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Fabrice Ribeyrolles et Manon Guerrhit Photo Asm Rugby Féminin
Fabrice Ribeyrolles et Manon Guerrhit Photo Asm Rugby Féminin
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ASM Rugby Féminin : en route pour le bouclier

Dimanche 28 juin à 18 h, les filles de ASM Rugby Féminin cornaquées par Vincent Fargeas et de Fabrice Ribeyrolles affrontent le triple champion en titre, Bordeaux, qui tient à ajouter un quatrième bouclier dans son armoire à trophées. Côté clermontois, le club n’a pas terminé en tête de ce championnat sans certaines certitudes dans son jeu. En compagnie de Julien Oury, journaliste à Ici Pays d’Auvergne, nous abordons les principaux points forts de cette rencontre.

Avec cette victoire de l’ASM Rugby Féminin 37/23 face à une solide équipe de Blagnac, jouée dans des conditions de chaleur extrême, les joueuses du Puy-de-Dôme ont dû fournir de gros efforts pour venir à bout des « Caouecs ».

Récupérer de la demi-finale

« Nous avions une équipe de Blagnac qui avait récupéré des joueuses qui lui manquaient depuis le début du championnat, et qui a rivalisé dans le secteur de la mêlée. Malgré tout, j’ai senti beaucoup de maîtrise côté clermontois, quand il a fallu être décisif lorsque Blagnac revenait au score », relate Julien Oury. Les Jaune et Bleu n’ont donc pas tremblé et se sont imposées logiquement, en se montrant très cliniques dans la zone de marque. « Cette équipe est tueuse aujourd’hui », avance François Ratier, sélectionneur de l’équipe de France à la fin de la rencontre.

Les forces en présence

Plus pragmatique, cette équipe de l’ASM Rugby Féminin a dominé ce championnat AXA Élite 1, ne connaissant qu’une fois la défaite en février contre le Stade Toulousain au stade Michel-Brun (17/23). Une équipe qui a conquis pas mal d’observateurs par sa conquête, sa défense (la meilleure de ce championnat), son efficacité près des lignes et son remarquable état d’esprit. « L’apport des internationales a bonifié ce groupe, c’est certain. Le niveau de jeu est monté, tout comme le niveau d’exigence et de travail », précise Julien Oury. L’ASM a, semble-t-il, retenu les leçons du passé et de cette finale perdue contre ces mêmes Bordelaises à Bourgoin en 2024 (32/17), après avoir fait jeu égal jusqu’à l’heure de jeu. « Bordeaux est une équipe qui a eu du mal à redémarrer après son dernier titre, peut-être aussi un peu perturbée par le départ de François Ratier et ceux d’Yllana Brosseau et d’Assia Khalfaoui. Aujourd’hui, elles ont retrouvé de leur superbe. Elles sont sur une très bonne dynamique et ne lâchent rien non plus, comme le prouve leur victoire dans les dernières minutes à Toulouse », poursuit ce connaisseur de rugby. « Cela reste évidemment un gros morceau. Et puis, j’ajouterai que Biarritz est assez proche de Bordeaux, et que les supporters risquent d’être nombreux côté bordelais », ajoute-t-il. Mais côté clermontois, les choses s’organisent pour amener du répondant dans les tribunes, même si l’horaire du dimanche à 18 h n’est pas très arrangeant.

 

Alexandra Chambon et Julien Oury
Alexandra Chambon et Julien Oury Photos P.Thivat et V. Roche

Une finale, ça se gagne !

