Si le calendrier est respecté, en 2025, les habitants de la Métropole bénéficieront d’un nouveau plan de déplacement urbain. Un réseau de transport en commun repensé, une large place faite aux déplacements doux, moins de voitures et plus d’arbres sont au programme de ce plan qui modifiera le paysage urbain en profondeur. Voilà ce que nous écrivions le 22 décembre 2020, il y a 5 ans, presque jour pour jour, dans un article intitulé InspiRe, l’ambitieux programme des nouvelles mobilités de la métropole.
En ce 20 décembre 2025, nous y sommes, le compte à rebours de la place de Jaude indique 00. Le délais a été respecté et le nouveau réseau de transport en commun T2C est enfin ouvert. Au final, le seul couac de cette mise en route, est le retard de livraison de la société Hess qui malgré des propos rassurants tenus il y a encore trois mois, n’a pas été en mesure de fournir à temps, le nombre de Trambus commandés. Baste, les lignes B et C fonctionneront quelques jours ou quelques semaines en utilisant des bus classiques adaptés pour rouler selon un cadencement et non une grille horaire.
InspiRe ou 5 ans de perturbations
Pour qu’InspiRe devienne réalité, il a fallu 5 ans et presqu’autant de travaux de voirie, une éternité pour certains clermontois, en particulier les habitants des quartiers Oradou et Ballainvilliers-Carnot qui ont eu l’impression de se retrouver bloqués dans une histoire sans fin.
Mais InspiRe n’est pas seulement une question de réseau de transport en commun et de voirie. C’est un projet qui a permis de remettre Clermont à niveau, d’inscrire la capitale auvergnate dans la modernité imposée par sa nouvelle dimension métropolitaine et les nouveau usages imposés par le nécessaire respect de l’environnement.
Olivier Bianchi, maire et président de la métropole savait pertinemment qu’il allait se faire beaucoup d’ennemis en poussant ce projet, mais le rôle d’un élu n’est-il pas de prendre des risques, de fixer un cap plutôt que de jouer la carte de l’immobilisme en trouvant de bons prétextes, y compris celui de la finance et de l’endettement ? Désormais à Clermont, une partie des réseaux souterrains est neuve, les réseaux de chaleurs fonctionnent, les pistes et voies cyclables déjà aménagées permettent de circuler à deux roues dans de meilleures conditions, le centre-ville est plus calme, plus silencieux avec un trafic automobile moins dense grâce au nouveau plan de circulation. Évidemment tous les habitants de la métropole et ceux que l’on nomme les « pendulaires », qui ne peuvent, ou ne veulent pas, s’abstenir de prendre leur voiture, sont en colère, en colère de passer trop de temps coincés dans des embouteillages, de galérer pour déposer les enfants à l’école, de ramer pour renter du travail. Mais le nouveau réseau T2C va donner l’occasion de se déplacer différemment dans la métropole, de la voir autrement, à condition toutefois de tester, en laissant les préjugés de côté.
Se souvenir du passé
Nos confères de La Montagne on récemment publié un hors série Clermont des années 1980 dans lequel de nombreuses photos d’archive témoignent d’une époque révolue où tout était pensé pour la voiture. Les urbanistes étaient certes, dans la tendance et souhaitaient faciliter l’usage de l’automobile, fabuleux outil de liberté, mais ils avaient occulté que le développement des mobilités individuelles allait, tôt ou tard, empoisonner la ville au sens propre comme au figuré. On a désormais oublié les images mais durant la décennie 80, Clermont était très engorgé y compris sur des axes du centre ville rendus aujourd’hui aux piétons. Avenue des États-Unis, place de Jaude, rue Gonod… l’arrivée du tramway, a été une première révolution qui, en son temps, avait aussi fait grincer des dents. Mais aujourd’hui aurait-on envie de revoir des voitures place de Jaude ? Serait-il concevable de circuler rue de Gras pour garer sa voiture place de la Victoire, au pied de la cathédrale ?
InspiRe est une nouvelle étape de l’urbanisme de Clermont. Comme tout changement un peu radical, ce projet a bousculé les habitudes souvent individualistes des usagers. Aujourd’hui, les farouches opposant à ce projet, seraient bien InspiRés de laisser un peu de temps au temps, avant de poser des jugement à l’emporte-pièce.











Commenter