Auréolé de ses très bons résultats chez les jeunes et de son équipe réserve, toujours en course dans leurs phases finales respectives, le club du CUC Aubière emboîte le pas sur le rugby féminin avec un projet porté en premier lieu sur la création d’une équipe senior.
Lilian Carrias, président du CUC Aubière : « Nous répondons à une forte demande »
7 Jours à Clermont : Lilian Carrias, vous voilà lancé dans ce projet de rugby féminin. C’est quelque chose qui a mûri progressivement ?
Lilian Carrias : Non, pas du tout. Ce n’était pas dans les projets immédiats. On avait plutôt un projet de développement du rugby féminin sur l’école de rugby, en lien avec les clubs aux alentours, pour que les filles puissent poursuivre cette discipline en moins de 18 ans. Mais là, c’est plutôt une opportunité, car nous avons une demande de filles du secteur qui cherchent un club de proximité. Il y a pas mal de filles qui ont une expérience du rugby, même s’il y a quelques novices. Il y en a qui sont passées par Romagnat, par le pôle d’Issoire, qui ont arrêté le rugby pour reprendre leurs études et qui ont envie de s’y remettre. Il y aura aussi des filles universitaires, via Patrick Ladouce, le responsable, et qui cherchent un club.
7JàC : Vous partez sur du rugby à X ou à XV ?
L. C : Nous n’avons pas encore pris de décision. Aujourd’hui, nous avons recensé 25 filles, et pour jouer à XV, il en faudrait 30. Plus tôt on attaquera le XV, et mieux cela sera. Les filles sont plus intéressées par le XV d’ailleurs. Nous pourrions nous inscrire en Fédérale 2, comme Pont-du-Château, La Plaine, par exemple. C’est une poule régionale, et c’est un bon niveau de jeu.
« Des coachs qui ont du vécu dans le rugby féminin »
7 Jours à Clermont : Vous avez déjà réfléchi à la composition de votre staff ?
Lilian Carrias : Oui, bien sûr. Nous attendons des réponses, mais je ne peux pas encore donner de noms, même si j’aimerais bien, car cela donnerait envie aux filles de nous rejoindre. Nous sommes sur des noms bien connus dans le milieu du rugby féminin. Nous avons rencontré 3 filles qui nous ont présenté leur projet et qui sont extrêmement motivées. Il y a une grosse volonté derrière ; c’est pour cela que nous nous orientons vers des coachs qui ont du vécu dans le rugby féminin.
7JàC : Qui dit nouvelle équipe, dit recherche de nouveaux partenaires ?
L. C : Oui, nous y sommes obligés. Un budget d’équipe comme celle-là, c’est autour des 30 000 €, que nous n’avons pas dans les caisses tout de suite. Il va falloir aller les chercher. Nous savons aussi que se déplacer aujourd’hui coûte cher ; il faut prendre en compte cette problématique pour l’avenir, et ce à tous les niveaux, ligues et fédération comprises.
7JàC : Vous pensez vous lancer aussi dans la création d’une équipe cadettes, à l’avenir ? Il va bien falloir alimenter votre équipe senior ?
L. C : Pas forcément pour le moment, car nous répondons à une opportunité. Il n’est pas question d’aller chercher des filles des clubs voisins non plus. Nous avons justement discuté avec eux pour les prévenir de notre projet. Par exemple, l’ASM Rugby Féminin a besoin de structures pour des cadettes qui n’auraient pas le niveau de jouer en espoir afin qu’elles puissent trouver un club pour continuer de jouer au rugby une fois senior. Nous pouvons aussi, à terme, faire des partenariats avec des doubles licences. Donc, par la suite, oui, pourquoi pas développer une équipe cadettes, travailler sur l’école de rugby, tout en sachant qu’au niveau terrain, c’est déjà compliqué de caser toutes nos équipes. Tout le monde veut bien développer, mais il faut structurer tout cela.
« Fier de ce projet et des résultats de nos équipes jeunes »
7 Jours à Clermont : C’est une fierté pour vous, Président, de lancer cette section féminine ?
Lilian Carrias : Oui, bien sûr, même si je ne suis qu’un jeune président (depuis 6 mois). Je bénéficie de tout le travail qui s’est fait au club avant moi, et notamment de mes 2 prédécesseurs, Éric Debiton et Éric Bourgoignon. J’ai fait le travail en tant que directeur sportif pendant 3 ans sur la formation, sur le développement du club. Éric Debiton a fait un très gros travail pour faire venir des partenaires. Effectivement, nous nous développons et je suis fier de ce nouveau projet, mais aussi des superbes résultats de nos équipes jeunes.
7JàC : Pour conclure : ce rugby féminin excelle dans le jeu de mouvement et de déplacement, ce qui fait aussi l’ADN de votre club ?
L. C : C’est l’identité que j’ai donnée au club en tant que directeur sportif, c’est aussi l’identité que je veux donner en tant que Président. Le recrutement de notre staff actuel, Fred Sciauvaud et Baptiste Baylot, va dans ce sens-là. Pour preuve, nos U16 qui jouent en National, où les règles sont identiques à celles du Top 14, pratiquent cette manière de jouer au rugby depuis l’âge de 10 ans, agrémentée d’un très bon jeu au pied. Nous n’avons pas de joueurs très denses, donc il faut trouver d’autres stratégies pour mettre notre jeu en place. Nous produisons un jeu qui se veut d’éviter les collisions. Je suis un fervent défenseur d’un rugby total, à l’image de Pierre Villepreux et René Deleplace avant lui. C’est ma culture personnelle qui fait que j’apprécie ce genre de rugby, global et total. Défense, attaque, avec du mouvement. Et c’est bien sûr dans cet axe-là que nous allons travailler avec l’équipe féminine, dès la reprise au mois d’août.
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