable pour que les plus jeunes puissent à leur tour, défendre un passé intimement lié à l’histoire des sports mécaniques et au développement de la région via son industrie auto et moto. Mettre en avant le patrimoine doit les inciter à devenir les “passeurs” de cette culture automobile auvergnate y compris en période de transition écologique.
Les récentes célébrations de la Coupe Gordon-Bennett, auxquelles ont notamment participé des collectionneurs anglais, ont permis de rappeler que dès 1905, l’Auvergne a bel et bien joué un rôle majeur dans l’histoire des sports mécaniques et que la zone Lachamps-Charade demeure une sorte de sanctuaire prêts à accueillir des “pèlerins automobiles”. L’association Agissons pour Charade possède d’ailleurs dans ses cartons un beau projet de musée qui pourrait tout à fait s’inscrire dans une boucle touristique avec des étapes comme l’Aventure Michelin et l’Aventure Louis Rosier, autre projet patrimonial en gestation.












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