À Clermont, le chantier du boulevard Fleury est enfin terminé. Cela représente une nouvelle étape dans la mise en place du nouveau schéma de circulation et une portion supplémentaire de l’anneau, le « ring », autour du centre de Clermont.
L’ouverture de la portion Fleury permet de décongestionner un peu la circulation automobile, mais aussi de prolonger la piste cyclable des boulevards sud. Ainsi, il est désormais possible de circuler à vélo, du carrefour de la Banque de France jusqu’au rond-point des Carmes, sans se retrouver dans le flux automobile.
Au sein de Clermont Auvergne Métropole, dont il est vice-président, Flavien Neuvy, par ailleurs maire de Cébazat et conseiller départemental est l’élu qui a en charge le Schéma cyclable métropolitain. On fait le point avec lui.
« On a accéléré au cours de ce mandat »
7 Jours à Clermont : Où en est-on de l’avancée du Schéma cyclable métropolitain ?
Flavien Neuvy : Il faut rappeler l’histoire. En 2018, le Conseil métropolitain a voté le Schéma cyclable directeur de la métropole de Clermont, qui pour le dire simplement, est la colonne vertébrale de l’aménagement cyclable qui touche l’ensemble des communes. On s’était fixé 360 km d’aménagements en une dizaine d’années et on a accéléré au cours de ce mandat. Il y a eu beaucoup d’aménagements faits sur la ville de Clermont, parce qu’en parallèle des pistes, il y a InspiRe qui a permis de faire ces aménagements… mais ce schéma concerne l’ensemble de communes et il se déploie petit à petit. En plus du schéma, il y a des communes qui font des aménagements propres, parce qu’elles souhaitent le compléter.
7JàC : L’évolution est particulièrement visible à Clermont, mais est-ce que toutes les communes ont la même volonté de se raccorder à cette colonne vertébrale ?
F. N : Ce schéma a été voté par tout le monde en 2018. Depuis, certains maires ont changé, puisqu’il y a eu des élection en 2020, mais globalement c’était une volonté partagée par l’ensemble des communes, je le rappelle. Oui des aménagements ont été fait. On peut citer la liaison Clermont-Cournon par exemple ou la liaison Clermont-Ladoux à Cébazat qui est en cours de réalisation. La piste bidirectionnelle qui arrive de Clermont et qui va se poursuivre avenue de la République est en cours d’aménagement. Donc oui on est en train d’étendre le réseau, petit à petit.
7JàC : Pensez-vous que progressivement les nouveaux aménagements favorisent la pratique ?
F. N : La métropole de Clermont avait pris beaucoup de retard en matière d’aménagements cyclables, je ne vais pas dire que l’on a rattrapé ce retard mais pour les personnes qui utilisent un vélo tous les jours, pour aller travailler ou même, de temps en temps, pour le loisir, et bien c’est beaucoup plus pratique aujourd’hui de circuler comparé à ce que c’était il y a 5 ans.
7JàC : À quel niveau souhaitez-vous faire grimper la part modale du vélo ?
F. N : Là aussi on avait un schéma des mobilités sur lequel on ambitionnait d’avoir 5% de part modale pour le vélo. On était à 2%, donc l’idée était de plus que doubler. Quand on regarde la fréquentation des pistes qui ont été aménagées puisqu’on y met des compteurs de flux pour pouvoir quantifier et objectiver, on voit que la fréquentation a beaucoup augmenté en fait. Par rapport à 2018, on a une augmentation de 50% du flux vélo. Ce n’est pas un ressenti, c’est concret, donc on peut dire que ça marche.
7JàC : Les cyclistes se félicitent globalement de ce schéma, les automobilistes un peu moins…
F. N : Bien sûr quand on prend plus d’espace pour le vélo, c’est un peu moins d’espace pour la voiture. Cela peut créer parfois des crispations, ce que je comprends parfaitement. Mais c’est vrai que pour la qualité de l’air, pour la lutte contre les émissions de CO2, la place du vélo est importante. On voit aussi que pas mal de gens se mettent au vélo, d’autant que quand on fait quelques kilomètres par jour, avec l’assistance électrique c’est quand même plus facile d’utiliser un vélo aujourd’hui qu’il y a 10 ou 15 ans, quand on avait pas d’assistance électrique.

