Les Lionnes de Bordeaux, sans être géniales, sont venues à bout, dimanche 28 juin sur la pelouse du Stade Aguilera, d’une courageuse équipe de l’ASM Rugby Féminin, sur le score de 22 à 10. Un quatrième sacre d’affilée pour des Bordelaises jamais rassasiées.
Hommage à l’équipe de Bordeaux
Tout comme leurs voisins toulousains, les Lionnes de Bordeaux enchaînent donc un quatrième titre de championnes de France. C’est dire si ce club pose son empreinte dans ce championnat, où il avait terminé 3e à la fin de la saison régulière. « Nous serons prêtes pour les phases finales. Le troisième match contre Clermont sera pour nous », avait prédit Carla Arbez, internationale bordelaise, en février dernier. « Cette équipe nous a fait mal dans les collisions, elle a passé la plupart du temps dans notre camp, tenant beaucoup le ballon », témoigne Jessy Trémoulière. Car cette formation se plaît à jouer dans l’avancée, et sans la défense magnifique des Clermontoises, le score aurait pu être plus lourd. Mais elle a su marquer à des moments opportuns, en fin de première mi-temps et à 5 minutes du terme de cette rencontre, tuant tout suspense dans ce match qu’elles ont dominé. « Un dernier match et un dernier titre pour Agathe Sochat, qui tire sa révérence aujourd’hui, avec plus de 60 sélections en équipe de France, et qui s’en va sur un nouveau titre », souligne Jessy Trémoulière.
Dans les moments difficiles pendant le réveil clermontois, les Girondines ont fait le dos rond à 14 contre 15, avant de se mettre définitivement à l’abri. Et pourtant, à l’image de Madoussou Fall, les Bordelaises ont fait tomber pas mal de ballons, gâchant ainsi quelques situations de marque. Mais à la manière de M. Mailagi ou de la toute jeune O. Tome-Belmonte, les Lionnes sont difficiles à stopper, tant cette équipe est dense. Et elle sera encore plus difficile à manœuvrer l’année prochaine avec les retours programmés d’Yllana Brosseau et d’Assia Khalfaoui.

La grosse défense de Clermont
Meilleure défense de ce championnat Axa Élite 1, les joueuses de Vincent Fargeas et de Fabrice Ribeyrolles ont longtemps tenu tête à des Bordelaises dominatrices, mais contrariées dans le jeu au sol et par une défense agressive des « jaune et bleu ». Les Clermontoises, grâce à un essai d’Élodie Fernandez, ont même cru pouvoir faire basculer ce match lorsqu’elles sont revenues à 5 points de leur adversaire. « Nous avons eu 15 bonnes minutes où nous avons su mettre enfin la main sur le ballon et les bonifier. Malheureusement, nous gâchons 2 pénal-touches consécutives dans leurs 22 mètres », analysent les journalistes. Et dans ce rugby de haut niveau, si l’on n’arrive pas à être clinique, on se fait souvent punir par la suite. En effet, à 5 minutes de la fin, Bordeaux, sur un nouveau ballon porté, scelle le destin de ce match. Une rencontre où Clermont a donc pas mal subi, encaissant 2 cartons jaunes (Salomé Perraudin et Anaïs Grando), et manquant quelques premiers plaquages importants. « Nous laissons pas mal d’énergie à défendre et sur 80 minutes, cela risque d’être long », relate Jessy Trémoulière.
Et de la casse, il y en a eu en cours de match avec les sorties prématurées d’Izzy Page et de Mathilde Lazarko, la capitaine. Et puis, on a vu aussi les crampes gagner les jambes d’Élise Pignot et de Léa Gabriagues. Sans oublier le choc à la tête violent subi par Salomé Perraudin, et qui aurait mérité peut-être plus qu’un carton jaune. Preuve que ces Clermontoises ne se sont pas ménagées, même si elles ont manqué de précision et de maîtrise pour revenir. Mais voilà, c’est ainsi le rugby, avec ses moments de joie et d’autres plus tristes. En tous les cas, ces filles de Clermont forcent le respect par ce qu’elles ont accompli, appris et partagé également. Une autre page va s’écrire pour ce club qui a toujours su rebondir depuis plus de 50 ans maintenant. Avec, bien évidemment, une pensée forte pour les filles historiques qui prennent d’autres chemins ou qui stoppent leur carrière, comme Solène Gaucher et Margaux Franc. Finir sur un titre aurait été merveilleux, mais Bordeaux en a décidé autrement. Enfin un immense merci à Vincent Fargeas qui a marqué le club de son empreinte et qui s’est toujours montré disponible lors de nos sollicitations. Bon vent à toi Vincent et à très vite sur les bords des terrains de rugby.
















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