Alors que se tient cette semaine à Clermont la 3e édition du Sommet des Mobilités Territoriales Durables (Orbimob), la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Puy-de-Dôme présente son dispositif régional d’aide au financement de vélos-cargos et de remorques destiné aux entreprises artisanales.
Avec ce dispositif, la CMA Auvergne-Rhône-Alpes et l’ADEME, qui faut-il le rappeler est un opérateur de l’État, souhaitent encourager les artisans à adopter des solutions de déplacement plus sobres et plus vertueuses. À ce titre, le vélo-cargo représente une alternative efficace, en zone urbaine ou périurbaine, que ce soit pour des livraisons de proximité, des interventions rapides ou des déplacements courts et réguliers. L’aide, qui s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration de la qualité de l’air, apporte également une réponse à la problématique actuelle de la hausse du prix des carburants qui pèse de plus en plus fortement sur la rentabilité des activités.
L’aide au vélo-cargo commence à rencontrer un intérêt assez fort auprès des entreprises artisanales. À l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, 78 dossiers ont été validés pour accompagner les artisans, tandis que dans le Puy-de-Dôme, 8 demandes ont été déposées, dont 3 ont déjà été acceptées.
« Je ne pensais pas être capable de me dire le matin : “Allez, il faut pédaler et travailler !” »
Alexandre Machado, installé à Cébazat, fait partie des trois bénéficiaires. Spécialisé dans la conception, la modélisation et l’impression 3D, il utilise quotidiennement son longtail, spécialement équipé pour le transport de sa production. « J’ai créé mon entreprise en début d’année et je me posais beaucoup de questions sur les coûts annexes à l’activité, particulièrement la logistique. Je travaille beaucoup avec les plateformes de vente type Le Bon Coin ou Vinted et je me fais livrer en points relais. J’utilise donc le vélo pour récupérer les colis, mais aussi pour prospecter en transportant les objets que j’ai créés en 3D. » En 4 mois, Alexandre Machado a roulé plus de 700 km, ce qui constitue déjà un bon retour d’expérience. « Je ne pensais pas être capable de me dire le matin : “Allez, il faut pédaler et travailler !”, mais en fait, cela s’est fait tout seul. Mais surtout, le vélo, c’est un gain de temps. Mon entreprise est basée à Cébazat et les entreprises avec qui je travaille sont principalement installées sur la zone du Brézet. À vélo, je mets 20 minutes, alors qu’en voiture, aux heures de pointe, cela peut aller jusqu’à 35 minutes. Avec le schéma cyclable qui a été mis en place sur la métropole et avec les applications qui aident à trouver les itinéraires, je circule généralement sur une piste cyclable. »
« Le vélo crée du relationnel »
Parmi les freins à l’utilisation des vélos-cargos chez les professionnels, outre la capacité de chargement, les conditions météo sont souvent évoquées. « Je crois que ce sont des excuses », reprend Alexandre Machado. « C’est une question de motivation. S’il fait froid, on met une veste supplémentaire, on s’équipe et on s’organise un peu différemment. On avait l’habitude de tourner la clé et de partir, maintenant il faut prendre de nouvelles habitudes et on va de l’avant, cela fait du bien à notre planète et c’est plus simple au quotidien. Clermont est parti sur le vélo, autant en profiter… Pas de sens interdit, pas de problème de parking, on arrive directement chez le client et le vélo crée du relationnel. C’est même une porte d’entrée chez certains clients qui se posent beaucoup de questions et qui ont un esprit curieux. »
Autre effet presque inattendu pour une utilisation professionnelle, le plaisir du déplacement à vélo : « Si aujourd’hui autant de personnes font du vélo après leur boulot en loisir, c’est qu’il y a une raison… On ne voit pas le temps passer, on se sent mieux et cela nous aide à être en bonne santé. J’ai envie de dire à mes collègues, surtout aujourd’hui dans la conjoncture actuelle, vu le prix du carburant : réfléchissez, c’est faisable et c’est facile », conclut Alexandre Machado.

Jusqu’à 2 000 euros d’aide pour un vélo-gargo
Le programme d’aide à l’achat de vélos-cargos s’adresse aux entreprises artisanales inscrites au Registre National des Entreprises avec la mention « artisanale » ou « artisanale réglementée », dont l’établissement est situé dans une commune classée en PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère), ce qui est le cas de la métropole clermontoise.
L’aide porte sur l’achat neuf de vélos-cargos (deux ou trois roues, avec ou sans assistance électrique) mais aussi sur les remorques de transport à usage professionnel. Le montant de l’aide peut atteindre 50 % de la valeur hors taxe de l’investissement, dans la limite de 1 000 euros pour un équipement sans assistance et de 2 000 euros avec assistance électrique. L’aide de la CMA est cumulable avec d’autres aides publiques, comme celle pour l’achat d’un véhicule à faible émission de Clermont Auvergne Métropole.
Le dispositif est actif jusqu’au 31 décembre 2027, dans la limite des fonds disponibles. Un suivi et un contrôle de l’utilisation sont mis en place par la CMA. Voir les modalité sur le site web de la Chambre des Métiers de l’Artisanat.












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