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Crédit Photo : Fabien Thurion
Chroniques

Quelques heures devant soi et un petit rayon de soleil.

Une fulgurante envie d’échapper à la frénésie et s’en suit une escapade des plus « ressourçantes » … quelque part, ici… en Auvergne, sur les bords du Lac Pavin. Un « arrêt sur image »qui offre à son observateur une parenthèse des plus réconfortantes, lové au creux du plus jeune volcan de France métropolitaine.

L’appel.

C’est très fort. Ça commence par la simple pensée d’avoir envie de respirer un air qui nous fera du bien dedans.

Et puis tout s’emballe, la pensée devient idée, puis volonté, puis décision. Il nous faut rejoindre ce lieu, coûte que coûte. Quelques heures devant soi, un petit rayon de soleil, tous les prétextes sont bons.

On est alors pris dans un tourbillon. On enfile des baskets et un gros pull. Rien n’est laissé au hasard. On saute dans la voiture. On s’y voit déjà. On sait que ce moment est sien. On veut que tout soit parfait.

Ce lieu est une partie de soi en quelque sorte. On y revient toujours avec le même sentiment d’appartenance. C’est un cadeau que l’on se fait.

Se sentir à sa place… Respirer…

Quelques millénaires au bord du Lac Pavin…

Retrouver un endroit « source », c’est comme retrouver un vieil ami. C’est un endroit auprès duquel on sait pouvoir se confier, se recharger, souffler, s’inspirer.

Je suis là, face à ce spectacle fascinant et familier. C’est tellement beau.

J’observe l’amoncellement de pierres qui m’entoure et cette bouche béante, au centre du visage du volcan. On dirait qu’elle crie vers le ciel sans qu’aucun son ne puisse sortir. Elle est comme bâillonnée par le vitrail turquoise qui la recouvre. Elle nous laisse deviner que le centre du monde n’est pas si loin.

L’instant d’après, je suis projetée dans le cataclysme de la création. J’entends le bruit de l’explosion. Je ressens le chaos avant de retomber dans le calme et le silence.

Hébétée, assommée, je m’étonne de la vitesse à laquelle le volcan a su panser ses plaies. Les cicatrices sont visibles. Sa mémoire est intacte. On le sent encore palpiter.

La végétation, elle, a repris ses droits et offert au convalescent une belle couronne de forêts.
Vert, orange, jaune, noir ; l’explosion n’en finira jamais.

Les hêtres ont enfilé leurs costumes d’automne. Les conifères sont là, impassibles. Le temps s’est échappé.

Quelques heures devant soi, un petit rayon de soleil ; tout s’explique maintenant.

De l’air qui fait du bien dedans et du Beau. Du très Beau !

Sur le chemin qui mène au parking vide, je pense déjà à notre prochaine rencontre. En blanc sans doute.

Je démarre en trombes ; j’ai plein de choses à faire…

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À propos de l'auteur

Marie Berlem

Marie Berlem

Spécialiste du tourisme local et de la valorisation du patrimoine mais aussi guide interprète- conférencière , elle compte de nombreuses expériences dans ces domaines, parfois à travers des outils innovants. Chaque mois, elle nous propose ses « Envies d’ici ».

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