Écouter l'article
L'Essentiel
Cependant l’attaque reste pauvre: 0,3 xG, 9 touches dans la surface, 3 tirs et aucun cadré, et peu de mouvement menant à des frappes.
Côté défensif, l’organisation est intéressante avec un bloc compact; Nsimba a été le patron du soir et les jeunes Kabeya et Grillot rassurent; le mercato devra apporter du poids offensif.
L’an I commence sans certitude, mais sans crash non plus
Cette ouverture de championnat avait quelque chose d’assez particulier. Nouveau staff, nouvelle direction, effectif rajeuni et encore manifestement incomplet : difficile de savoir exactement où situer ce Clermont Foot.
Et le calendrier n’avait rien fait pour faciliter les choses avec la réception immédiate d’un Stade de Reims que l’on peut raisonnablement ranger parmi les favoris du championnat.
Le scénario catastrophe était donc facile à imaginer. Il n’a pas eu lieu.
Lors de ce CF63 – Reims, Clermont a même signé son 6e match nul lors de ses 7 dernières ouvertures de Ligue 2, et si ce genre de série n’a rien de particulièrement enthousiasmant, elle prend cette fois un goût assez différent.
Il s’agissait surtout de voir si ce groupe pouvait répondre collectivement, mettre de l’engagement et ne pas exploser au premier impact. Sur ce point, la réponse est plutôt positive.
Une première période sérieuse, mais déjà des difficultés en attaque
Clermont entre correctement dans son match, avec quelques séquences plutôt propres et l’envie de ne pas subir.
Koné trouve notamment de l’espace côté gauche et centre dès la 10e minute, mais Saintorens ne parvient pas à reprendre.
Reims répond avec une énorme situation à la 24e, heureusement mal conclue. Baallal tente ensuite sa chance de loin à la 37e, sans trouver le cadre.
Le score nul à la pause est logique. Le problème, déjà visible, se situe surtout dans les trente derniers mètres : les mouvements existent, mais ils débouchent rarement sur une frappe.
Clermont avance, hésite, revient en arrière, cherche encore une passe. C’est propre par moments, mais rarement menaçant.
Une seconde mi-temps à peine plus mouvementée
La seconde période ne change pas profondément la physionomie du match. Reims se montre dangereux dès la 49e, avec une frappe contrée qui passe tout près du poteau, puis gâche une nouvelle situation très franche à la 64e sur une perte de balle grossière de M’Bahia. Les vieux démons n’étaient alors pas loin de resurgir…
Clermont répond cependant avec Baallal, bien trouvé par Diop à la 75e, mais sa reprise passe juste au-dessus. C’est la meilleure vraie occasion auvergnate de la soirée.
Dans le temps additionnel, Reims s’offre encore une dernière tête qui fuit le cadre à la 90e+6.
Au final, les deux équipes repartent avec un point et le sentiment qu’il aurait fallu un peu plus de précision pour faire basculer le match. Rien d’inattendu pour une J1.
Pour Clermont, ce nul vaut surtout parce qu’il a réussi à rester dans la rencontre jusqu’au bout, sans séquence de panique ni effondrement physique face à une équipe taillée dans le roc.
Offensivement, le constat reste quand même très pauvre
Les chiffres ne racontent pas autre chose qu’une capacité à contrôler et gérer : Clermont termine avec seulement 0,3 xG, 9 touches dans la surface adverse, 3 tirs et aucun cadré.
Il n’y a donc pas eu de miracle du gardien rémois caché derrière le résultat. Il n’y a pas eu de danger. Dans l’autre sens, pas vraiment plus, d’ailleurs…
Reste que le CF63 a très peu créé et a surtout donné l’impression de manquer de spontanéité.
Hunou a souvent ralenti les attaques alors qu’un jeu plus vertical semblait possible, Bouchenna n’a pas suffisamment provoqué lorsqu’il avait de l’espace, et Saintorens a parfois tellement décroché qu’il n’y avait plus vraiment de point de fixation devant. Okou n’a pas davantage réglé le problème après son entrée.