« Aller en finale, c’est bien, les gagner, c’est mieux », nous rappelait un supporter toulousain en 2015, après que l’ASM de Franck Azéma se soit qualifiée en finale, en dominant Toulouse, à Bordeaux, sur le score de 18 à 14. Car les souvenirs restent gravés à jamais lorsque l’on soulève ce fameux bouclier tant convoité. « Une finale, on le dit souvent, cela ne se joue pas, ça se gagne. Si on veut revenir avec des étoiles plein la tête, il faut gagner ce match, sinon cela laisse un goût amer pour toute la vie. J’ai gagné des finales, j’en ai perdu aussi et c’est difficile de s’en remettre. Nous avons un groupe énorme, il faut y aller avec le rugby que nous connaissons, avec les convictions que nous avons, et cela va le faire », exprime Manon Sanahuja*, historique du club, et qui va connaître sa troisième finale d’Élite 1. Mais du côté bordelais, on ne se laissera pas faire, et les filles voudront viser ce quadruplé qui leur tient à cœur. « En début de saison, et dans nos matchs face à Clermont, nous n’étions pas prêtes, mais nous le serons lors des matchs de phases finales », annonçait Carla Arbez, lors de la défaite de ses couleurs au Michelin, contre l’ASM Rugby Féminin sur le score de 27 à 20, en février dernier. L’ouvreuse internationale qui avait déploré le manque d’agressivité de ses coéquipières ce jour-là sait que tout le monde sera au rendez-vous pour cette finale. « Les Bordelaises voudront vite rentrer dans le match et imposer leur rugby en étant très impactantes dans les collisions. C’est ce que nous avons appris de nos diverses confrontations contre cette équipe. Je trouve que l’ASM a trouvé un bon équilibre entre ses avants et sa ligne de trois-quarts. Elle devra se montrer vigilante face à des joueuses comme Madoussou Fall, dont on connaît la puissance et la capacité à casser les plaquages. Pour une finale, tout compte et on sait qu’avoir un jour de plus de récupération peut avoir son importance également », analyse Julien Oury. « Sans oublier que ce match se déroule sur une pelouse synthétique. Nous verrons qui s’en saisit le mieux », poursuit-il. La puissance bordelaise ou la vitesse des Clermontoises ?

Alexandra Chambon : caractère et expérience

En sortant du stade Marcel-Michelin dimanche soir, je me suis entretenu avec une famille qui venait spécialement de Savoie pour encourager l’ASM, et plus particulièrement Alexandra Chambon. « C’est une joueuse de grande qualité, avec un caractère affirmé et une solide expérience. Elle sait où elle veut aller et comment y aller », déclarent ces fans de l’ancienne Grenobloise. Car dans le jeu, l’internationale amène beaucoup de sérénité, de vitesse également. Avec une lecture du jeu parfaite, la demi de mêlée est un atout certain dans cette équipe de l’ASM Rugby Féminin, comme le prouve son match abouti face à Blagnac, avec un bel essai à la clé. « Alexandra Chambon a vraiment été remarquable dans la gestion de son équipe, apportant dynamisme et calme à la fois. Elle a une très bonne maîtrise dans l’alternance entre moments forts et temps faibles. Elle est remarquable dans la gestion du jeu et son association avec Élodie Fernandez nous a régalés », analyse Julien Oury. Vincent Fargeas et Fabrice Ribeyrolles ne se sont pas trompés en allant chercher cette joueuse internationale au pied des Alpes. « Nous allons jouer contre une équipe qui est habituée à jouer ce genre de rencontre. Elles seront prêtes, il n’y a pas de doute là-dessus, mais c’est un beau challenge pour nous d’aller chercher ce bouclier à Biarritz », informe Alexandra Chambon. « Les différentes expériences internationales l’aident à grandir. On voit bien que le travail de François Ratier et de son staff lui apporte énormément. À chaque sortie qu’elle fait, soit en club, soit en équipe de France, il y a un petit truc qui apparaît pour prendre en main le jeu de son équipe. Je pense qu’elle a l’intelligence de se nourrir de tout cela », explique Julien Oury. C’est vrai que lorsque nous observons les attitudes de cette joueuse, nous sentons la fibre d’une athlète de très haut niveau, complètement investie dans son projet sportif. Et une vraie locomotive pour ses coéquipières et pour le club. Une vraie professionnelle.

Effectif : Côté clermontois, on déplore les absences d’Assia Khalfaoui (mollet), Chloé Vauclin (genou), Alice Gandhomme (suspension) et Lina Tuy (genou). Du côté de Bordeaux, à part l’absence de Joanna Grisez, tout le monde devrait être apte à jouer cette finale et notamment Emma Coudert, championne de France 2021 avec l’ASM Romagnat.

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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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