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Alexandra Chambon Photo ASM RF
Alexandra Chambon Photo ASM RF
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Alexandra Chambon de l’ASM Rugby féminin : « notre groupe est dur au labeur »

Arrivée de Grenoble à l’intersaison, l’internationale aux 36 sélections, Alexandra Chambon, étudiante en commerce et événementiel, se livre sur son acclimatation à Clermont, la première partie de saison de l’ASM Rugby Féminin, le choc contre Toulouse, et sur l’équipe de France à quelques mois du tournoi des 6 nations.

Philippe Thivat :  : Dans votre famille Alexandra, tout le monde parle et joue rugby ?
Alexandra Chambon  : Oui, notre club de cœur, c’est l’US Montmélian où mes oncles, mes cousins et mes frères ont joué là-bas. J’ai encore un frère, et un cousin qui évoluent dans ce club en Fédérale 1, où mes parents sont bénévoles. Mes frères étaient fans du CSBJ (Bourgoin), à l’époque. J’ai découvert le rugby féminin à partir de la Coupe du Monde 2014. En tant que joueuse, ce sport m’a permis de le partager avec un cousin du même âge, puis par la suite avec les filles. J’ai débuté d’abord à l’aile, puis après au centre. C’est lorsque je suis arrivée chez les filles à 15 ans, que l’on m’a formé au poste de 9.

Alexandra Chambon, nouvelle recrue bien intégrée

Ces dix années, passées à Grenoble, comptent vraiment pour vous ?
Oui, c’est certain. L’identité que j’ai, est née à moitié avec mon club de cœur, et pour l’autre moitié avec Grenoble, mon deuxième club formateur. Je me suis fait des relations qui resteront toute ma vie, tout en me construisant en tant que personne.

Le déracinement n’ a pas été trop difficile, en rejoignant l’Auvergne, région montagneuse elle aussi ?
Non, j’ai été très bien intégrée, par les filles, le staff, le club en général. En effet, le fait que ce soit un peu vallonné ici, m’aide à avoir des repères, dans cette région que j’apprécie beaucoup. Je prends mes marques progressivement, je suis contente d’être ici. Je compte visiter les alentours de Clermont, durant les beaux jours.

« Notre groupe est en confiance, et se connaît très bien »

Toujours invaincue cette saison. Quelle est votre analyse sur cette première partie de saison ?
Arrivant juste après la Coupe du Monde en Angleterre, nous avons été superbement mises dans le bain (les internationales), après notre victoire à Bordeaux, pour la première journée. Notre groupe est en confiance, et se connaît très bien. Cela aide à aller chercher des résultats, même si nous ne sommes pas toujours satisfaites de ce que nous produisons. Si nous voulons aller chercher les grosses équipes de ce championnat, il faut être plus régulières dans nos performances. Nous pouvons nous fixer comme objectif d’aller chercher le titre. L’intégration des recrues a été bonne. Ce groupe est dur au labeur, avec de belles valeurs de travail. Cela doit nous servir pour cette seconde partie de saison. Je m’inscris bien dans ce nouveau projet sportif, avec ce style de jeu qui se veut de mettre de la vitesse, et de déplacer le ballon. Cela me permet de voir autre chose également.

Vous revenez d’une victoire bonifiée à Bobigny, une équipe toujours difficile à manœuvrer sur ses terres ?
Oui, c’est le genre de déplacement qu’il faut préparer sérieusement. Nous sommes très contentes d’être allées chercher cette victoire bonifiée à l’extérieur. Pour un match de reprise, c’est une bonne chose, car les conditions météos n’étaient pas évidentes pour s’entraîner au mois de janvier.

« Toulouse a des filles à haut potentiel et de grosses individualités »

Philippe Thivat : Dimanche, c’est le gros choc face à Toulouse. Que sait-on de cette équipe invaincue elle aussi ?
Alexandra Chambon : C’est une équipe avec beaucoup de filles à fort potentiel, de grosses individualités, qui pratiquent ce jeu à la Toulousaine, que nous voyons chez les garçons. Elles ont pas mal d’internationales à XV, à 7, en U 20, avec aussi pas mal d’étrangères. Il faut gagner ce week-end pour garder cette place de leader.

Il faudra de la constance sur 80 minutes ?
Oui, bien sûr. Nous avons le groupe pour aller dans ce sens, nous l’avons montré sur le début de saison. Nos rotations sont bonnes. Il faudra être très fort sur nos forces comme sur la défense, et la conquête. Nous sommes une équipe qui faillit très rarement sur l’état d’esprit. Nous avons la meilleure défense de ce championnat. Cependant, il faudra faire attention à ces ballons de turn over qui peuvent être très dangereux, sur la discipline qui peut coûter cher. Cela risque de se jouer sur des petits détails.

50 ans d’histoire de rugby féminin à Romagnat. Quels sont vos ressentis par rapport à cela ?
J’ai la sensation que le club est bien suivi. La tribune à Romagnat est toujours bien remplie. Nous sentons la ferveur qu’il y a autour. Les gens suivent nos résultats, et nos prestations. Cela apporte de la reconnaissance, ce qui est très positif.

Alexandra Chambon en action Photo ASM RF
Alexandra Chambon en action / Photo ASM RF

« Beaucoup de travail autour d’un projet ambitieux en équipe de France»

Philippe Thivat : Alexandra, on bascule sur l’équipe de France. Vous aussi, comme pas mal de vos coéquipières, vous pensez que cette Coupe du Monde en Angleterre est un échec pour votre équipe ?
Alexandra Chambon : Oui, je pense que c’est un échec sur cette compétition, sur nos préparations lors des saisons précédentes, car nous n’avons pas gagné de titres également. Il y a un cap que nous ne passons pas. Nous n’arrivons pas à battre les équipes du TOP4, depuis quelque temps. L’échec est global, surtout lorsque l’on voit le potentiel que nous avons.

Vous attendez quoi du nouveau sélectionneur François Ratier ?
Juste à se servir des atouts que nous avons en France, pour les mettre à profit autour d’un projet ambitieux, avec beaucoup de travail de la part de tout le monde. L’objectif est d’aller raccrocher les nations qui ont pris un peu d’avance, sur certains plans techniques rugby. Nous ne sommes pas connues pour être une équipe des plus denses, et nous aimerions tendre vers un jeu basé sur plus de vitesse, de déplacement et d’être imprévisibles.

Pour conclure, à ce haut niveau de compétition, vous êtes accompagnée par un préparateur mental ?
Oui, je travaille avec un préparateur mental que j’ai choisi à Grenoble depuis un an. Au départ, j’étais focus sur mon développement physique, et technique, mais arrivée à un certain stade de progression, j’ai senti que j’avais besoin d’être accompagnée sur le plan mental. Tout cela dans le but de progresser encore plus à la connaissance de soi pour mieux appréhender les périodes de compétition, les échéances, et les moments où l’on ne joue pas.

Dimanche 1er février 2026, stade les Pérouses, Romagnat
ASM / Stade Toulousian  14 heures – ASM / UBB Espoir Élite : 15 heures 30

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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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