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Un visuel de la campagne contre le harcèlement sexuel.
Chroniques

Le requin violeur, l’ours harceleur et puis quoi encore?

Mais bon sang, pourquoi mettre tout le temps sur le dos des bêtes les vices des hommes ?

Car c’est bien le sens de certaines métaphores douteuses censées « illustrer » nos propos, quelles que soient les situations. On en a un exemple supplémentaire, et bien agaçant, avec la campagne d’affichage contre le harcèlement qui vient de voir le jour en Île-de-France.

Fichons la paix aux cochons !

Crédit photo L214.

Le hashtag #Balancetonporc avait déjà de quoi mettre en rogne les animalistes, féministes ou non. Pourquoi diable toujours associer des images négatives à des animaux intelligents et sensibles, affectueux de surcroît ? Pour qui ne se contente pas de faire leur connaissance au travers d’un bocal de rillettes ou d’une peau de saucisson, les cochons sont des animaux étonnants et plutôt attachants. Beaucoup moins lubriques en tout cas que ne peuvent l’être certains de nos contemporains bipèdes… Ne leur inflige-t-on pas assez de misères comme cela (pour mémoire entre 20 et 25 millions de porcs abattus chaque année en France : neuf animaux sur dix au moins sont élevés dans des conditions indignes) ? Fichons la paix aux cochons, attaquons-nous aux vrais salopards !

Des mensonges

Et voilà que cela recommence ! Le lundi 5 mars, une campagne d’affichage contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports a été officiellement lancée sur tout le réseau d’Île-de-France… Sur certaines de ces affiches, apparaissent tour à tour un ours immense et menaçant qui semble vouloir dévorer toute crue une jeune femme en vêtements de ville ; un requin tout aussi énorme, plein de dents, s’approchant d’une femme tout aussi vulnérable ; enfin quelques loups encerclant une troisième représentante du genre qui n’a pas l’air plus pétrifiée que cela.

Ils peuvent être fiers, les publicitaires auteurs de ces montages faciles, certes, mais efficaces. Quid de plus photogénique en effet qu’un animal ? Ils n’a besoin ni de retouches ni d’artifices divers, lui. Mais les affiches attirent l’œil, et c’est bien là le but recherché.

Sauf qu’elles ne sont que supercherie. Ces affiches/métaphores sont des mensonges. Car qui, quelle femme, jeune ou vieille, moche ou canon, peut prétendre avoir été harcelée un jour par un ours, violée par un requin, tripotée par une meute de loups ? Ça c’est valable pour homo sapiens, et seulement lui, c’est-à-dire nous. Alors réglons nos comptes avec ceux de notre espèce qui nous indisposent, et ne venons pas, de grâce, y mêler des bêtes innocentes qui n’ont pas demandé à être ce qu’elles sont et qui, elles, lorsqu’elles chassent, le font uniquement pour ne pas mourir de faim… Lorsque l’on veut utiliser une figure de style, autant le faire avec à-propos…

À propos de l'auteur

Josée Barnérias

Josée Barnérias

A toujours été au plus près de la cause animale. En septembre 2010, a fondé La Griffe, association d'information et d'intervention pour les animaux. Aujourd'hui encore, elle en est la présidente. A travaillé pendant trente années dans la Presse quotidienne régionale. Elle vit à Clermont-Ferrand.

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