Ce n’est pas forcément inquiétant après une seule journée, surtout avec un mercato qui n’est pas terminé, mais cela confirme très clairement la priorité du moment : Clermont a besoin de poids, de vitesse et probablement de renforts devant s’il veut réellement inquiéter les défenses de Ligue 2.
CF63 – Reims : Une organisation défensive déjà intéressante
L’autre face du match est nettement plus enthousiasmante.
Le CF63 a défendu assez bas, mais plutôt bien, avec un bloc compact qui a rarement offert des espaces entre ses lignes.
Reims a bien eu deux situations très franches, dont une largement facilitée par Clermont lui-même, mais Guivarch n’a finalement eu aucun arrêt à réaliser pour signer sa première clean sheet de la saison.
La disposition collective a parfois surpris, notamment avec Nsimba très intérieur lors de certaines phases de construction, ou plusieurs joueurs offensifs concentrés dans une même zone côté droit.
Mais dans l’ensemble, Clermont a semblé cohérent, organisé, et surtout beaucoup moins fragile que ce que l’on pouvait craindre. Si Baallal et M’Bahia restent au club, cette assise pourrait même devenir l’un des vrais points forts du groupe.
Nsimba patron du soir, les jeunes derrière plutôt convaincants
Vital Nsimba a probablement livré la prestation la plus complète du CF63.
Il termine avec 6 duels gagnés sur 7, 10 contributions défensives, 8 ballons envoyés dans le dernier tiers adverse et 83 ballons touchés, soit les meilleurs totaux clermontois dans ces différents registres. Une manière assez nette de justifier sa prolongation.
Derrière lui, Kena Kabeya et Grillot ont également rassuré pour leurs débuts, avec beaucoup de sobriété et peu de déchet. Grillot a notamment montré une qualité intéressante dans le jeu long, même si ses 5 duels perdus sur 8 rappellent qu’il lui faudra encore progresser dans l’impact.
M’Bahia a également été solide, sans être éliminé en un contre un et en remportant 5 de ses 7 duels. Sa mauvaise relance en seconde période aurait pu coûter cher, mais sa prestation globale reste de bonne facture.
Baallal se projette, les entrants réveillent un peu l’attaque…
Baallal a été celui qui s’est le plus rapproché d’une vraie influence offensive parmi les milieux, en se projetant régulièrement et en se procurant les meilleures situations clermontoises.
Avec davantage de justesse, il aurait même pu devenir le héros de la soirée.
Les entrées de Diop, Douane et Coulibaly ont aussi apporté quelque chose de plus vif, notamment Diop, immédiatement plus agressif dans ses prises de balle et ses centres.
À l’inverse, Hunou a encore donné une impression de jeu trop lent et perdu 5 duels sur 8.
Saintorens a beaucoup bougé sans parvenir à devenir ce point d’appui dont Clermont avait besoin, tandis qu’Okou a disputé 9 duels, plus que tout autre Clermontois malgré son temps de jeu réduit, mais sans suffisamment en gagner ni offrir de vraies solutions.
Bouchenna doit lui aussi montrer davantage de tranchant. Quant à Koné, intéressant au départ avant de s’éteindre, son positionnement pose déjà question. Ce premier match ne condamne personne, mais on devine déjà des axes de progression possibles assez nettement.
Evidemment, Il ne faut probablement ni s’emballer, ni faire la fine bouche.
Clermont n’a pas marqué, n’a pas cadré et a clairement montré qu’il lui manque encore plusieurs choses pour être réellement dangereux.
Mais pour une équipe dont on redoutait sérieusement les limites avant la reprise, tenir Reims en échec sans souffrir pendant quatre-vingt-dix minutes constitue déjà un premier signal intéressant.
La base défensive existe, plusieurs jeunes ont répondu présent et l’équipe a semblé physiquement au point. La suite dépendra beaucoup de la capacité du mercato à corriger le déficit offensif.
Le déplacement à Saint-Étienne, qui a étrillé le promu Sochalien, offrira déjà un second test beaucoup plus brutal dans le chaudron, mais au moins le CF63 l’abordera sans pression, avec un premier point et quelques raisons de penser que ce nouveau cycle ne part peut-être pas d’aussi loin qu’on l’imaginait.
Voir la réaction de David Guion














Commenter