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Mort de Britannicus, gravure de XIXe siècle
Mort de Britannicus, gravure de XIXe siècle
Culture

Retrouver le chemin du théâtre classique avec la Compagnie D.F

Les 14 et 15 juin la Compagnie D.F proposera un avant goût de son travail autour du célèbre texte de Jean Racine, "Britannicus". Bien au-delà de la simple lecture publique, la troupe souhaite faire revivre le théâtre classique en proposant de défendre les 1768 alexandrins de cette pièce.

Peut-on réellement évoluer si l’on perd de vue ses racines ? C’est le dilemme qui s’est posé à Dominique Freydefont. En effet, face « à une époque qui vénère l’instantanéité, le tout sauf le texte, le manque de sens, le tiktokthéâtre » il revendique « le retour aux sources » comme « un geste de résistance ». De plus, cet homme de scène souhaite « mettre en place une académie de théâtre classique à l’attention des comédiens, des amateurs éclairés des étudiants… ». C’est donc dans une volonté de réhabilitation mais aussi de lutte contre le tout, tout de suite qu’il a créé la compagnie D.F,  il y a déjà 26 ans.

Un retour aux Racine(s)

La saison de la Compagnie D.F offre une plongée fascinante dans l’univers de Racine avec une série de représentations de la pièce Britannicus. Cette tragédie classique plonge le spectateur dans les intrigues du pouvoir à Rome. Le jeune Néron, nouvellement empereur, semble promettre une ère de stabilité sous la tutelle de ses conseillers Burrhus et Sénèque. Cependant, cette façade prometteuse se fissure rapidement lorsqu’il fait enlever Junie, la fiancée de son demi-frère Britannicus, par jalousie et désir de contrôle. Britannicus, symbole de l’innocence et de la légitimité, devient alors la victime de ces machinations. La pièce débute au petit matin, laissant le public se questionner sur les véritables intentions de Néron et les conséquences politiques de ses actes…

Un projet en deux étapes

Le projet théâtral se décline en deux étapes majeures. La première, intitulée Théâtre à la Table, réunit des comédiens professionnels, confirmés et débutants. Qui, après 8 mois de travail, proposeront une lecture publique, offrant ainsi un avant goût de leur future représentation. La deuxième étape, Théâtre en Plateau, prévoit une immersion plus profonde au cœur des répétitions, de l’apprentissage du texte, de la construction de la scénographie et des costumes. En parallèle, des activités de médiation et des rencontres avec les lycéens de Clermont seront organisées. Cette phase culminera avec cinq représentations à la Maison de la Culture mi-décembre 2024, incluant trois séances pour le jeune public et deux pour le grand public.

La compagnie D.F : un hommage au théâtre français

Symbole de cette résistance : la forme de la pièce. En effet, Britannicus est écrit en alexandrins, une forme de versification qui comprends douze syllabes et deux hémistiches (césure placée au milieu d’un vers). On la retrouve notamment dans de nombreuses pièces de théâtre classique telles que Les Sosies de Rotrou, Mithridate de Racine, Les Folies amoureuses de Regnard, Polyeucte de Corneille ou encore Les Fâcheux de Molière. L’alexandrin est ainsi devenu le vers le plus naturel du théâtre français, « celui qui s’est prêté le mieux à la tragédie française, et du même coup à la comédie, depuis la Renaissance jusqu’au drame romantique. » souligne François Regnault dans son livre Dire le vers. Il déplore aussi le renversement de ce vers et les procédés auxquels s’essaient les poètes de théâtre, « qui sont en général des reprises ou des transformations partielles d’une des propriétés du vers détruit. » C’est pourquoi il est parfois nécessaire de se rapprocher des « classiques » qui façonnent le théâtre français, sans pour autant craindre l’ennuie ou l’incompréhension. Puisque ce qui constitue un classique « c’est sa capacités à demeurer permanent dans nos esprits, dans nos rires, dans nos effrois. » précise Éric Ruff, administrateur de la Comédie Française.

Les 14 et 15 juin à partir de 20h, Théâtre à la Table,  Cour des Trois Coquins, 12 Rue Agrippa d’Aubigné, Clermont. Réservations obligatoires au 04 73 42 66 11.

À propos de l'auteur

Elea Boennec

Née en Alsace, Eléa Boënnec a vécu la majeure partie de sa vie en Auvergne. Étudiante en information et communication à l’UCA, elle se destine depuis sa plus tendre enfance au journalisme. Passionnée par ce milieu, elle souhaite poursuivre son cursus universitaire au sein d’une école de journalisme.

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