Accueil » Vie publique » Questions à Jean-Pierre Brenas nouveau président de l’Aéroport de Clermont
Aeroport Clermont Ferrand Auvergne Photo Vinci Airports
Photo Vinci Airports
Politique Vie publique

Questions à Jean-Pierre Brenas nouveau président de l’Aéroport de Clermont

Récemment nommé à la présidence du Syndicat Mixte de l’Aéroport Clermont-Ferrand Auvergne (SMACFA), le conseiller régional Jean-Pierre Brenas entend insuffler un nouveau souffle à la plate-forme d'Aulnat. Entre le retour d'une liaison vers Porto assurée par Volotea, les négociations avec les collectivités et la défense de la desserte parisienne, le successeur de Brice Hortefeux détaille sa feuille de route pour réengager l'aéroport auvergnat dans une dynamique d'attractivité.

Le conseiller régional Jean-Pierre Brenas a récemment succédé à Brice Hortefeux à la présidence du Syndicat Mixte de l’Aéroport Clermont-Ferrand Auvergne.
Le SMACFA qui est le propriétaire de l’aéroport de Clermont-Aulnat regroupe, en son sein, 3 collectivités : la Région Auvergne-Rhône-Alpes majoritaire à hauteur de 40 %, Clermont Auvergne Métropole à 32 % et le Département du Puy-de-Dôme à 28 %. La gestion est confiée actuellement à Vinci Airports, premier opérateur aéroportuaire privé au monde.
Pour le nouveau président, l’objectif est de redynamiser cet équipement en perte de vitesse depuis plus de 20 ans. Il y a bien peu de chances que la piste d’Aulnat retrouve un jour plus d’un million de passagers, comme ce fut le cas en 2000 (lire notre article Histoire et déboires de l’aéroport d’Aulnat), mais pour autant le nouveau président ne baisse pas les bras pour cet outil qui reste un élément d’attractivité du territoire.

Volotea souhaite s’installer durablement

7 Jours à Clermont : Jean-Pierre Brenas, une annonce importante a été faite récemment concernant l’aéroport de Clermont que vous présidez aujourd’hui. Le retour d’une compagnie aérienne, qui va assurer de nouveau une liaison entre Clermont et Porto. C’est plutôt une bonne nouvelle pour Clermont ?
Jean-Pierre Brenas : Oui, c’est une très bonne nouvelle. On a subi le départ de Ryanair qui a quitté l’ensemble du pays d’ailleurs. La raison du départ de Ryanair, c’est les taxes sur les billets d’avion qui, en France, sont trop élevées. Et donc Ryanair a décidé de quitter le pays, donc Clermont-Ferrand, pour s’installer dans des pays où les taxes sont moins élevées et la rentabilité meilleure pour eux.
On a vraiment pas apprécié sur la forme, parce qu’ils sont partis brutalement. Sur le fond, il y a des raisons bien évidemment. Cela a été très très pénalisant puisque il y avait trois liaisons : Fès, Porto et Londres Stansted. Nous avons donc perdu ces trois liaisons , et nous sommes mis aussitôt au travail pour remplacer Ryanair. Brice Hortefeux a initié ce travail et nous sommes tombés d’accord avec Volotea, une une excellente compagnie aérienne espagnole qui a la volonté de s’inscrire dans le temps à Clermont-Ferrand. C’est elle qui va organiser deux rotations par semaine Clermont-Porto à partir du 6 novembre. Départ en début d’après-midi le vendredi et retour fin de matinée au départ de Porto le lundi. Ça permet d’aller passer un week-end. C’était une attente très forte de la communauté portugaise qui, comme vous le savez, est très très importante, une des plus importantes de France ici à Clermont. C’est pas une fin en soi, par contre, c’est une nouvelle dynamique qui s’inscrit pour l’aéroport.

7JàC : Est-ce facile de négocier quand on est fortement demandeur ? Volotea peut très bien mener le jeu…
J-P. B : Vous savez, nous sommes dans la catégorie des aéroports de moins d’un million de voyageurs qui n’intéressent pas spontanément les compagnies aériennes. Mais il y a quand même un marché pour elles. Et ce marché, bien entendu, trouve des solutions, avec l’engagement des collectivités. La Région Auvergne-Rhône-Alpes, avec les deux autres collectivités membres du syndicat mixte de l’aéroport que sont le Département et la Métropole, se sont engagées pour négocier avec Volotea sa présence ici à Clermont. Alors, cette présence, c’est un vol actuellement. Mais comme je vous le disais, pour nous c’est une nouvelle dynamique et euh on espère à l’avenir travailler sur d’autres destinations à partir de cette première destination-là.

7JàC : Ce qui veut dire, s’il y a négociation, que les collectivités locales financent en partie la ligne ? Est-ce qu’il y a une aide au démarrage pour Volotea, ce qui avait été le cas d’ailleurs pour Ryanair ?
J-P. B : Il y a toujours une aide avec ces compagnies. Comme je vous disais, ça ne les intéresse pas spontanément dans la mesure où ces ces lignes ne sont pas rentables pour elles, ou que la rentabilité n’est pas suffisante. Enfin, ça dépend de quel côté on se place. Toujours est-il, c’est que les collectivités doivent effectivement s’engager pour peser de tout leur poids pour attirer les compagnies.

Porto, première étape selon Jean-Pierre Brenas

7 Jours à Clermont : Deux autres liaisons ont disparu, Fès et Londres. Est-ce qu’il y a déjà du travail entamé pour retrouver ce type de liaisons et peut-être d’autres destinations ?
Jean-Pierre Brenas : Oui, Porto, c’est une première étape et on étudie la possibilité de mettre en place d’autres liaisons l’international, et notamment l’Afrique du Nord, mais aussi et surtout, on étudie alors, en parallèle,comment verrouiller la liaison avec Paris. Avoir une pérennité sur Orly ou sur Roissy sur ce qu’on appelle une ligne d’aménagement du territoire avec obligation de service public. Nous sommes a priori sur Orly, réaliser une ligne comme celle-ci sur Orly avec un avion basé à Clermont. Mais avant d’aller plus loin, nous consacrons cet été à travailler d’arrache-pied en concertation avec les milieux économiques. On a besoin d’études pour connaître précisément les attentes des voyageurs clermontois, auvergnats, et notamment des milieux économiques. On va travailler de concert avec eux. Et puis, 3e action, on va euh rencontrer les plus hauts responsables d’Air France, avec un collectif local, une action de lobbying avec à la fois les politiques, les parlementaires, les grands comptes économiques, les collectivités locales, l’aéroport VINCI, pour connaître exactement les intentions d’Air France et avancer en bonne intelligence avec eux.

7JàC : Tout ce travail ne sera pas mis à mal le jour où la SNCF mettra enfin en route une liaison digne de ce nom ?
J-P. B : Non ce travail ne sera pas mis à mal parce qu’il y a une complémentarité entre l’aérien et le le ferroviaire. Et même si nous avons un train performant, et heureusement parce qu’on l’a tant attendu, euh on a besoin de l’avion. L’avion, c’est des liens directs sur la capitale, mais c’est aussi l’ouverture de Clermont à l’international. Et donc, les deux sont nécessaires.

Partager :

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé