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"On ne dit plus un vieux mais un senior..."
Chroniques

Les mots pour (ne pas) le dire

Nous vivons dans une société du politiquement correct où des mots ont disparu souvent par peur de la réalité et surtout pour ne plus choquer ou stigmatiser certaines personnes ou groupes. En voici un bref florilège...

Mourir: on ne dit plus mourir mais nous a quittés ou est parti ce qui laisse espérer qu’il va revenir.

Vieillir: un verbe remplacé avancer en âge. On de dit plus un vieux mais un senior ou troisième âge.

Cancer : un mot qui fait peur remplacé par longue maladie.

Aveugle: c’est un non voyant comme un sourd est un mal entendant.

Balayeur: c’est bien connu, c’est un technicien de surface comme une caissière est une hôtesse de caisse, un facteur est un préposé, un instituteur est devenu un maître des écoles

On ne dit plus un homme qu’il est gros mais en surpoids, s’il est handicapé en situation de handicap, s’il est nain on l’appelle personne de petite taille.

 Licenciement: un mot à proscrire remplacé par plan social accepté par les syndicats qui sont devenus des partenaires sociaux.

 Un pauvre est un défavorisé, un paysan est un exploitant agricole.

On ne dit plus camping mais hôtellerie de plein air.

On ne dit plus voyous ou délinquants mais jeunes ou sauvageons d’après notre ancien Premier ministre

On dit gens du voyage plutôt que Gitans trop péjoratif

On ne dit plus récession mais croissance négative

On ne dit plus clochard mais SDF, on ne dit plus un Noir mais un homme de couleur, plus question de dire qu’on est un cancre à l’école mais un élève en situation d’échec scolaire, on ne dit plus clandestin mais sans papier.

Enfin, on ne se remarie plus mais on recompose une famille…. .

La place manque pour analyser le jargon scolaire mais l’exemple le plus beau est celui d’aller à la piscine remplacé par « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé ».

À propos de l'auteur

Patrice Vergès

Patrice Vergès

Ancien rédacteur en chef d’Info Magazine, Patrice Vergès a aussi, tout au long de sa carrière journalistique, collaboré pour de très nombreux magazines automobiles. Auteur de 16 livres dont 10 thrillers, il est également chroniqueur radio. En tant que journaliste, aime à se définir comme « un spectateur professionnel ».

6 Commentaires

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  • Bonjour !

    Tout ceci est à ajouter à l’envahissement de l’anglais (musique et slogan) dans les publicités, la communication institutionnelle d’entreprise, etc. : la coupe est (trop) pleine !

    Bien à vous !

    Philippe Vogel
    auteur, éditeur et metteur en page

    • Bonjour,

      « Etre moderne », « vivre avec son temps », comme si le temps nous appartenait… cela suggère d’en adopter les attitudes de ceux que le passé effraie, le réduisant trop simplement à des chaînes morales et psychologiques ; donc des contraintes qui empêchent de s’épanouir au milieu des autres, comme les autres, les « positifs »…
      Il faut donc adopter aussi leur language et même leur façade psychologique pour bien montrer qu’on est digne de faire partie de leur clan, le seul acceptable dans cette société mondialiste et irresponsable.

      Tout mot faisant partie de cette langue riche et colorée, en partie fondatrice de notre civilisation, est synonime de refus de l’avenir, de vie coincée dans son passé, donc attitude négative pour ceux qui se prennent pour les acteurs de l’avenir.

      Comme si l’avenir n’était pas justement basé sur le passé…refuser le passé, ne pas l’accepter pour mieux s’en servir pour construire l’avenir, c’est comme tenter de récolter des fruits sur un arbre sans racines, me semble t’il…

      Cordialement.

  • et oui c’est tellement mieux tous ces mots qui remplacent les vrais mots et puis la langue française est de plus en plus malmenée par des gens qui ont fait de grandes écoles tout changer pour que l »intelligence diminue
    Il vaut mieux des gens qui ne pensent pas

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