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Photo Yves Meunier.
Chroniques

Le retour des coquelicots

Il y a quelques décennies, l’apparition brutale des désherbants chimiques dans les champs de céréales entraina une brusque disparition des coquelicots. Ils sont aujourd’hui revenus, sans doute par le biais d’une mutation qui interroge les naturalistes. Tels les coquelicots, les supporters s’apprêtent à reprendre vie avec la folle envie de faire à nouveau flamboyer les couleurs de leurs clubs.

L’accession du Clermont Foot en Ligue 1 vient de placer la Métropole dans le Top 6 hexagonal des villes qui jouent au plus haut niveau avec l’incontournable ASM, les filles de Romagnat et les volleyeuses de Chamalières.

Vichy retourne aux sources 

Sans oublier, à l’étage inférieur, les basketteurs de la JAVCM qui ont décidé de regagner leurs pénates vichyssoises. La fusion de 2015 entre la JAV et le Stade Clermontois avait laissé entrevoir un avenir radieux en Pro B mais la garde partagée de la balle orange entre la salle Pierre Coulon et la Maison des sports se révéla peu fructueuse avant même d’être plombée par les huis-clos.

Avec une masse salariale qui ne dépasse guère le plus gros salaire annuel d’un rugbyman de l’ASM, la JAV version bleu et blanc (ses couleurs historiques), espère retrouver sur les bords de l’Allier les 2200 à 2300 supporters qui feraient son bonheur pour l’ambiance…et les finances.

 « C’est vrai que la montée du Clermont Foot a conforté le choix de se recentrer sur Vichy même si Clermont Métropole continue de nous soutenir. En imaginant un ASM-Toulouse ou un Clermont-PSG le même week-end, on aurait eu du mal à se faire une place »

La réflexion de David Melody, directeur général de la JAV, ne manque pas de bon sens.

Le Montpied en chantier- photo Y.M.

Mode et travaux

La mode Football ne risque-t-elle pas de dégarnir les gradins des autres clubs métropolitains ? Si l’on en juge par l’engouement affiché dès l’ouverture de la campagne d’abonnement des ‘’Rouge et bleu’’ (plus de 8000 abonnés à la mi-juillet), la question mérite d’être posée.

L’attractivité des tarifs abonnés (de 50€ pour les jeunes derrière les buts à 470€ pour les meilleures places en tribunes) avec 19 matchs au programme a de quoi séduire.

La capacité d’accueil du stade Montpied plafonnera à 13 000 places pour l’aventure en Ligue1 mais les grosses affiches de la saison devraient être délocalisées au stade Michelin où, même privé des 3000 et quelques pesages (proscrits par la LFP) le Clermont Foot pourra y valoriser fortement les 2500 places d’hospitalité : loges, salons et grands espaces de la tribune Edouard.

Les travaux de mise aux normes du Montpied et les escapades au Michelin vont donc permettre de passer le cap de cette historique première saison parmi l’élite du ballon rond mais qu’en sera-t-il par la suite si le club pérennise sa place en Ligue1 ?

Les (vrais) travaux d’agrandissement du stade doivent débuter à l’automne 2022 avec une livraison en 2024 pour porter la capacité à 16300 sièges.

La tribune mise en place cet été va donc devoir faire place dans un an à un chantier camouflé par des bâches ou autre décor. On aurait pu se passer de ça si la mise en œuvre du projet de grand stade n’avait été sans cesse repoussée au fil des trois dernières décennies.

“Vous nous manquez !”

Côté jaune et bleu- photo Y.M.

Côté ‘’Jaune et Bleu’’, l’unique certitude concerne la pelouse qui, là aussi, sera toute neuve pour la rentrée de septembre, tout comme le staff chapeauté par Jono Gibbs. Quant aux spectateurs, qui ont pris leurs habitudes devant la télé, sauront-ils s’arracher du canapé ?

Les frustrations de la saison dernière accompagnant la désertion du directeur sportif Franck Azema, ont laissé un goût amer chez pas mal d’habitués du Michelin.

Dans le contexte d’une pandémie où l’épée de Damoclès continue de planer au-dessus de la tête des clubs, l’ASM, tout comme le Clermont Foot, a pris les devants vis-à-vis des abonnés en s’engageant à rembourser tous les matchs qui seraient affectés par de nouvelles contraintes. La campagne de réabonnement lancée au début de ce mois de juillet devrait apporter une première réponse avant la reprise du Top14 début septembre. La vérité sortira des guichets sachant que les derniers chiffres d’affluence significatifs remontent à la saison inachevée 2019-2020 qui plaçait le stade Michelin sur la troisième marche du podium derrière Bordeaux et Toulouse avec une moyenne de 16981 spectateurs.

Un chiffre auquel les filles de Chamalières et Romagnat n’osent même pas rêver.

Cause commune chez les filles

Les volleyeuses de l’ouest clermontois, qui sortent de leur meilleure saison en Ligue A avec 12 victoires, pouvaient compter sur les encouragements de 500 et quelques supporters avant l’invasion du coronavirus. Il va falloir faire mieux compte-tenu des objectifs à trois ans nouvellement imposés par la Ligue : une salle de 1500 places, la création d’un centre de formation et un budget devant dépasser le million d’euros.

La masse salariale pro du VBCC étant actuellement de 350 000€, il y a du chemin à parcourir.

La voie d’avenir pourrait passer en partie par la structure Sport Féminin & Co qui travaille à mettre en place un ‘’pass féminin’’ commun donnant accès notamment aux rencontres des volleyeuses de Chamalières, des handballeuses du HBCAM (D2) et des filles de l’ASM Romagnat.

Le Bouclier remporté de haute lutte le 20 juin par les Romagnatoises, 26 ans après leur dernier titre, est venu opportunément remettre en lumière le rugby féminin. Le chèque de 60 000€ offert par l’ASM Omnisport ne manquera pas de mettre du beurre dans les épinards en confortant un budget inférieur à 300 000€.

Nos championnes de France sont, elles aussi, en droit d’espérer booster la moyenne des 500 spectateurs qui viennent les encourager dans les travées du stade Michel Brun. Elles pourraient même s’offrir une échappée au stade Michelin pour y agrémenter une journée de Top14 si toutefois cela ne dérange pas trop Canal+…

Bref, chacun attend le retour en masse du public…en espérant que les abstentionnistes de la vaccination ne nous condamnent pas à un nouveau confinement qui ferait replonger les stades et tout le pays dans une immense tristesse jusqu’au prochain retour des coquelicots.

Les championnes- photo ASM Romagnat.

 

 

 

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

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