« Globalement la part modale du vélo augmente, c’est factuel »
7 Jours à Clermont : Que peut-on répondre à ceux qui disent, lorsqu’ils observent les pistes, qu’il n’y a jamais personnes dessus ?
Flavien Neuvy : Évidemment si on observe à des heures où il n’y a pas de fréquentation, oui bien sûr. De la même façon que l’hiver il y a peut-être moins de cyclistes. Mais globalement la part modale du vélo augmente, c’est factuel. Avec les compteurs on sait exactement ce qui se passe. L’idée n’est pas de dire « on veut des vélos et plus de voiture », ce n’est pas du tout cela, c’est absurde et ça n’aurait pas de sens. Notre métropole s’est construite en archipel, on a 21 communes et entre Saint-Genès-Champanelle et Cournon, il y a 30 kilomètres, on ne peut pas faire la métropole à vélo, ce n’est pas possible. Mais par contre, oui on peut avoir plus de vélos au quotidien. Ceux qui sont passés au vélo, très souvent, en sont contents, même dans les trains, on voit ceux qui viennent de loin avec des vélos pour faire les 2 ou 3 derniers kilomètres qui les conduisent sur leur lieu de travail. Encore une fois l’idée n’est pas d’opposer les usages, ça n’a pas de sens. On fait simplement en sorte que les cyclistes qui sont plus fragiles, il faut le rappeler, puissent circuler de manière sécurisée, car lorsqu’un cycliste est percuté par une voiture, il n’y a pas photo, c’est le cycliste qui prend. Mais il faut le faire de la manière la plus intelligente possible.
7JàC : Est-ce que la métropole de Clermont va arriver à entrer dans la tendance nationale ?
F. N : La part modale en France augmente, on est très loin de certains pays mais tout n’est pas comparable non plus, je me méfie des comparaisons. Il y a des pays comme les Pays-Bas qui sont plus en avance que nous, mais c’est un petit pays et tout n’est pas comparable. Néanmoins quand on regarde sur ces 6 dernières années, on voit que Clermont est la métropole qui a le plus avancé. On partait de plus loin, mais elle est celle qui a le plus avancé en matière d’aménagements cyclables et je pense qu’en 6 ans, en fait 5 avec l’année Covid, on en aura fait plus qu’au cours de ces 50 dernières années. Je pense que pour les cyclistes, objectivement, c’est quand même plus confortable et sécurisant de rouler à vélo dans la métropole.
7JàC : L’idée finale serait de transformer le vélo en une sorte d’art de vivre dans la métropole ?
F. N : Je ne sais pas si on peut aller jusque là… quand on est une personne âgée qui a du mal à se déplacer, on ne peut pas se déplacer à vélo. Ce n’est pas tout le monde à vélo parce que ce ne sera pas possible. Je pense aussi qu’il faudra revoir le schéma car on va arriver à 2026 et quasiment 10 ans après, il y a certainement des aménagements imaginés à l’époque qui ne sont plus pertinents aujourd’hui, et à l’inverse on a peut-être des aménagements qui seraient très utiles aujourd’hui parce que la métropole bouge, il y a de nouvelles constructions, de nouvelles zones d’activité économique, donc il faut que l’on retravaille sur ce schéma, pour faire en sorte qu’il soit encore plus pertinent et qu’au cours de ces 10 prochaines années, on arrive à terminer le maillage du territoire. On connait les grands axes, je parlais de la zone de Ladoux où à peu près 6 000 personnes vont travailler chaque jour, il y a énormément de cyclistes et il faut qu’ils puissent aller bosser en toute sécurité. Après on ne mettra pas des pistes cyclables partout, ce n’est pas l’objectif mais il faut que les cyclistes puisent se déplacer en toute sécurité et il y a encore beaucoup de travail à faire.












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